La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE DE N. ZAFILAHY: Anatomie d’une conjoncture conflictuelle

Publié le 02 février 2018

Lorsque certains observateurs constatent que pour les investisseurs Madagascar est un pays à risque, ils ne sont de  ceux que l’actuel président considère comme des politiciens locaux qui, avec leur « fréquente  dérive dépréciative, caractérisée par des paroles délibérément fausses relayées par une presse encore sous l’emprise d’une faiblesse de professionnalisme alimentait un populisme d’arrière garde. » Même si dans leurs discours, les responsables tentent de faire croire que ce pays « n’est pas voué à être cette nation à la traîne des autres, ni les Malgaches à être le dernier de la classe… », sur le plan socioéconomique la situation sur le terrain ne reflète pas du tout leurs affirmations trompeuses.

Pire, depuis que l’échéance électorale 2018 a été confirmée par le président de la République, le paysage politique en général est passé du stade préoccupant et inquiétant pour prendre des contours proches d’un contexte conflictuel. L’atmosphère quotidien de toute l’île se trouve actuellement pollué par les débats provocateurs et échanges des petites phrases assassines d’un trio qui se prennent d’ores et déjà pour des favoris dans la course à la présidence. L’un et l’autre, ils se voient déjà en haut de l’affiche « calife à la place du calife ». Il ne faut pas oublier que ces effervescences qui risquent de mal tourné ressemblent un peu trop à un chapelet d’explosifs qui l’attend qu’un irresponsable allume mèche pour mettre tout le territoire national dans une situation explosive difficilement contrôlable telle que se présentent les enjeux géopolitiques de toutes ces nations avides, alléchées et attirées par les richesses de Madagascar. Même si on les considère comme des partenaires techniques et économiques, nous ne devrons jamais au grand jamais oublier que pour les investisseurs dont ils assurent la protection des intérêts, un trouble entre les acteurs politiques est toujours le bienvenu et une occasion rêvée pour s’adonner aux pillages de nos ressources. Pour ceux qui en doutent bêtement. Essayez de fouiner sur les origines de ces incessants affrontements fratricides terribles qui opposent entre les habitants d’un même pays sur le continent voisin. Pour les conquistadors des temps modernes, l’usage des avantages, des revenus de la malédiction des richesses est l’arme idéale pour s’approprier de minerais, de l’or, du pétrole et produits des états qu’ils manipulent par la corruption. Pour ce qui concerne Madagascar, tous les ingrédients susceptibles et capables de plonger les habitants de cette île dans les affres d’un grand chambardement sont réunis entre les mains de ces prétentieux qui ne rêvent que de devenir riche d’une manière « rapide et durable ». Même s’il faut sacrifier l’avenir et la sérénité de toute la nation.

Prenons le cas de cet abruti de Ravalomanana que la population antananarivienne « exaspérée par les pratiques totalitaires et la corruption du pouvoir », avait chassé de notre pays. Dès ses premiers pas sur le sol malgache n’a pas caché son obsession de revenir « aux affaires », mais pas du tout pour conduire Madagascar vers le développement ou le bien-être de la population. Malgré ses vains efforts pour se donner une nouvelle « image policée », respectueuse, il n’a plus la cote auprès des chancelleries. Au Danemark, au Canada et aux Etats-Unis, il n’a plus l’aura qu’il a perdu à cause des palies et des deuils qu’il avait causé de 2002 jusqu’à sa chute sanglante en 2009. Prétendant sérieux à la succession de Hery Rajaonarimampianina, Andrinirina Rajoelina, malheureusement traîne encore comme des boulets les dérives et autres fausses notes institutionnelles qui, déjà en 2013 lui avaient barré la route pour devenir un Chef d’Etat légitimé par une constitution sur mesure préparée pour. Non seulement, le patron d’une Transition de toutes les combines et de tous les trafics n’a pas su préparer le terrain pour réussir un come back, mais handicapé par la mauvaise réputation d’un entourage d’oligarchie de rapaces, il reste et demeure celui qui conduit une lutte populaire juste que des voyous de la politique politicienne avait transformé en un putsch condamné par la communauté internationale. Vis-à-vis de l’opinion, son charisme de meneur de la Révolution Orange a perdu sa respectabilité lorsqu’il s’est entouré des vieux signes comme Norbert Lala Ratsirahonana, tous ces arrivistes comme , Haja Resampa, Rolland Ratsiraka et Ramanantsoa Ramarcel Rabenjamina. Mais il y a plus grave, l’âge d’or de ses exportations illicites des produits prohibés datent du temps où lui Andry Rajoelina avait fermé les yeux sur ces activités illicites au détriment des recettes fiscales. Bref, malgré tous les espoirs que les habitants avaient fondé sur le DJ  arrivé à la tête du pouvoir, Jean Fremigacci à avouer ouvertement son pessimisme qu’au bilan de la Transition « Chaque crise laisse une ardoise, et celle de la crise en cours risque d’être particulièrement salée ». Comme pour donner raison à ce spécialiste de Madagascar, l’avènement de la 4ème République mal partie pour plusieurs raisons est des plus décevant. Sérieusement perturbé par ses maladresses et l’amateurisme désastreux d’une équipe sans aucun repère acceptable, l’ancien ministre des Finances et du Budget d’Andry Rajoelina s’est vu obligé de composer avec des alliés de circonstances avec des sensibilités à géométrie variable. Résultats : même si dans un élan d’autosatisfaction l’actuel Chef d’Etat déclare publiquement « remercier chaleureusement tous ceux qui par leur travail, leur dévouement et leur loyauté de chaque instant, nous ont permis de parcourir un si beau chemin, depuis quatre années, » il semble oublier « le plein déploiement des capacités de croissance de notre pays n’est pas encore au rendez-vous et que » surtout que « L’enclavement des provinces, dû aux manques de routes et de moyens de communication, la faiblesse des échanges entre régions. Et que par ailleurs, selon des experts crédibles de la Revue Africaine et du développement « Mauvaise gouvernance, affairisme et partage inégal des richesses sont au final quelques-uns des obstacles à la croissance et au développement durable de Madagascar. Un fossé permanent subsiste entre la population et une oligarchie dirigeante armée d’un pouvoir autoritaire régulièrement à bout de souffle. Les mêmes experts de conclure : Le pays, malgré le processus électoral de 2013, est aujourd’hui toujours dans l’impasse. » Constat confirmé sans équivoque par un article de Gérard Lafargue datée du 18 juillet 2017.  Il y a de quoi avoir froid dans le dos quand « le machin qu’on appelle l’ONU », dixit le général de Gaulle, selon cette source  livre au public une appréciation du genre : « Les Nations Unies se sont réunies les 10 et 11 juillet pour examiner la situation dramatique de la corruption à Madagascar. Et à un an de l’élection présidentielle, les deux candidats déclarés, l’actuel et l’ancien Président Marc Ravalomanana, offrent très peu d’espoirs de progrès aux Malgaches. » Avec la dégradation actuelle des relations entre les acteurs politiques et le régime en place, n’y aurait-il pas à craindre le pire ? Un débarquement des casques bleus pour encadrer une période électorale dans la confusion. Ce qui n’est pas souhaitable du tout, même si certains fous à lier ne rêvent que de çà !

 

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