La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE DE N. RAZAFILAHY: 2008-2018 : Une décennie de décadence

Publié le 08 février 2018

Depuis que le « vendredi 10 novembre, le président malgache s’est exprimé sur la réforme des lois électorales pour préparer la présidentielle de fin 2018. La société civile est favorable aux réformes, mais ce qui l’inquiète c’est la cadence à laquelle le président veut les mener.» ll s’agit de « financement des campagnes électorales, des partis politiques ou encore de la loi sur la moralité et le comportement des candidats. (…) que l’objectif de ces réformes est de préparer des élections démocratiques et transparentes. « « Les réformes et les rectifications effectuées seront publiées pour que tous les Malgaches en soient informés ». Commentaires des médias : « Pour le régime en place « ces lois électorales seront adoptées et promulguées directement et seulement rendues publiques ensuite. La population, les partis politiques qui n’ont pas de représentants au Parlement ainsi que la société civile seraient donc mis au pied du mur sans avoir pu prendre connaissance des avant-projets de ces lois. » A l’heure où les rescapés de la tuerie du 7 février 2009 devant le Palais présidentiel d’Ambohitsorohitra, tous mouvements qui ont participé au devoir de mémoire d’hier, se souviennent et s’engagent à continuer la lutte populaire qui prendra corps pour s’exprimer lors de l’élection présidentielle de 2018.

Tout le monde est unanime pour constater avec amertume qu’en fin de compte, les martyrs de cette époque sont morts pour rien : parce que le bilan de ces dix dernières années est tout ce qu’il y a de plus décevant. Ni les responsables d’une Transition qui n’a fait que permettre aux « maîtres traditionnels du pays depuis l’oligarchie du XIXe siècle jusqu’à l’oligarchie coloniale et à celle des Républiques qui ont suivi, qui se sont régulièrement taillés des rentes de monopole en profitant du pouvoir pour s’emparer des meilleures affaires ». Dans le cadre d’un système né d’un juste mouvement insurrectionnel légitime, la Révolution Orange avait cependant énormément déçu et la 4ème République qui a pris le relais, elle aussi s’est fourvoyée dans les dédales d’une mauvaise gouvernance qui n’a pas réussi à se débarrasser ni de la corruption, ni de l’influence des trafiquants d’or, de minerais rares, des bois de rose cordons, ce cordon ombilical malsain auquel les décideurs du régime est lié par cupidité. Après la fuite honteuse d’un Marc Ravalomanana qui s’est exilé en Afrique du Sud après avoir pratiquement pillé le pays au profit de son empire industriel, Andry Rajoelina et une bande d’opportunistes qui se sont comportés comme de véritable voyous en abusant des prérogatives étatiques n’ont pas réussi à mériter la confiance et l’espoir que la population avait pour eux. L’équipe suivante qui avait été mise sur les rails par un processus électoral imposé à distance par la communauté internationale n’a pas fait mieux. A force de s’empêtrer dans les engagements des promesses séduisantes qui ne sont pas suivies de concert, mais d’opération de politique-spectacle par le biais des déclarations d’intentions retentissantes et les inaugurations au relent de propagande, les dirigeants actuels n’arrivent point à convaincre les habitants de leur bonne foi. Parties prenantes et même membres actifs de la Transition, les responsables issus du parti présidentiel HVM n’arrivent pas faire face aux engagements solennels pris lors du début du mandat de Hery Rajaonarimampianina.

A ce moment, où tous les esprits se tournent vers l’échéance électorale de 2018, les mauvais souvenirs des années qui, en principe auraient dû permettre une « émergence» tant souhaitée par toute l’île, les barons de la Transition n’ont fait que s’enrichir au nom de leurs compatriotes en servant de valets collaborateurs aux grandes compagnies minières de tous pays. Les accords obscurs sur les ressources de Soalala et le sort réservé finalement au «virement dans la caisse de l’État du droit de mise à disposition de 100 millions de dollars dont la première moitié de cette somme, c’est-à-dire 50 millions de dollars, est déjà versée à la Banque Centrale, et la seconde moitié sera virée le 10 juin prochain,(…) » Mamy Ratovomalala, ministre des Mines et des Hydrocarbures présent sur les lieux au début du mois de juin 2010, pour « préparer la population techniquement et psychologiquement à l’arrivée et à la mise en œuvre du projet d’exploitation du minerai de fer à Soalala », va même jusqu’à ajouter « qu’à part cette somme de 100 millions de dollars, 4,5 millions de dollars seront versés toujours par le Consortium WISCO pour réaliser les projets de développement durable. » Le projet comme les sommes mentionnées semble aujourd’hui être parties en fumée pour ne pas dire dans les comptes discrets du ministre et qui sait d’autres décideurs en haut-lieu… Il s’agit d’un exemple parmi tant d’autres sur les gestions douteuses de ce temps-là. Pendant qu’un peuple en état d’appauvrissement rampant est berné avec les opérations de ravitaillement trompeuses de riz vendu à bas prix (vary mora) aux consommateurs naïfs et dupés. C’était l’apogée de l’exportation effrénée des produits prohibés ilménite et bois de rose surtout. A propos de ceux qui croient diriger actuellement le pays, sans compter ce penchant scandaleux à une violation à répétition de la Constitution, ils ne peuvent pas se targuer de chercher réellement le bonheur de ce pays. Même s’ils ne ratent aucune occasion pour faire croire qu’« un an après notre prise de mandat, nous avons su rétablir la confiance de la communauté internationale envers notre pays, et en prouver le dynamisme et l’ambition de progrès. » Dans la réalité des faits, les experts et observateurs des organismes internationaux crédibles n’hésitent pas à constater de manière officielle que « plus de 80% de la population vit sous le seuil de la pauvreté. Malgré des perspectives globalement positives, la montée des tensions et de l’incertitude politique à l’approche des élections 2018 constitue un risque significatif dans un pays qui se remet à peine d’une crise politique majeure. » Aux yeux de la population, le contexte actuel vicié par une mauvaise gouvernance latente n’excuse surtout pas le laxisme et l’insécurité mal maîtrisée (banditisme urbain et rural, prolifération des actes de kidnapping…). Lorsque certains parlent d’impasse pour l’élection de 2018, d’autres à cause de « l’épineuse question d’éligibilité des candidats potentiels Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina » et qu’« un éventuel report des élections en 2019 » selon les analystes de COFACE « pourrait mettre le feu aux poudres » La mèche lente d’une situation explosive n’attend que la moindre étincelle d’effervescence parce que « l’environnement des affaires, souffrant de l’inefficacité du gouvernement et surtout de la corruption, demeure dégradé, » déplore la même source. La dernière synthèse de COFACE a mille fois raison de souligner une éventualité qui donne la chair de poule : « le président Hery Rajaonarimampianina qui a souvent dû faire face à la grogne sociale dans un pays qui souffre de la pauvreté, de la corruption et d’infrastructures déficientes, devra certainement batailler pour rester en place. » C’est une évidence: « « si vis pacem, para bellum » … Pour ce faire, il dispose déjà d’un gouvernement de combat. Il reste à savoir si le président va compter sur les 900 soudards formés par un certain Houcine Arfa ou bien sur les compétences administratif d’Olivier Mahafaly et du savoir-faire territorial son département capable de gérer les prochaines consultations électorales avec un professionnalisme évident et cybernétique, s’il le faut…

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