La Gazette de la grande ile

Fisandratana 2030: Fausse renaissance

Publié le 31 janvier 2018

Hery Rajaonarimampiana est-il en paix avec lui-même ? Dès l’annonce par Andry Rajoelina de la tenue à Paris d’une conférence intitulée « Initiative pour l’Emergence de Madagascar », l’état-major du HVM a paniqué. Il a improvisé à la hâte, à grands renforts de copier-coller, un programme dénommé « Fisandratana 2030 ». Les rares objectifs chiffrés de l’actuel Chef de l’Etat sont fantaisistes et les moyens pour y parvenir sont visibles ou invisibles. D’ici 2030, il vise la création de 5 millions d’emplois. Et puis quoi encore ? En quatre ans, il a détruit plus d’emplois qu’il n’en a créés. La vision Fisandratana 2030 prétend donner la priorité à l’éducation, à la formation professionnelle, à la santé et à la nutrition. Après les scandales financiers de ces quatre dernières années, on ne peut pas croire un seul instant que les questions sociales seront tout d’un coup au cœur des préoccupations de Hery Rajaonarimampianina. Le Fisandratana 2030 est l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire. C’est un travail vite fait, mal  fait. On peut parler d’un travail bâclé de gitan. Un plan d’action pour le redressement de la nation n’est pas le business plan d’une société commerciale en quête de parts de marché. Il consiste en une collecte d’informations, finement analysées puis synthétisées, débouchant sur une stratégie de réformes structurelles avec des objectifs chiffrés. Contrairement à Hery Rajaonarimampianina, Andry Rajoelina a approfondi tous les secteurs d’activité et rencontré tous les acteurs. Durant ses quatre années de silence, il a identifié tous les problèmes et évalué toutes les solutions. Aujourd’hui, il est habité par des convictions inébranlables soutenues par une stratégie solide. L’assurance tranquille d’Andry Rajoelina contraste avec l’approche confuse d’Hery Rajaonarimampianina. Il faut dire que ce dernier n’est ni un leader, ni un bâtisseur. C’est tout au plus un parfait suiveur et un bon théoricien, habile dans les second rôles. Ce n’est pas parce qu’il comprend mieux les grands courants économiques ses prédécesseurs que cela lui donne le droit de se prendre pour l’homme providentiel doublé d’un maître à penser. Après l’échec retentissant de la « Force Nouvelle » (Hery Vaovao) et du Plan National de Développement (PND), Hery Rajaonarimampianina ne pouvait être le candidat à sa propre succession sans un nouveau slogan et une nouvelle vision. Il met en avant un nouveau pacte national. Cette expression implique une adhésion populaire qui fait défaut. Le problème est que le projet d’émergence Fisandratana 2030 brille par son incohérence. La volonté de Hery Rajaonarimampianina de donner une nouvelle impulsion à la fin de son mandat se heurte à la régression généralisée que connaît Madagascar.

  1. GASPARD

 

 

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