La Gazette de la grande ile

Régime Rajaonarimampianina : D comme Désastre

Publié le 03 février 2018

 

Dans son dernier rapport annuel, la Coface, filiale du groupe bancaire BPCE et spécialisée dans l’assurance-crédit, place à nouveau Madagascar dans la catégorie D (tant pour les risques liés au pays que pour les risques liés à l’environnement des affaires) alors que la Grande Ile était dans la catégorie C en janvier 2015. Le régime de Hery Rajaonarimampianina fait mine d’ignorer l’information qui est pourtant capitale. Pour rappel, chaque année, la Coface attribue des notes par pays : A1, A2, A3, A4, B, C, D et E. La Coface définit la note D pour l’évaluation d’un pays, comme suit : « Les perspectives économiques et financières sont très incertaines. Le contexte politique est très instable. L’environnement institutionnel et des affaires est très difficile. La probabilité moyenne de défaut des entreprises est très élevée. » Toutes ces situations s’appliquent à Madagascar. L’utilisation à chaque phrase de l’adverbe « très » est décourageante pour les investisseurs. Dans ce même rapport, la Coface explique la note D pour l’évaluation de l’environnement des affaires, comme ci-après : « les bilans des entreprises sont souvent indisponibles et peu fiables. Le recouvrement des créances est très aléatoire. Les institutions présentent des insuffisances significatives. Le marché domestique est très difficilement accessible. L’environnement des affaires est très difficile ». Là encore, toutes ces situations se retrouvent à Madagascar. Eternelle mauvaise élève, la Grande Ile se situe au même niveau que l’Angola et Haïti. Seuls des pays en guerre, notamment la Lybie et la Syrie, obtiennent une note pire que Madagascar. La Coface conclut le chapitre sur Madagascar en ces termes : « l’environnement des affaires, souffrant de l’inefficacité du gouvernement et surtout de la corruption, demeure très dégradé. » La critique est sévère, mais juste et sans appel. Cette appréciation déplaît certainement aux dirigeants malgaches, mais elle résume la réalité. La mauvaise image de Madagascar contraste avec l’espoir suscité par le Sommet de la Francophonie à Antananarivo et la Conférence des Bailleurs et des Investisseurs à Paris. Loser magnifique, le régime a réussi l’exploit de transformer ces évènements majeurs en échecs. Chaque pas en avant est suivi de deux pas en arrière. Le régime se gargarise de ses réalisations microscopiques, mais on voit bien qu’il paie cher sur la scène internationale, la série de scandales financiers. Ces derniers se traduisent par une réticence justifiée des investisseurs étrangers. Quoi qu’il dise pour sa défense, le régime ne peut s’enorgueillir de la note continue D attribuée par la Coface. D comme… Désastreux, comme… Décevant. Si Hery Rajaonarimampianina reste au pouvoir jusqu’en 2030, Madagascar aura le temps d’atteindre la lettre Z comme… Zéro.

Folojaona

 

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