La Gazette de la grande ile

2018: Retour à l’instabilité

Publié le 25 janvier 2018

Persuadés que tout va bien alors que tout va mal, Hery Rajaonarimampianina et Olivier Mahafaly Solonandrasana ont scandé à l’unisson que 2018 serait l’année de la stabilité. Au risque de les contredire, 2018 sera marquée par le retour à l’instabilité. Qu’on ne se trompe pas, l’instabilité ne sera  provoquée ni par les opposants, ni par les syndicalistes, ni par les grévistes ni encore moins par les journalistes. Elle sera engendrée par le régime lui-même.

Premièrement, le régime sera la cause de l’instabilité politique et institutionnelle. En rejetant l’action en déchéance contre le Chef de l’Etat, la Haute Cour Constitutionnelle avait préconisé un pacte de responsabilité dans sa décision. Le pacte de non agression, qui devait empêcher la dissolution de l’Assemblée Nationale et la mise en accusation du Chef de l’Etat, a fonctionné. Pourtant, cela n’a pas amené quelconque progrès tangible pour la population. La stabilité institutionnelle a favorisé le copinage et l’impunité sans apporter la bonne gouvernance. La stabilité de façade volera en éclats avec la pression des élections. 2018 a commencé sous de mauvais auspices avec l’affaire Houcine Arfa qui est la preuve flagrante que le régime est à l’origine du chaos. Le pouvoir exécutif et la fonction juridictionnelle sont gravement affectés par ce scandale d’Etat qui nuit à l’image de Madagascar. Considérablement affaibli, le régime va tout faire pour gagner les prochaines élections présidentielles et législatives. Tout en prônant l’ouverture, il va distiller les coups bas à ses concurrents, dont Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina.

Deuxièmement, le régime sera la cause de l’instabilité économique et sociale. En effet, il ne se rend pas compte à quel point les hausses de l’insécurité et du coût de la vie causent du tort à la population. Nos compatriotes rendent le régime responsable de cette situation invivable. Il est supposé fournir des solutions mais il en est incapable. Il est surtout occupé à s’enrichir sur les dos des contribuables malgaches et des nouveaux investisseurs étrangers. Ces derniers ont tous les droits qui sont refusés aux Malgaches. Par ces agissements, le régime décourage les entreprises commerciales et industrielles qui peinent à investir, faute de visibilité à moyen terme et long terme. Etranglés par les charges, les étrangers n’ont pas d’autres choix que de licencier, ce qui aggrave les fléaux sociaux. Fatigués de se battre, nombreux sont nos compatriotes qui se trouvent un refuge illusoire dans la drogue, la violence, la prostitution. Le régime qui a négligé les conséquences socioéconomiques de ses errances et mauvais choix politiques va devoir payer le prix fort au niveau électoral. Comme le régime est certain de perdre, il va recourir à des fraudes massives qui accentueront l’instabilité.

  1. GASPARD

 

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