La Gazette de la grande ile

chronique: Le hit-parade de l’impunité

Publié le 07 février 2018

Pour les  artistes surtout, à certains moments  de l’année,  de préférence à la fin  de  celle  écoulée, avec l’aide du public, il  est procédé  au  classement «  des films, spectacles, des ouvrages littéraires, etc., par ordre décroissant de popularité… » Pour des  raisons purement  pédagogiques à l’endroit des lecteurs, il est nécessaire et même obligatoire de la part des médias  de livrer  au public  le classement «selon leur popularité, leur attrait, leur cote,… » et pourquoi pas de leur  niveau de  compromissions,  de leur capacité de nuisance de personnes et des  hommes politiques.

Est-ce vraiment  nécessaire à un moment où sur  tous les tons, les  responsables  étatiques de  ce pays  font  appel à l’opinion en faveur d’on ne  sait quel apaisement… Alors  que  d’un bout à l’autre  de l’île, selon un  confrère qui  traduit un constat général des  observateurs, il y a « l’insécurité  qui  atteint  son paroxysme à l’échelle  nationale, la société malgache vit  entre  assassinat  et kidnapping,  attaque à main   armée… » Pendant que des hautes personnalités  influentes de l’exécutif, quelques parlementaires corrompus en utilisant des juges  complices laissent faire les malfaiteurs.

Sous la plume de la même source, nous apprenons que « la situation qui prévaut dans le pays en revient à penser que l’Etat de  droit n’existe pas… », parce que, avait-il écrit, l’enracinement et la banalisation de la pratique de la corruption au niveau  de la société et des institutions sont devenus des réalités difficiles à cacher. Le  climat politique en  général et le  contexte  actuel de la conduite  des  affaires  étatiques  confirment clairement la  perte de  confiance entre  dirigeant et  dirigé « parfaitement palpable, conduisant à  des pratiques  qui  sont  censées être dépassées depuis des lustres (justice populaire)… La confiance en la justice n’est plus.» Dans une  situation qui ne peut que  favoriser les pires conjonctures pour le  temps  qui  reste du mandat  d’un président sortant d’un  régime en fin de règne, la population  a le  droit de savoir qui a fait  quoi, pourquoi et au profit de qui ? En  tête  de  ce  palmarès du  banditisme  de  haute  société (à  tout seigneur,  tout  honneur) selon un ordre  de préséance rétrograde,  figure en bonne place Marc l’apôtre  de « développement personnel rapide et durable ». Ra 8 pour  le commun  des mortels, caracole  en bonne place  au premier rang des voleurs de l’argent de l’Etat, avec selon Jeannot Ramambazafy « des centaines de milliards de fmg en billets de banque usagés destinés à être brûlés, ont été « récupérés » pour étoffer les caisses de Tiko et du parti Tim au pouvoir. (…)  », les retraits financiers auprès  du Trésor, les centaines  de milliards, les ponctions incontrôlables  et  incontrôlées de la chambre forte de la Banque vers les avoirs personnels du patron du  Groupe Tiko du début des années 2000 jusqu’aux  heures  sombres de mars 2009.  En  seconde  position, il  faut faire  figurer ce personnage insaisissable qui s’est  transformé  en courant d’air au point  de n’intéresser ni la  justice  de  ce pays,  ni la  Police  Nationale malgache, ni le Bianco,  ni la Chaîne  Pénale qui ne  croient pas  utile  de saisir  les  services  d’Interpol… D’après les  annales de l’époque et les  témoignages clairs de  Jeannot Ramambazafy  toujours, le  dénommé  Louis Ranjeva s’est permis « de piquer 60 milliards d’anciens francs à la banque centrale de Manakara pour devenir un esclave de l’argent (…) L’ex-directeur de la Banque centrale de Manakara, Louis Ranjeva, a été condamné à 15 ans de travaux forcés pour avoir détourné 12,6 milliards d’Ariary de la banque. Un Français, reconnu coupable de complicité, a été condamné à 10 ans.  Quinze ans de prison, pour avoir dérobé l’équivalent de 4,8 millions d’euros à la Banque centrale, dans son agence de Manakara. Tel est le verdict rendu vendredi soir par le tribunal de cette petite ville de l’est malgache contre l’ancien directeur de cet établissement Louis Ranjeva.  Ce frère de Marcel Ranjeva, l’ex-ministre des Affaire étrangères de Marc Ravalomanana, est en fuite depuis que les autorités tananariviennes de la Banque centrale ont découvert en 2007 le trou -phénoménal- de 12,6 milliards d’Ariary. Une somme détournée par ses soins entre 2005 et 2007. Louis Ranjeva aux  dernières nouvelles «jouit d’une totale impunité en Arabie Saoudite. » Sauf  changement  d’adresse  tactique et stratégique de dernière heure, pour les  besoins  de la cause de la mafia des voleurs  au col  blanc.

La liste  de  ces malfaiteurs  qui  ne  fréquentent  que le beau linge  et le monde  des grands noms de la politique, des  affaires,  de la  haute  finance et  pourquoi pas  des  affairistes, ces nouveaux  riches  des  trafics  en tous  genres (des femmes,  de l’or,  des minerais  rares,  des  tortues et  des  bois  de  rose) serait  trop longue à énumérer,  contentons-nous  des  grands  noms de  ceux  qui se  trouvent  dans  cette  sorte  de bottin d’une mafia très influente auprès des décideurs  qui ont marqué les  années 2002 jusqu’à nos  jours. Il  fut un  temps  où offusqué par le  laxisme patent  des forces  d’intervention contre les séries  de  rapts demeurés impunis, l’ambassadeur  Goldblatt a pris la peine de livrer  aux  autorités malgaches une  liste très  documentée sur le dossier  du kidnapping. Chose  étrange. Serait-ce  au nom  de  ce  prétendu  sacro-saint principe du  secret  de l’instruction rien n’a  filtré  jusqu’à ce  jour. Personne n’ignore sauf les  idiots et   ceux  qui ne veulent pas que les identités des personnalités  liées au monde interlope de l’enrichissement par le  rapt, se  sachent, il y a bel  et  bien  dans l’entourage  des  hauts  responsables  et de la magistrature des noms impliqués dans  ces  activités  criminelles. Car il ne  faut  jamais oublier que les trafics en tous  genres et  les enlèvements sont les  deux mamelles  de l’argent  sale. Certains  esprits mesquins se  demandent même si l’absence actuel  du Premier ministre Olivier Mahafaly n’est pas lié à cette récente révélation faite à  des journalistes sur les  dossiers d’enquête  en cours concernant quelques membres  de la  nomenklatura suspectés de  faire partie des cerveaux du  kidnapping. Sinon pourquoi  « Avant d’entamer l’ordre du jour, le Premier Ministre par intérim a invité les Ministres, en  charge de la sécurité publique, d’informer le Conseil sur la situation actuelle, notamment en ce qui concerne cette série de kidnappings ayant frappé la Communauté indienne de nationalité française ». Lequel « Conseil de Gouvernement s’est tenu ce Mardi 06 Février 2018, à partir de 9h au Palais d’Etat de Mahazoarivo, sous la houlette de Monsieur RAMANANTSOA Marcel Benjamina, chargé de l’intérim du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, selon le Décret N°2018-097 du 02 Février 2018. »  C’est comme  si, après l’allusion du Chef  de  gouvernement, quelque part on  craignait on ne sait  juste  quoi ? Et qu’en toute urgence selon le communiqué officiel « les trois Membres du Gouvernement en charge de la sécurité, la Ministre de la Justice et celui des Affaires Etrangères tiennent, dans les plus brefs délais, une réunion avec les représentants de diverses Communautés indiennes dans la Capitale pour que, de concert, les participants accouchent des stratégies, efficaces et fiables, dans le but de mettre un cran d’arrêt définitif à ce fléau. Ou bien encore,  pour  éviter les dégâts collatéraux que finiront par entraîner les confidences du locataire  de Mahazoarivo ? Parce ce qu’au final les éléments  révélateurs des compléments d’enquête d’un Premier ministre  deviennent de plus  en plus  gênants à mesure  que  ce dernier  exerce pleinement  ses  attributions régaliennes au point  de  devenir une menace pour la tranquillité perverse de l’enrichissement illicite  au sein  du pouvoir.  Quoi qu’il  en soit, la fausse-vraie zizanie entre Mahazoarivo et le parti  HVM a atteint le point  du non-retour fatal pour ceux  qui  s’imaginent qu’ils peuvent encore  remettre en  selle Hery Rajaonarimampianina lors  d’un  verdict  des  urnes sans Olivier Mahafaly aux  commandes de l’Administration  Territoriale. Le  régime doit  faire  avec. Trop  tard pour  changer le fusil  d’épaule… On ne  change pas chef d’orchestre comme on change  de marque  de préservatif. Qui veut parier ?

 

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