La Gazette de la grande ile

EDITO: Le silence n’est plus d’or…

Publié le 08 février 2018

Maintes fois évoquées dans nos colonnes, le silence assourdissant de la classe politique et maintenant celle du personnel économique inquiète plus d’un. Pourtant, devant l’immobilisme du staff dirigeant de l’île, il y a de quoi crier… Le monde des affaires, par exemple, n’a été aussi muet qu’en ce moment. Le GEM, le FIVPAMA, le SIM, etc., se murent  derrière un silence en béton… armé. Une situation qui fait sourire et interpelle des chancelleries ainsi que des bailleurs de fonds institutionnels. En effet, la censure n’existe plus dans ce pays, particulièrement à l’endroit des investisseurs locaux et étrangers, mais ce mutisme ambiant fait parfois peur. Ne rien dire, face aux agissements des autorités, est incompréhensible.

La résignation des Malgaches, face généralement à l’injustice, est légendaire. Cependant, il ne faut pas en a… abuser. En ce bas monde, le silence n’est plus d’or. Seuls les gueulards ont raison. Aussi, ne faut-il pas s’étonner si l’opposition ne réagit pas face aux actions critiquables, peu judicieuses des gouvernants. La peur de dénoncer publiquement, haut et fort, toute sorte d’injustice s’inscrit-il dans notre ADN ? Pas du tout !

Qu’on se le dise, le silence, de nos jours, n’est plus d’or. On peut même dire que le silence est souvent complice des fautes des uns et des actes répréhensibles des autres. Dans tous les cas, notre Histoire est jalonnée de silence qui a contribué à la « défaite » des Malgaches.

Le silence doit désormais être banni. Un bannissement qui peut aider à connaître notre passé récent, voire à dénoncer les crimes d’autrefois… Ce n’est pas ici une idée de vengeance, mais seulement de vouloir rétablir la justice, trop longtemps bafouée.

Le silence ne doit plus être une arme pour dissimuler, effacer les horreurs du passé et celles du présent. Le silence ne doit plus aussi être un instrument dans le but de favoriser… l’impunité.

Franck Raharison

 

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