La Gazette de la grande ile

Lalatiana Ravololomanana: « Recommencez le procès ! »

Publié le 30 janvier 2018

Propos de Lalatiana Ravololomanana, conseillère municipale à la Commune Urbaine de Tana-Ville (CUA): « Marc Ravalomanana n’accepte pas le verdict qui l’a condamné dans l’affaire de la tuerie du 7 février. Soit, mais dans ce cas, que le sang des Malgaches tombé ce jour-là ne soit pas perdu en vain. Recommencez donc intégralement le procès ! ». Rappelons un fait : Lalatiana Ravololomanana fut la secrétaire générale de la CUA sous le maire Guy Razanamasy, élu en 1995. Aspirant à remplacer ce dernier, elle s’est présentée aux élections municipales de 1999, mais fut battue par un jeune industriel jusque là peu connu et qui a nom Marc Ravalomanana. Deux ans plus tard, dans le sévère conflit qui a opposé Marc Ravalomanana à Didier Ratsiraka (dit crise post-électorale de 2002), elle a résolument pris le parti de ce dernier. Mais l’amiral, défait militairement, ayant été contraint de fuir l’île, Lalatiana Ravololomanana l’a suivi dans son exil à Paris. Elle n’a refait son apparition au pays qu’après la chute de Marc Ravalomanana en 2009. C’est donc quelqu’une qui a de longue date une dent contre le propriétaire de Tiko qui s’est exprimée, et qui a préconisé le recommencement du procès sur le 7 février.

En fait sa thèse ne convient pas du tout au camp de celui qui a assuré son retour au pays en 2009, Andry Rajoelina, le chef de la transition. Car si on refait le procès, les avocats de Marc Ravalomanana qui sont plutôt dynamiques pourraient produire des preuves inconnues lors de l’audience de 2010. Et renverser la vapeur au bénéfice du propriétaire de Tiko. Le 7 février 2009 en effet, c’est Andry Rajoelina sur la Place du 13 Mai qui a poussé la foule à monter vers le palais présidentiel d’Ambohitsorohitra. Et c’est Monja Roindefo, son Premier ministre,  qui a conduit la procession jusqu’au site indiqué. Les membres d’AV7 (Association des Victimes du 7 Février), qui ont déposé la plainte, pourraient être déboutés car sur les images du drame, on les voit défoncer le cordon de militaires et s’élancer vers les grilles. Et c’était au moment de cette invasion de la zone rouge que la fusillade a éclaté. Bref, un procès recommencé pourrait aboutir à un verdict absolument autre, par exemple la relaxe pour cas de légitime défense pour les défenseurs du palais. Tandis que ceux à l’origine de l’invasion pourraient se voir coller des chefs d’inculpation et comparaître à leur tour devant le tribunal… Pour cette raison, les dirigeants de la transition ne réclament pas du tout le recommencement du procès sur le 7 Février.

A.R

 

 

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