La Gazette de la grande ile

Arrestation abusive à Antsiranana: Les autorités pointées du doigt

Publié le 29 janvier 2018

Ils ont été traités comme des criminels et déférés au parquet fortement escortés par des éléments de la gendarmerie avant d’être placés sous mandat de dépôt samedi dernier. Ils, ce sont Abdou Rahmane, Raymond Miarina, un lieutenant retraité de la Rm7 dénommé Paulin ainsi que 2 femmes. En fait, le déferrement de ces derniers était prévu pour vendredi dernier, mais face à la présence d’une foule intense venue les soutenir devant le tribunal d’Antsiranana, il a été ainsi décalé d’un jour. Des éléments de l’Omc lourdement armés ont été dépêchés sur place pour disperser la foule vers 18h. Nombre des habitants des fokontany Scama, Ambalavola et Mangalaza sont indignés par l’arrestation qu’ils jugent abusive d’Abdou Rahmane et de ses camarades. Ils dénoncent également le caractère politique de cette détention. Des autorités de la localité dont le préfet ainsi que des parlementaires Hvm ou pro Hvm bien- sûr sont pointés du doigt. Destruction d’un bien d’autrui et vol de chevrons : telles sont les accusations portées à l’encontre d’Abdou Rahmane et ses camarades. Interrogés sur les faits qui ont conduit à l’arrestation et à la détention provisoire de ces derniers, des habitants du fokontany Manongalaza et de Scama de répondre : « Qui ne connaît pas Abdou Rahmane ? C’est un raiamandreny et il a beaucoup fait pour la ville d’Antsiranana et le district d’Antsiranana II. Les dirigeants de la localité l’ont arrêté afin de mater le mouvement de contestation sur le recasement des occupants d’une partie des terres sises sur la route d’Anamakia d’une société privée. Abdou Rahmane a aidé les habitants des fokontany Scama, Ambalavola et Manongalaza depuis près de 20 ans pour l’acquisition des terres abandonnées pendant des dizaines d’années par la société en question conformément à la loi et c’est pour cela qu’on lui en veut ». Et de continuer « il y a une semaine de cela une femme qui occupait une partie des terres destinées selon les autorités à l’extension d’une usine de cette société a été transférée sur une propriété pourtant déjà occupée par une famille depuis des années où existe un petit espace libre. Les lieux étant déjà occupés même s’il y a une partie de libre, la moindre des choses était d’approcher d’abord les premiers occupants lesquels ont travaillé et mis en valeur ces terres avant d’autoriser une autre personne de s’y implanter. La nouvelle occupante a voulu commencer de monter sa maison, mais les premières charpentes ont été aussitôt enlevées par des habitants du fokontany furieux contre ce qu’ils qualifient d’abus de pouvoir de la part des autorités de la localité. Ces terres, dira-t-on, appartiennent toutes à cette société mais nous ne sommes pas sans savoir qu’elle a été abandonnée par celle-ci outre le fait que cette dernière n’a pas daigné payer ses impôts fonciers pendant des dizaines d’années. Sachez que conformément à la loi nous avons demandé depuis des années le retour à l’Etat de ces terres, mais c’est resté sans suite. En vérité si nous nous conformons à la loi, cette société n’a plus autorité sur ces terres dans la mesure où elle l’a abandonné depuis plus de 40 ans. Mais comme il s’agit d’une puissante société et que nos autorités pour la plupart se laissent facilement appâter par l’argent, nous ne sommes pas étonnés si aujourd’hui nous en sommes là et que des innocents sont jetés en prison ».

Sous pression

Par ailleurs, des témoins oculaires de la scène affirment qu’Abdou Rahmane n’était pas sur les lieux au moment où ces charpentes ont été déplacées.

« Abdou Rahmane jouait au basketball au gymnase couvert et c’est facile à vérifier. Mais les gendarmes chargés de l’enquête sous pression n’ont rien voulu savoir » ont-ils déclaré. En somme, Abdou Rahmane quelque part gêne ces autorités et il faut par tous les moyens l’empêcher de nuire aux intérêts de ces dernières. Quoi qu’il en soit, l’arrestation d’Abdou Rahmane et de ses camarades est attribuée par la population d’Antsiranana au Hvm. A quelques mois des élections, le parti de Rivo Rakotovao continue de perdre le peu de crédit qu’il a auprès de la population dans cette partie Nord de la Grande Ile.

S.I.

 

 

 

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