La Gazette de la grande ile

Edito: Syndicat de police, les policiers y ont droit

Publié le 30 janvier 2018

A ce jour, les intérêts des policiers ne sont protégés par aucun syndicat. Cette situation incongrue pourrait changer avec la relance du débat en interne à propos de la création d’un syndicat de police. Cela fait plus de 20 ans qu’un syndicat de police aurait dû voir le jour. En effet, l’article 6 alinéa 1 de la Loi N° 96-026 du 2 octobre 1996 portant Statut général autonome des personnels de la Police nationale dispose que : « le droit syndical est reconnu aux fonctionnaires de la Police nationale. Il est exercé conformément à la loi et en vue exclusivement de la défense des intérêts professionnels. » Les policiers seraient les fonctionnaires les mieux rémunérés après les magistrats et les inspecteurs des finances et du Trésor Public. Cependant, les policiers subissent des contraintes supérieures. En effet, ils sont astreints à des horaires de travail difficiles et ils prennent des risques au quotidien, le tout avec des moyens dérisoires. On ne parle jamais assez des policiers grièvement blessés ou tués par des malfrats. Il est tout à fait légitime qu’ils réclament une amélioration de leurs conditions de travail et de leur pension de retraite. Pour mener à bien les investigations sur terrain, les policiers ont besoin de davantage de véhicules, de motos, d’armes, de gilets pare-balles, de menottes, de crédit téléphonique et de chiens-renifleurs. Pour les enquêtes préliminaires, ils manquent d’ordinateurs, d’imprimantes, d’encres, de machines à écrire, de rames de papier et d’armoires de rangement. Ils sont avides de formations pour parfaire leurs connaissances, notamment en procédure judiciaire. Ils aspirent à une meilleure reconnaissance, sans que cela passe par une entremise du pouvoir exécutif. Il est anormal, frustrant et dangereux que certains avancements d’échelon ou de classe dépendent de la tendance politique ou de l’origine ethnique d’un fonctionnaire de police. Un syndicat de police serait profitable à cette profession souvent décriée à tort ou à raison. Et pourquoi pas quatre syndicats ? Un par corps serait l’idéal. Pour rappel, les policiers sont divisés en quatre corps : celui des agents et brigadiers, celui des inspecteurs de police, celui des officiers de police et celui des commissaires de police et contrôleurs de police. Pour commencer, il faudra se contenter d’un syndicat. Ce sera déjà bien. Un syndicat de police verra-t-il le jour en cette année électorale ? Certains policiers déclarent que non. D’autres soutiennent que c’est le moment ou jamais.

  1. GASPARD

 

 

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