La Gazette de la grande ile

Il y a quatre ans: Investiture sous un mauvais signe

Publié le 25 janvier 2018

Hery Rajaonarimampianina fête ce jour au palais d’Iavoloha le quatrième anniversaire de son entrée en fonction. Et cela, par une intervention médiatisée lors de laquelle il partagera «sa vision économique intitulée Madagasikara Fisandratana ». Ceci résume tout le flou de son mandat, car c’est seulement au seuil de la cinquième année qu’il dévoile sa politique économique, et en fait d’ailleurs un instrument de propagande en vue du scrutin présidentiel. Nous refusons de faire le bilan d’un mandat chaotique, rythmé surtout par des magouilles : trafic de bois précieux, d’or et de pierres précieuses, de bovidés, de tortues et autres ressources naturelles, détournements à grande échelle, kidnappings répétés, etc. L’actuel feuilleton interminable et consternant sur Houcine Arfa n’est qu’un raccourci d’une gouvernance marquée par l’esprit HVM, c’est-à-dire le souci permanent d’user d’une position officielle pour se faire du fric, y compris dans des secteurs délicats comme la justice et la sécurité.

Pour résumer l’action d’un régime préoccupé par le « bizina » (business),  contentons-nous de dire que lors du mandat, la sœur, le frère et le fils du président ont défrayé la chronique dans des affaires juteuses…  Pour condenser sa prestation économique et la situation du pouvoir d’achat, citons l’euro à 4 000 ariary et le riz makalioka à 2 400 ariary le kilo actuellement. Face à ce ratage éloquent, la vision économique, exprimée ce jour, suscitera surtout le rire. Plutôt que de s’exposer aux sarcasmes et aux moqueries sur cette ambitieuse vision économique tardive, Hery Rajaonarimampianina ferait de garder le silence…

Si les fiascos se sont accumulés, c’est peut-être car dès le départ, le mandat était placé sous de mauvais augures. Mentionnons ce jour-là, le 25 janvier 2014, des événements qui semblent être des signes négatifs du destin. Evoquons en premier lieu l’allocution d’investiture qui fut un retentissant plagiat d’un discours de Nicolas Sarkozy, provoquant l’hilarité aux quatre coins du globe. Par la suite, le chef de l’Etat a multiplié  les bourdes grotesques, de la réception du lingot d’argent du pirate William Kidd qui ne fut qu’un bloc de plomb, à l’embauche de l’instructeur militaire Houcine Arfa qui n’est qu’un vulgaire barbouze. Citons ensuite la défection du ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, pourtant annoncé, et qui fut remplacé par la ministre de la Francophonie Yamina Benguigui. A son arrivée, celle-ci s’est singularisée par des propos assimilés à de l’immixtion dans nos affaires intérieures, et sera peu après condamnée en France pour falsification dans la déclaration de patrimoine.

Parlons aussi de cette promesse lancée à la légère de régler la question cruciale des délestages de la Jirama en trois mois. Ayant failli dans la réalisation de cet engagement tonitruant, l’homme s’attache maintenant à enfouir l’affaire sous les inaugurations bruyantes de centrales à panneaux solaires. Quid également de cette bombe artisanale qui a éclaté non loin du lieu d’investiture à Anosy, peu après la cérémonie, et qui a fait un mort et de nombreux blessés par éclats métalliques ? Les responsables de la sécurité ont déclaré pouvoir identifier les coupables dans les meilleurs délais, mais leur impuissance dure jusqu’à maintenant, comme symbole d’ailleurs de l’inefficacité des services de Hery Rajaonarimampianina dans la lutte contre les kidnappings, contre la corruption, contre le vol de bœufs, contre les actes de justice populaire, etc. Evoquons enfin le lendemain de l’investiture le premier conseil des ministres présidé par le nouveau chef de l’Etat. Résolution la plus saillante : les engagements de dépense de plus de 200 millions d’ariary doivent recevoir l’autorisation du Président de la République. Signalons simplement un fait : dans le cas Claudine Razaimamonjy, la somme détournée dans la seule affaire d’Ambohimahamasina s’élève à 396 millions d’ariary. Ce qui semble indiquer que le dossier est passé sous le nez du chef de l’Etat qui a accordé son aval. Notons que la dame est la conseillère spéciale du chef de l’Etat, et malgré une détention (toute théorique) préventive de près d’un an, son cas tarde à comparaître devant le tribunal. On peut terminer l’énumération par le fait suivant : ayant ce jour-là prêté solennellement le serment de « veiller à la Constitution comme à la prunelle de ses yeux », l’homme manœuvre aujourd’hui pour obtenir une révision de la Constitution, et cela, dans le but de perdurer au pouvoir.

Ce jour, en tout cas, très peu prêteront de l’attention à cette séance d’Iavoloha diffusée en direct sur les stations officielles. Car la vision de l’intéressé ressemble surtout à des… mirages.

      Adelson RAZAFY

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