La Gazette de la grande ile

Hery Rajaonarimampianina: 2018 à 2030 : forcing illusoire pour deux autres mandats

Publié le 27 janvier 2018

Décidément, il n’a pas froid aux yeux le président Hery de Madagascar. D’un côté, chapeau à ses conseillers qui ont réussi à le convaincre de parler de ce qu’ils ne pourront jamais mettre en application, même en 100 ans (et même plus vite que le vent), étant donné que ce ne sont pas leurs idées propres. De l’autre côté, l’intervention de ce président en fin de course -mais qui ne veut pas l’admettre- relève de la méthode Coué tout simplement. Et secouer bien avant de vous en servir…

Durant quatre ans, jour pour jour, du 25 janvier 2014 au 25 janvier 2018, rien n’a été fait, ne serait-ce que pour soulager la misère des 24 millions Malgaches au quotidien. La preuve? Quoi qu’il ait dit, quoi qu’il ait écrit dans ses documents trop beaux pour être vrais, la Grande île de l’océan Indien est, de nos jours, le 5ème pays le plus pauvre du monde, à la merci du plus offrant.  Même si ce dernier s’avèrera, par la suite, être un escroc. Ce n’est plus de la naïveté de la part de ce régime Hvm mais de la complicité, un crime contre ses propres compatriotes, une trahison envers son propre pays. Après avoir été quatre ans inamovible ministre des Finances et du Budget de la transition (il est, ainsi, aussi «putschiste» que tous les autres personnages ayant co-dirigé cette période), puis quatre ans président de la république, candidat par substitution élu grâce à son ancien patron, le président Andry Rajoelina, Hery Rajaonarimampianina semble pouvoir tout se permettre. Et il ne se gène vraiment plus du tout, retroussant jusqu’à ses manches comme un phénomène de foire («freak» en anglais) qui va mettre en exergue sa particularité…

Comme par magie, un livre de 160 pages a été «édité», portant sur ce que la «force nouvelle» compte parvenir à réaliser d’ici à 2030. Et excusez du peu. Tout un arsenal de vocabulaire qui n’éblouira jamais que les imbéciles et les moins informés, passant du malgache au français sans… transition. Les autres, la majorité -heureusement- se demandent encore si ce président est bien dans sa tête. Vous voulez des exemples. Allons-y, recueillis directement via Rnm, la radio publique. Ainsi, en 2030, Madagascar sera « une nation refondée dans sa culture et nous allons y travailler… C’est travail de tout le monde sur le socle des valeurs et de la culture ». Dans « la pyramide de l’émergence, émane une ambition collective au service du renouveau ». La culture de l’émergence, c’est la capacité de mobiliser toute la nation, de bâtir le socle institutionnel et humain. A vous donner le tournis. Mais lorsqu’il a parlé de méritocratie, il y a eu un instant de gêne palpable du côté des membres du gouvernement présents et leur cohorte de directeurs. La méritocratie se réfère, à la base, aux compétences et au travail. «AOKA IZAY MENDRIKA NO OMENA FAHATOKISANA EO AMIN’NY ANDRAIKITRA. ILAINA NY MASON-TSIVANA, SINON ON VA DROIT VERS LA MEDIOCRITE». Ah bon? Mais nous y sommes en plein dans la médiocratie et même dans la merditude jusqu’au cou, sans avoir attendu Donald Trump! Hery le nouveau (Vaovao comme son nouveau conseiller Benjamin quoi) a aussi osé aborder «l’exemplarité des dirigeants dans le comportement et les paroles». Nous irons tous au paradis alors!

Il est permis à tous de rêver, certes, Hélas, Hery vaovao, lui, rêve en piquant sur les autres des recettes théoriques pures car il n’a pas explicité comment ni avec quoi ni quand, il les appliquera effectivement. Une histoire de « plus de délestage en 3 mois si je suis élu. Et dans 2030 demeure le chiffre 3 qu’il adore. Il a affirmé qu’il a travaillé dessus (ce « plan de croissance et de transformation ») depuis des années: «Madagascar sera un Shenzen de l’Afrique et l’économie bleue sera réelle». Mais tout cela demande du temps («mila fotoana»). «Il faut faire attention. Il faut briser le cycle des crises cycliques. Car il est impossible de remonter comme il faut par la suite». Effectivement, en piétinant la Constitution comme il l’a fait -et continue de le faire-, Madagascar demeurera un sous-marin du sous-développement jusqu’en 2030.

Puis vint le moment d’une vérité impossible à cacher longtemps: aujourd’hui, tout le monde a été invité sans exclusive («Androany, nasaina daholo ny rehetra, tsy nanavahana»). Cela signifie-t-il alors que durant quatre années, il y a eu un grand «filtrage», de l’ostracisme? Enfin, tous les invités présents et les téléspectateurs d’ici et d’ailleurs (ce simulacre de je-ne-sais-plus-quoi a été transmis en direct via facebook) ont découvert  le reniement de ses propres assertions sur le fait, maintes fois ressassé par lui-même, que la situation actuelle est la faute de tous ses prédécesseurs depuis plus d’un demi-siècle. C’était un peu avant la fin des questions-réponses, à 20h. Et il l’a dit en français : «Il ne faut pas rejeter la faute sur les autres». Il est aussi amnésique en plus? Heureusement qu’il y a les enregistrements.

Ainsi, puisque tout lui est permis, ce 25 janvier 2018 il a tout simplement fait une énième entorse aux lois en vigueur, en ayant organisé une authentique propagande électorale avant l’heure, au sein même d’un palais d’Etat. Et comme Jean Eric Rakotoarisoa, président de la Haute cour constitutionnelle laissera courir (momentanément), attendons-nous à quelque chose de terriblement horrible en 2019. A moins d’un miracle sous la forme d’un désistement à la François Hollande. Qui sait, tout peut arriver ici-bas. Pour le moment, c’est plutôt un esprit malsain («fanahy mantsina») qui plane et rôde comme un vautour sur Madagascar tout entier, à la merci, dès lors, de ce dont William Sheakspeare parle: «Quelle époque terrible que celle où des idiots dirigent des aveugles». Attention, je n’insulte personne. «Idiotie» est un ancien terme médical, décrivant la condition de personnes dont le quotient intellectuel (QI) est évalué sous un certain seuil. Quant à l’aveugle, nul ne l’est plus que celui qui ne veut pas voir. Ok?

Ce forcing hollywoodien (car c’était du cinéma avec des spectateurs prestigieux) du filoha Hery pour briguer non pas un mais deux mandats (2019-2024 et 2025-2030), aboutira-t-il? Déjà, il a tout l’appareil rouillé de l’Etat entre les mains ; une partie de la police, de l’armée et de la gendarmerie, objets inanimés, dans la poche (qu’il croit) et l’injustice comme fer de lance (Attention, Jean Eric Rakotoarisoa veut quitter cet ici-bas en beauté, tout de même). Comment alors se présentera le microscopique grain de sable capable d’enrayer la plus sophistiquée des machines à démonter le temps d’un mandat? Electeurs du pays tout entier: munissez-vous tous de votre carte électorale et allez aux urnes le moment venu. Mais quand?…

Jeannot Ramambazafy

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