La Gazette de la grande ile

Groupe de la Banque mondiale à Madagascar: Adoption d’une approche souple

Publié le 25 janvier 2018

Dans le cadre des objectifs généraux visant à accroître la résilience des plus vulnérables et à favoriser une croissance inclusive, le Groupe de la Banque mondiale  à Madagascar (GBM) s’attache à investir des ressources sur une longue période (c’est-à-dire au moins dix ans) afin de réaliser des objectifs ambitieux. En particulier, le GBM s’attache à collaborer avec les autorités pour faire avancer la transformation du secteur de l’énergie et passer de la situation d’une société publique aux services défaillants à un doublement du taux d’accès à l’électricité en recourant stratégiquement aux instruments de financement de l’IDA d’une manière qui réduit les risques associés au pays pour les investisseurs privés. Cela aiderait à libérer la croissance économique dans les zones urbaines et rurales et améliorerait la qualité de vie.

De même, le GBM travaillerait avec le Gouvernement et d’autres partenaires au développement pour inverser les tendances négatives en matière de santé, de nutrition et d’éducation chez les enfants et, à l’inverse, renforcer leur futur potentiel de production. D’ici 2021, ce programme d’«Investissement dans les premières années» qui combine des interventions en matière de santé, de nutrition, de protection sociale et d’éducation réduirait le retard de croissance chez les enfants de moins de cinq ans de 1 point de pourcentage par an dans les régions où les taux de malnutrition chronique sont les plus élevés et augmenterait le nombre d’enfants atteignant la dernière année de l’école primaire de 25% à travers le pays.

 

                                  Fortes tensions politique

 

Toutefois, note-t-on, les risques dans la réalisation de ces objectifs continuent d’être substantiels et exigeront du GBM d’adopter une approche souple.

Tout d’abord, la reprise naissante de la croissance économique n’a pas encore été ressentie par une large majorité de la population. La profondeur de la pauvreté est également telle que des phénomènes climatiques extrêmes pourraient inverser rapidement les petits gains obtenus depuis 2014 et alimenter les tensions sociales. Deuxièmement, les élections présidentielles devraient avoir lieu à la fin de 2018. Elles pourraient ralentir l’adoption des réformes et entraîner de plus fortes tensions politiques. Les crises récentes se sont produites autour d’élections et l’éventualité d’une autre crise ne peut être exclue. Enfin, il reste à voir si le Gouvernement pourra s’attaquer aux racines de la fragilité du pays et modifier le compromis entre les élites et le reste de la population, y compris en créant des conditions plus équitables pour le secteur privé.

Ces risques exigeront du GBM de suivre de près le contexte du pays et d’être prêt à adapter son approche tout au long de la période du Cadre de Partenariat Pays.

 

                                        Des alliances au gré du temps

 

En outre, il est indiqué, entre autres, que les crises politiques récurrentes de Madagascar sont le résultat de problématiques de gouvernance profondément enracinées. Avant tout, l’Etat et le système politique sont déterminés par des réseaux d’un petit nombre de dirigeants politiques et hommes d’affaires puissants qui forment des alliances changeantes au gré du temps pour préserver leur accès aux rentes. Leur influence est à peine contrebalancée par le secteur de la justice qui est perçu comme corrompu et qui contribue à un sentiment généralisé d’impunité. Deuxièmement, la société est divisée selon des clivages ethniques, religieux, de richesse et de genre. Le système étatique fortement centralisé n’est pas propice à la résolution de ces tensions. Ces divisions sociales sont parfois exploitées par des dirigeants à des fins politiques. Troisièmement, l’abondance des ressources naturelles, conjuguée à une faible gouvernance, a contribué à la croissance rapide d’une économie de traite autour du bois précieux, de l’or et des pierres, du bétail et d’une précieuse biodiversité. Les tensions autour de la mainmise sur les rentes provenant de ces ressources naturelles ont augmenté et on pense que ces rentes, en particulier celles tirées de la vente illégale de bois de rose, peuvent jouer un rôle important dans le financement des ambitions politiques. Enfin, le système de pouvoirs et contre-pouvoirs reste inchangé en raison :  d’un système parlementaire où les alliances politiques sont fragmentées, instables et non fondées sur des programmes communs;  de la faiblesse de la société civile, bien que quelques plateformes récemment formées deviennent des acteurs importants dans le dialogue sur les ressources naturelles, la transparence budgétaire et la prestation de services; et  du manque d’indépendance des médias, les principales publications et stations de radio et de télévision étant affiliées à des groupes économiques influents ou appartenant à des dirigeants politiques.

 

                                        Facteurs de fragilité

 

Ces facteurs de fragilité se reflètent dans plusieurs indicateurs de gouvernance. Les indicateurs de gouvernance à Madagascar, selon le World Governance Indicators, ont enregistré une forte baisse en matière d’efficacité du Gouvernement, de lutte contre la corruption et de l’état de droit entre 2008 et 2014. Les deux premiers indicateurs ont légèrement remonté en 2015. Avec un score de 26/100 à l’Indice de perception de la corruption de Transparency International en 2016, Madagascar occupe la 146 ème place, s’alignant sur le Bangladesh, le Cameroun et le Kenya.

De plus, il est décrit, surtout, que les crises répétées ont également mis en lumière les forces du pays au niveau local et l’étonnante résilience de son peuple. Une économie informelle dynamique a fourni des emplois alternatifs (ou un sous-emploi, devrait-on plutôt dire) et constitue une source importante de moyens de subsistance dans les zones urbaines. Les mécanismes traditionnels de solidarité sont intervenus dans les familles, entre voisins et parmi les paysans. Malheureusement, cette solidarité a été mise à rude épreuve ces dernières décennies et un certain affaiblissement est perçu. La structure institutionnelle des « communes » et des quartiers (fokontany), établie de longue date et respectée, fournit des services locaux (par exemple, l’enregistrement des citoyens, la gestion des déchets) et contribue également à résoudre les conflits locaux (le plus souvent liés à la propriété foncière). Cette structure locale est le fondement d’une décentralisation plus efficace. Enfin, les églises ont traditionnellement joué un rôle positif dans la médiation des crises passées et représentent une voix puissante, écoutée de la population.

Bref, l’histoire de Madagascar a montré que les périodes de croissance positives dans le passé ont été suivies de crises politiques. Pour éviter un tel aboutissement, il faut obtenir l’engagement de toutes les parties prenantes à respecter les processus démocratiques et à s’engager dans la stabilité.

Il sera essentiel à cette fin de garantir que les avantages de la croissance se fassent sentir de manière plus inclusive.

Concrètement, cela nécessite d’augmenter les dépenses en faveur des pauvres, y compris dans les zones les moins bien desservies, d’améliorer la productivité de secteurs tels que l’agriculture et l’élevage qui regroupent une grande partie des pauvres et de créer des emplois grâce à la croissance du secteur privé.

En attendant d’y voir, on ne peut plus clair, dans la situation prévalant, actuellement, il est mentionné, notamment, que la pauvreté est nettement plus élevée dans les zones rurales où l’agriculture est la principale source de revenus. Près de 80% de la population de Madagascar vit dans les zones rurales, et les taux de pauvreté rurale sont presque deux fois plus élevés que dans les zones urbaines. La pauvreté extrême est plus prononcée dans le sud-est du pays alors que la région de la capitale a connu une incidence nettement plus faible de l’extrême pauvreté.

L’agriculture est le principal secteur d’emploi du chef de ménage pour les 80% du pays et seuls les quatrième et cinquième quintiles de consommation sont engagés en grand nombre dans les services, la manufacture et l’administration publique. L’incidence de l’extrême pauvreté est plus élevée chez les ménages dirigés par une femme, soit un cinquième de tous les ménages. Ces ménages sont plus vulnérables parce que les femmes qui les dirigent possèdent moins d’actifs productifs : en moyenne, elles ont un an de scolarité en moins, elles cultivent un peu plus de la moitié de la surface cultivée par les hommes, ont trois à quatre fois moins de gros bétail et presque deux fois moins de petit bétail.

 

 

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