La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE: Ravalo, Andry, Hery et la décadence…

Publié le 30 janvier 2018

Il faut reconnaître que le discours d’un diplomate comorien le 5 janvier dernier à Iavoloha a fait tilt dans la tête des prétendants à la course à la présidence. Pure coïncidence ou véritable tendance au mimétisme, pour ne pas avoir l’air de hurler avec les loups,  (au lieu de crier au plagiat à propos des prestations séductrices) sur on ne sait quelle émergence illusoire, on est  bien obligé de reconnaître qu’ils ne sont pas très inventifs et ne cherchent qu’à leurrer la population avec un programme mielleux. C’est bien connu, on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre mais avec du miel. Bref, ces candidats à la présidence une fois de plus, ils ne considèrent pas les habitants de ce pays comme des citoyens à part entière qui méritent respect. Sinon, comment osent-ils encore prétendre endormir la méfiance manifeste et flagrante de l’opinion à leur  égard.

Ces prétentieux personnages  qui ont  vraiment la mémoire  courte oublient les années de misères pour le peuple et le pillage des ressources qui avaient marqué leur  temps  de présence à la tête de l’Etat. Ravalo, cet illustre  dictateur,  selon les  annales  de l’époque  sous la plume de Ramambazafy, un  champion  du journalisme par la vérité et  rien  que la  vérité « M. Ravalomanana déçoit et inquiète. L’opposition qui a particulièrement mal vécu les emprisonnements, les mises en exil de fait (interdiction d’entrée sur le territoire de personnalités politiques ayant fui le nouveau régime Ravalomanana en 2002), lui reproche la confiscation de la liberté d’expression et de la liberté de rassemblement politique. Un des sujets persistants de mécontentement de l’opposition politique est l’insatiable appétit de Tiko. S.A, le groupe agroalimentaire exempté de taxes et dont le président est toujours actionnaire sans avoir de fonction opérationnelle. Ce dernier possède en outre deux sociétés de travaux publics, Alma et la Compagnie de construction malagasy, un réseau de magasins de gros, Magro (qui pouvait importer du riz sans droits de douane), des médias (…) et une petite compagnie aérienne, Tiko-Air. Toutes ses entreprises sont gérées par des membres de son parti, le Tiako i Madagasikara (TIM), fondé en 2002. Au fil du temps, le président, grand adepte du partenariat entre le public et le privé, a tendance à faire progresser ses propres affaires plutôt que son pays, et parfois avec les mêmes fonds. En 2008, il fait acheter par son ministre des Finances un des Boeing des studios Walt Disney pour la somme de 60 millions de dollars, alors que le pays figure parmi les plus pauvres du monde (146e position sur 177 pays classés selon l’I.D.H. [Indice de développement humain]). Faisant fi de l’avis de ses conseillers, de moins en moins à l’écoute des revendications d’une partie de la population aux prises avec l’inflation et victime d’un accroissement des inégalités, le président s’isole et exerce seul le pouvoir. En novembre 2008, il vend à la société sud-coréenne Daewoo 1,3 millions d’ha de terres(…) considère que la terre est un bien comme un autre, susceptible d’être vendu ; or, le lien des Malgaches pour la terre de leurs ancêtres est de l’ordre du sacré. »Son  autoritarisme exagéré et ses utilisations  abusives  des  deniers  de l’Etat  a fini par hâter  sa chute  et  sa fuite vers l’Afrique du  Sud… Et ce  n’est pas une minorité  de  partisans  du parti  TIM fanatisés  qui pourrait  faire oublier  aux  Malgaches, les  tueries, les dilapidations  de l’argent public  vers  la trésorerie de  son empire industriel.  Aux yeux  de  tous,  c’est un  « has been » obsédé par le pouvoir pour le pouvoir. Le pays  peut très  bien  s’en passer.

Dans  son  discours  de présentation  de  son projet  de  société, au  Palais des  Beaux-Arts à Paris avant-hier, Andry Nirina Rajoelina en voulant  résumer « la situation  sociopolitique  dans laquelle  le pays  se  trouve  ,  et les  attentes  de la population après  cinq  années  d’espoir  déçu suite  aux  élections  de 2013, » avait pratiquement raison  de  déplorer  que « les Malgaches se  trouvent  actuellement  dans le  désarroi, et même pour  beaucoup,  dans le désespoir  total… ».  Dommage  qu’il ait oublié sciemment  de  reconnaître qu’il est surtout responsable de  cette  situation. Lui qui avait promis le « Changement », il avait conduit la population  tananarivienne dans une  Révolution  Orange sanglante pour laquelle des  vies innocentes  furent  sacrifiées  sur l’autel finalement  de l’arrivée  au pouvoir  d’une  bande  d’opportunistes affairistes.  Comme l’avait  déjà  constaté le  spécialiste de  Madagascar Jean Fremigacci, Andry  Rajoelina  devenu président de la Transition par la force des  choses  et  des  armes avait favorisé la mise  en place de «  toute une oligarchie qui profite de sa domination pour mettre la main sur les secteurs juteux du moment. Résultat : le fossé se creuse entre cette classe et la masse, qui elle, pendant ce temps-là, croupit dans une misère grandissante. » Pire,  c’est  de  cette époque qu’on  avait vu le  boom  des trafics  en tous  genres (de l’or,  des  bois  de rose,  des minerais  rares) et  des pratiques de finances  qui n’obéissaient point à l’orthodoxie  financière sous l’égide des parrains tels  que  Norbert  Lala Ratsirahonana, Haja Resampa, Hajo Andrinarivelo, Rolland Ratsiraka et toute une  armée  de politicards cupides  et rapaces.  Qu’Andry  Rajoelina  ait  choisi la  capitale française pour marquer son  come back politique n’étonne personne. Parce qu’en  terre malgache,   l’auditoire n’aurait pas eu la  complaisance des intervenants de  ce jour-là. Son discours n’avait pratiquement  rien de  rassembleur pour les  habitants  de Madagascar, il  était  tout  juste «  plein  d’ambitions ». Parce que  reconnaître qu’ en  « dépit  des  richesses  dont le pays  dispose,   et  des  retards  accumulés (…),  il est  temps  d’ouvrir la porte  de l’émergence économique  et  sociale, comme objectif unique, pour le bien-être  de la population (…) car l’objectif  est  de  rattraper  le retard  de  développement,  c’est  d’ailleurs la  raison principale  de la  fondation  de l’Initiative  de l’ Emergence  de Madagascar… », l’ancien DJ  montre  réellement  ses  talents d’artiste en prenant les  habitants  de ce pays pour  des  canards  sauvages. Alors  que  durant  toute la durée  de la Transition lui et  ses  comparses, lui,  ses parents,  ses  proches, ils  se  sont enrichi  sur le  dos  du peuple. Ils ne peuvent pas  nier la possession de  ses  avoirs  à l’extérieur,  ses immeubles  « bâtiments prestigieux » et  autres  signes  extérieurs de  riches en  terres  étrangères.  En déclarant publiquement et  devant les médias parisiens  « il est  temps  d’ouvrir la porte  de l’émergence économique  et  sociale, comme objectif unique, pour le bien-être  de la population (…) car l’objectif  est  de  rattraper  le retard  de  développement,  c’est  d »ailleurs la  raison principale  de la  fondation  de l’Initiative  de l’ Emergence  d Madagascar »,  pour la population spoliée, il est plutôt  temps  d’ouvrir les  enquêtes  par Bianco  et  SAMFIN  sur toute  cette masse colossale de  biens  mal acquis. Le président  Hery  Rajaonarimampianina  qui était à l’époque son ministre  des  Finances  et aux premières loges,  s’il  veut  faire  preuve  de  bonne  foi  en  se portant  candidat  à sa propre  succession, aurait  intérêt à se  démarquer  au lieu de perdre  son  temps  dans  des polémiques  stériles  et  oiseuses  sur la paternité peut-être adultérin de  tel ou  tel projet  de société. Autrement…

 

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