La Gazette de la grande ile

REGARD CROISES: Le Bilan chiffré des 3 premiers trimestres 2017 du «gouvernement de combat» (1). « Pour que le citoyen sache où va son argent. »

Publié le 22 janvier 2018

Quant le Chef de l’Etat fait référence au passif de 57 ans d’histoire de Madagascar pour camper le bilan plus que mitigé de sa mandature et particulièrement de l’année 2017, on ne peut qu’être perplexe et même dubitatif.

Si de surcroît, le Chef de l’Etat affirme que ce qui n’a pas été réalisé sera fait, il y a de quoi se poser des questions, de vraies questions.

Une première réponse nous sera donnée  dans le bilan chiffré de 2017. Ce bilan éclairera la population sur les actions du gouvernement, les réalisations concrètes pour inverser durablement la courbe négative et catastrophique du développement social, économique … du pays. Le bilan 2017 mieux  que les clichés des inaugurations et autres actions ponctuelles de bienfaisance, permettra d’analyser la réussite ou l’échec de la mandature.

 

Trois indicateurs permettent d’affirmer que les taux de croissance sur les trois dernières années de mandature sont nettement insuffisants pour amorcer un démarrage économique et social du pays ou pour envisager dans l’avenir immédiat des perspectives « d’élimination de l’extrême pauvreté et de la faim ».  Tout autre discours serait pure démagogie électorale. Ainsi, il est triste d’affirmer que les intentions du Président de la République de « Bâtir un nouveau Madagascar, un Madagascar fort et ainsi léguer  aux  générations  futures  un  pays  apaisé,  uni  et prospère,  qui  aura  réussi  à  devenir  un  leader  mondial  de  la valorisation  et  de  la  préservation  de  son  immense  capital naturel  en  se  basant  sur  une  croissance  forte  et  inclusive  au service  du  développement  équitable  et  durable  de  tous  les territoires» demeurent et vont demeurer un vœu pieux. La tendance de la courbe des revenus par tête de la population restera à la baisse.

en % 2015 2016 2017
Taux de croissance 3 4.2 4.1
Taux de croissance de la population 2.7 2.7 2.7
Taux d’inflation 7.4 6.7 8.5

Les hommes politiques qui briguent l’investiture suprême ont connaissance que les  défis  à relever  sont importants  et  complexes. Affirmer le contraire serait de l’inconscience, de l’incompétence ou/et de l’opportunisme. C’est en toute conscience de cette réalité que les candidats se soumettent au jeu démocratique de l’élection et le Président élu au suffrage universel se doit de réussir la politique générale déclinée pendant la période électorale. Il revient ensuite au peuple malgache d’évaluer l’échec, la réussite à demi-teinte ou la réussite de la mandature et de choisir éventuellement un nouveau Président de la République porteur de leurs espoirs. C’est l’enjeu de la tenue de l’élection présidentielle 2018.

C’est pourquoi, cette élection se doit d’être transparente, crédible, inclusive… ce qui permettra l’alternance au pouvoir si telle est la volonté des électeurs. Les trésors de guerre doivent être proscrits, comme l’impunité. Les Institutions compétentes doivent accomplir leurs missions sans entrave de tout genre. C’est la vraie et première condition de la stabilité politique, condition nécessaire et suffisante pour envisager le développement durable.

Les chiffres des trois premiers trimestres de l’année 2017 du Gouvernement sont donnés en fin de mandature, parce que la bonne gouvernance et la performance de l’Administration s’analysent à travers l’exécution budgétaire.

En milliards MGA Budget modifié Dépenses engagées Dépenses mandatées
00 Budget Général 7 370,14 5 830,90 5 339,43
01 Budget annexe 27,24 11,33 10,73
02 Compte particulier 1 242,22 1 085,24 1 084,66
06 Dette Publique 3 214,31 597, 74 389,23
TOTAUX 11 853,91 7 525,31 6 824,05

L’engagement de la dette publique en rapport au budget alloué représente un delta négatif de 2 616 milliards MGA.

Fin 2015n, la dette publique était évaluée à 11 843,4 milliards MGA. Cette année encore, l’Etat malgache  n’arrivera pas à remplir ses obligations par rapport aux charges de la dette, dette publique qui représente 27% des dépenses publiques. Force est de constater que cette charge est laissée à la génération future, bien triste héritage qui hypothèque d’ores et déjà leur devenir. Selon le Club Développement et Ethique « le problème est  la prévarication de la gestion des finances publiques et la mauvaise gouvernance ». Cependant, les guides d’exécution budgétaire sont édités pour servir d’outil de travail et pour une meilleure gouvernance financière.

Dans ce cas, comment vouloir imputer les résultats plus que mitigés  à 57 ans d’histoire ? Comment peut-on imputer « une mauvaise gouvernance » à l’instabilité politique ?

L’autre outil mis à la disposition des Institutions et des Ministères, gestionnaires de programmes de la politique générale, est le suivi de l’exécution budgétaire. Ce suivi est une vision rétrospective des résultats et des performances réalisées et il permet par ailleurs de juger les progrès réalisés, de comptabiliser les objectifs atteints ou non atteints afin de permettre  l’évaluation de l’utilisation des ressources allouées, à savoir les 7 370,14 milliards MGA dans le cadre du Budget général.

Les chiffres mis à jour en début de l’année 2018 nous renseignent sur l’activité gouvernementale et institutionnelle dans le cadre de la politique générale déclinée en 148 programmes au cours des 3 premiers trimestres de l’année. Sur 964 indicateurs de performance, 507 sont atteints, soit un pourcentage de 53% sachant que 79% des dépenses ont été déjà engagées (l’Etat est cependant d’ores et déjà débiteur de cette dépense), soit 5 831 milliards MGA sur 7 370, 14 du budget alloué.

Bien que le budget alloué ait été en totalité ou au-delà de 80% engagé, certains  Ministères et Institutions n’ont pas atteint les 50% des objectifs assignés ou flirtent allègrement avec la moyenne.

Chapitre Dépenses engagées Budget alloué Indicateurs non atteints Total Indicateurs En %
Senat

 

21,21

 

21,97

 

4

 

4 50
Assemblée Nationale

 

49,22

 

49,38

 

2 2 50
Secrétariat d’Etat auprès du ministère des Affaires étrangères chargé de la coopération et du développement :

Monsieur RAFATROLAZA Bary Emmanuel

 

1,28

 

1,69

 

4 4 100
Ministère de la Fonction publique et de la Réforme de l’administration du travail et des lois sociales :

Monsieur MAHARANTE Jean de Dieu

17,78

 

18,70

 

27 57 47
Ministère du Tourisme :

Monsieur RATSIRAKA larovana Roland

 

9,70

 

9,82

 

3 4 75
Ministère de la Communication et des Relations avec les Institutions :

Monsieur ANDRIANJATO Razafindambo Vonison

17,19

 

17,46

 

21 38 55
Ministère des Ressources Halieutiques et de la Pêche :

Monsieur GILBERT François

12,73

 

47,07

 

10 15 67
Ministère de l’Eau, de l’Energie et des Hydrocarbures :

Monsieur RAMANANTSOA Rodolphe

65,74

 

220,59

 

9 16 56
Ministère auprès de la Présidence chargé des Mines et du Pétrole :

Monsieur ZAFILAHY Ying Vah

8,23 12,7 5 10 50
Ministère des Travaux publics :

Monsieur RAZAFIMANDIMBY Eric

 

8,23

 

12,07

 

6 11 55
Ministère auprès de la Présidence chargé des projets présidentiels de l’Aménagement du Territoire et de l’Equipement : Monsieur RAFIDIMANANA Narson remplacé par Monsieur RAMANANTSOA Benjamina Ramarcel (décret N° 2017-724 en date du  25 Août 2017) 230,28

 

539,88

 

11 24 46
Ministère des Postes, des Télécommunications et du Développement numérique :

Monsieur RAKOTOMAMONJY André Neypatraiky

152,29

 

341,94

 

2 4 50
Ministère de la Santé publique :

Monsieur ANDRIAMANARIVO Mamy Lalatiana

323,84

 

372,94

 

3 6 50
Ministère de l’Education nationale : Monsieur RABARY Andrianiaina Paul nommé Ministre des Affaires Etrangères (par DECRET N° 2017-724 du 25 août 2017) 802,09

 

949,15

 

6 11 55

 

Chapitre Dépenses engagées Budget alloué Indicateurs non atteints Total Indicateurs En %
Présidence de la République 99,19

 

109,19

 

11

 

57

 

19

Ce chapitre a été alloué d’un budget de 109,19 MGA pour 57 indicateurs. Si 11 indicateurs non pas été atteints, il faut également préciser que 5 indicateurs n’ont pas, à la date de publication des chiffres, été programmés. Or, 99,19 MGA ont été d’ores et déjà engagés, soit 91% du budget alloué. Nous pouvons porter le pourcentage à 28% au lieu de 19%.

 

Chapitre Dépenses engagées Budget alloué Indicateurs non atteints Total Indicateurs En %
Total Budget Général 5 831 7 370 334 964

 

35

Sachant qu’à la date de la mise à disposition des citoyens des chiffres, 88 indicateurs sont non disponibles, soit 9% des 964 indicateurs. La question que l’électeur peut légitimement se poser est : avec les 1 539 milliards MGA de disponibles sur le budget alloué, « le gouvernement de combat » pourrait-il rectifier, d’ici la fin de la mandature,  le tir pour atteindre « l’excellence » promis?

Nancy Razanatseheno

 

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