La Gazette de la grande ile

Qu’en est-il des dettes ?

Publié le 23 janvier 2018

La restructuration de la compagnie Air Madagascar représente un défi majeur pour l’amélioration de la compétitivité économique du pays. Cette compagnie reste stratégique dans le désenclavement des zones économiques les plus reculées du pays, mais également pour la connexion du pays avec le reste du monde. En plus, la compagnie joue un rôle économique clé. Selon une étude réalisée par la Banque Mondiale en juillet 2017, son impact direct sur le secteur des voyages et du tourisme représentait en 2016, plus de 5% du PIB.

Et rapporte la Banque africaine de développement dans son Programme d’Appui à la Compétitivité Économique (PACE) , compte tenu des difficultés techniques et financière que rencontre la compagnie, le gouvernement malgache a mis en place un nouveau Conseil d’administration en août 2015. Sa mission principale était de préparer Air Madagascar à un partenariat stratégique avec une compagnie aérienne de renommée internationale. En mars 2017, suite à une procédure compétitive de demande de propositions, Air Austral a été retenue par le Conseil d’administration d’Air Madagascar comme partenaire technique et financier. Dans le processus de restructuration de la compagnie, l’objectif est la finalisation légale et financière du partenariat avec Air Austral  fin 2017. Air Austral prévoit un plan de développement à moyen et long terme de la compagnie. Sur le plan financier Air Austral a accepté d’acquérir 49% d’actions d’Air Madagascar pour une valeur d’environ 40 millions d’USD, à condition que l’Etat prenne en charge toutes les dettes accumulées par la compagnie à fin octobre 2017.

En outre, la même source indique qu’estimées à 88 millions USD, ces dettes sont principalement composées de dettes financières (emprunts auprès de banques locales et des sociétés d’Etat), de dettes fiscales et sociales dues à l’Etat et de dettes d’exploitation dues à des fournisseurs pour la location et la maintenance des avions, les assurances, l’achat du combustible, etc. Pour satisfaire aux conditions du partenariat stratégique avec Air Austral, l’Etat prévoit d’apurer graduellement toute la dette d’Air Madagascar, sur trois ans 2017-2019. Le Plan de développement de la compagnie proposée par Air Austral devrait permettre à la compagnie qui a enregistré près de 20 millions USD de perte en 2016, d’atteindre l’équilibre et de connaître une rentabilité croissante à partir de 2021. Le partenariat stratégique avec Air Austral aura plus d’avantages économiques que d’inconvénients à long terme. En effet, dans le cas où Madagascar aurait choisi de déclarer faillite d’Air Madagascar, sa fermeture aurait un impact négatif presque inévitable sur les niveaux de trafic aérien, au moins à court et moyen terme. L’extension de cet impact dépendrait largement de l’extension et du taux dans lesquels les autres transporteurs interviendraient pour fournir la capacité perdue.

Et la Banque africaine de noter qu’à Madagascar il n’y a actuellement aucun autre transporteur national qui pourrait  intervenir rapidement, car Air Madagascar détient le monopole sur les routes nationales,  Madagascar n’a pas encore de loi en application concernant la faillite et  récemment il y a eu d’importants mouvements sociaux liés au travail dans la compagnie aérienne et cette situation est susceptible d’être exacerbée en cas de faillite.

Bref, le PACE  contribuera, notamment, à  l’apurement du passif accumulé d’Air Madagascar (les dettes accumulées s’élèvent à 88 Millions USD en 2017) et à la mise en œuvre du Plan d’affaire à moyen terme d’Air Madagascar 2017-2020. Ainsi, les transferts que l’Etat accorde à Air Madagascar réduiront graduellement pour disparaitre à fin 2019.

 

 

 

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