La Gazette de la grande ile

EDITO: A bon entendeur…

Publié le 06 février 2018

Le gouvernement ne bouge pas, l’Assemblée nationale fait la sieste même la nuit, la Présidence est constamment dans les vapes… Prière de ne pas les réveiller. Voilà donc trois honorables institutions de la République qui se mobilisent à fond  et sans répit pour le bien de tous les Malgaches. Iavoloha se montre d’ailleurs serein et prêt à affronter tous les dangers. En tout cas, pas de danger à l’horizon.

Il faut être désormais sérieux. Cependant, ni Ambohitsirohitra ni Mahazoarivo ne donnent l’impression de vouloir bouger les lignes. La patrie est dans  une sorte de stabilité, qualifiée de morbide, mais c’est le calme plat qui prévaut. A vrai dire, ce sont les Malgaches qui sont plutôt fatigués, résignés, affamés…

Ils n’attendent même plus à un quelconque miracle du Seigneur ou de la Vierge. Pire, la population se sent abandonnée, laissée à son propre sort. Certains pensent même que la mort ne veut pas d’eux. Ce qui est grave !

L’Etat a le devoir, l’obligation de se porter à leur secours. Mais personne ne se manifeste pour leur donner un petit coup de main. La grande partie des Malgaches, devant une telle situation, n’ont plus rien à perdre, et semble décider à franchir le Rubicon, voire à jouer, un jour, le tout pour le tout. La pauvreté n’a en effet jamais été aussi forte que cette année. Les hauts dirigeants en sont-ils conscients ? Non !

Qu’ils bougent donc, p… ! Des mouvements, des organisations se préparent pourtant quelque part à un petit « rotaka », qui peut devenir grand, à leur insu : ils se disent être les sauveurs de la patrie. Un beau matin, ils vont surgir, à Tana ou en province, de nulle part, afin de rétablir l’ « ordre républicain » (sic). En réalité, ce serait alors le désordre complet. Dommage que des conseillers, dits spéciaux, du Président de la République ne voient rien venir : tant pis ou tant mieux !

Que c’est loin l’époque durant laquelle la DGDIE (ex-police secrète) informait en temps réel, le chef de l’Etat, à la moindre agitation suspecte de l’opposition. Puisse un tel organisme répressif disparaître à jamais. Malheureusement, très peu de gens ignorent toujours que notre démocratie est encore fragile et risque de s’écrouler à tout moment.

Dans tous les cas, des citoyens, les forces vives de la nation, se dresseront contre ceux qui veulent piétiner la démocratie. A bon entendeur !

Franck Raharison

 

 

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