La Gazette de la grande ile

Grand Sud malgache: Des solutions en vue pour son développement

Publié le 01 février 2018

La zone semi-aride du Grand Sud malgache a fait l’objet de nombreuses actions aussi bien d’urgence que de développement ces dernières années. L’Union européenne a contribué à cet effort notamment à travers le programme d’Amélioration de la sécurité alimentaire et d’augmentation des revenus agricoles (ASARA). Parmi les acteurs engagés sur ce programme, le Gret, ONG internationale de développement et le Centre technique agroécologique du Sud (CTAS), ONG de droit malgache, ont collaboré sur la conduite du projet HOBA, mené pendant quatre ans dans le district d’Ambovombe.

Des cultures qui résistent à la sécheresse

L’atelier de clôture de ce projet, le 30 janvier 2018 à Ambovombe, a été l’occasion de faire le point sur les avancées obtenues, rapporte le Gret.

Au niveau des paysages, l’effet le plus remarquable est la constitution de grands ensembles aménagés avec des plantations de pois d’Angole, arbustes extrêmement résistants produisant des pois consommables. D’après Mandilimana, un paysan qui a participé aux activités mises en œuvre : « Comme le zébu, utile des sabots jusqu’aux cornes, le pois d’Angole nourrit l’homme avec ses graines, les animaux avec ses feuilles et protège les champs du vent ». Les images aériennes diffusées pendant l’atelier ont permis de mesurer l’étendue de ces aménagements, dans lesquels plus de mille ménages se sont impliqués. De larges superficies sont désormais occupées par les cultures de mil, une céréale particulièrement résistante à la sécheresse.

Un grand nombre d’innovations agricoles ont été testées et diffusées durant ce projet. On peut par exemple citer la distribution de plants de maniocs résistants à la mosaïque, des variétés de patates douces plus riches en éléments nutritionnels, des légumineuses et céréales avec des cycles de production plus courts, ou encore une meilleure résistance à la sécheresse.

Investir dans la recherche

Le principal axe d’intervention du projet a cependant porté sur la production de semences et le renforcement des acteurs locaux : le CTAS, mais aussi les associations de producteurs de semences et les boutiquiers vendeurs de semences. D’importants investissements dans des structures d’irrigation ont permis de renforcer ce dispositif qui a produit en 2017 près de 230 tonnes de semences.

La recherche a constitué une autre dimension importante du projet, avec de nombreux partenaires locaux et internationaux directement impliqués – Centre national de recherche pour le développement rural (FOFIFA), Ecole supérieure des sciences agronomiques (ESSA), Professionnels de l’agroécologie (GSDM), Centre international de recherches agronomiques pour le développement (CIRAD) – ou ayant fourni des variétés à tester – comme le Centre international de recherche sur les cultures des tropiques semi-arides (ICRISAT) ou encore le Centre international d’amélioration du maïs et du blé (CIMMYT). Ces travaux ont porté sur les questions de santé animale, avec par exemple le test d’un vaccin moins sensible à la chaleur pour les volailles ; ou sur les cultures, avec des expérimentations sur les moyens de lutte contre les insectes et un travail de sélection des plantes. Actuellement, ces activités se poursuivent et près d’une centaine de variétés de plantes sont testées pour permettre de produire, même avec de faibles conditions de pluviométrie.

Au plan institutionnel, le projet a collaboré avec les services de l’Etat pour former des agents de contrôle de production de semences, ainsi que des agents de traitement phytosanitaires, et appuyer le Centre de services agricoles d’Ambovombe. Plusieurs types de prestataires ont ainsi été formés, et notamment des artisans locaux pour qu’ils fabriquent en série un nouveau modèle de malle de stockage avec des renforts métalliques.

Le travail engagé n’a évidemment pas résolu tous les problèmes liés au développement agricole, mais plusieurs éléments – dont certains sont d’ores et déjà pleinement fonctionnels – sont là. Nombre de solutions sont maintenant clairement identifiées pour sortir le Sud semi-aride de sa dépendance chronique aux actions d’urgence.

Le Gret, en partenariat avec le Centre national de recherche appliquée au développement rural (Fofifa), a organisé à Antananarivo (Madagascar) un atelier sur les résultats de la recherche-action dans les secteurs de l’agriculture, de l’environnement, de l’élevage et de la nutrition dans le Grand Sud malgache. L’évènement, qui s’est déroulé le 9 novembre 2017 avec le soutien de l’Union européenne, a réuni de nombreux acteurs. La collaboration d’institutions intervenant à divers échelons, allant de l’appui aux producteurs jusqu’aux questions de réglementations, est en effet pour partie à l’origine des avancées prometteuses dans la région.

Les échanges et le partage d’expériences ont porté notamment sur le travail réalisé dans le secteur semencier, avec la mise en place de normes régionales adaptées au contexte agroécologique du Sud et l’enregistrement de plus de quarante variétés sélectionnées à partir d’espèces locales ou introduites en collaboration avec des institutions internationales. « Des recherches ont été menées pour que ces semences correspondent aux besoins des cultures, particulièrement dans les zones sèches », a expliqué le professeur Lala Razafinjara, directeur général du Fofifa. Ces variétés offrent une meilleure résistance aux conditions climatiques et aux contraintes liées aux maladies et ennemis des cultures de la région du Grand Sud.

Ces innovations ont bénéficié à des structures de développement qui ont pu produire et diffuser d’importantes quantités de semences pour le bénéfice des populations locales. En parallèle, les activités de recherche sur l’élevage ont permis des progrès dans l’alimentation et la santé animale. Enfin, les participants ont souligné la complémentarité des thématiques d’agriculture, élevage et environnement dans la perspective d’un développement de l’agriculture familiale durable au service des populations vulnérables. Ils ont également insisté sur l’importance de bien faire le lien entre les activités relatives à la nutrition et celles liées à l’agriculture. Ces actions semblent avoir posé les bases d’une dynamique porteuse d’avenir.

 

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