La Gazette de la grande ile

Madagascar : quelle élection ?

Publié le 06 février 2018

A force de trouver l’offre politique inadaptée au changement du monde, il arrive le moment où la question de participer aux élections se pose. Et malheureusement, le système est ainsi organisé que cela serait totalement impossible d’être élu. De nombreuses tentatives ont été faites à tous les niveaux d’élections par des candidats francs-tireurs et pas seulement des candidatures farfelues. En général, elles ont beaucoup moins de voix au chapitre dans le débat public. Les journalistes ont sans doute un petit de mal à prendre au sérieux des candidats venus de nulle part, sans le soutien d’un parti existant. De toutes les façons, les règles sur les équilibres de temps de parole dans les médias favorisent les gens déjà en poste (majorité, opposition, etc.) ou avec une présence dans les sondages. Le système politique malgache ne prévoit pas d’inviter à sa table des inconnus…quelles que soient leurs idées. On dira que la faute est à mettre sur le dos des électeurs qui, dans l’isoloir, se rabattent toujours sur les partis traditionnels. Ils passent leur temps à dénoncer l’immobilisme des politiques et au moment de choisir un bulletin, ils prennent toujours les mêmes. Et le seul moyen trouvé pour exprimer son mécontentement, c’est de voter pour le parti le plus rétrograde du troupeau. Voilà donc comment le système se protège de l’arrivée de « barbares » en son sein. Il ne risque pas grand-chose puisque se présenter en mode pirate est quasiment impossible et pas seulement pour des raisons d’organisation. Bref, l’élection joue un rôle important dans le développement d’un pays notamment en permettant aux citoyens de choisir leurs gouvernants, qui doivent conduire leur destinée et leurs représentants, qui rédigeront et voteront la loi en leur nom au  Parlement. Ainsi, l’élection est une délégation de Souveraineté. Elle constitue, au sein d’une société organisée, une « soupape de sécurité ».

Malalanirina

 

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