La Gazette de la grande ile

Infrastructures de désenclavement: Qu’en est-il de la situation et des solutions ?

Publié le 08 février 2018

Dans la situation actuelle plusieurs régions de Madagascar et surtout en  zones rurales demeurent enclavées. Le secteur agricole se voit ainsi pénalisé par les difficultés dans l’acheminement des intrants et la sortie des produits d’autant plus que les zones productrices sont souvent les plus enclavées. Les coûts de transport élevés érodent la compétitivité des produits malgaches sur les marchés nationaux et internationaux.

Plus, d’après les données du Programme de développement des filières agricoles inclusives (DEFIS), il est fait état que durant une longue période, et même jusqu’à ce jour, les régions du sud, notamment Androy et Anosy sont cruellement handicapées par l’état de dégradation de la route principale RN13 entravant ainsi la circulation en toute période de l’année. Pendant la saison des pluies, surtout après passage de cyclone, cet axe devient impraticable et les deux régions sont presque enclavées. Le Gouvernement malagasy, dans sa planification actuelle, accorde la priorité sur l’aménagement routier dans le sud du pays avec l’appui des PTF. En effet, d’après les informations recueillies auprès du responsable du Ministère des Travaux Publics, les grands axes qui sont la RN10 reliant le district d’Ambovombe (région Androy) et Tuléar (région Atsimo Andrefana) et la RN13 entre Ambovombe et Fort-Dauphin (région Anosy) font parties des routes à réhabiliter dans les prochaines années. Les autres routes nationales font l’objet d’entretien courant à travers le Fonds d’entretien routier.

Sur la côte Est, le transport fluvial via le Canal de Pangalane est une alternative d’accès aux pôles de développement, mais parfois, il constitue la seule possibilité pour accéder dans des zones à fort potentiel agricole comme le district de Nosy Varika dans la région Vatovavy Fitovinany. La réhabilitation annoncée du Canal de Pangalane contribuerait au désenclavement des régions Vatovavy Fitovinany et Atsimo Atsinanana.

L’investissement dans le cadre de DEFIS concerne les pistes de désenclavement (piste communale) et les pistes d’interconnexion entre plusieurs bassins; les routes nationales étant sous la responsabilité du Ministère des Travaux Publics.

Conformément à la Politique et stratégie de transport rural, la méthodologie « travaux à haute intensité de main d’œuvre » conduits en approche structurée (HIMO structurée) est autant que possible préconisée. Cette approche vise à optimiser l’emploi de la main d’œuvre locale, en fournissant des revenus supplémentaires à la population, sans pour autant exclure le recours à des équipements lourds.

Préalablement à l’exécution des travaux, DEFIS va appuyer le renforcement des capacités des acteurs tels que les maîtres d’œuvre (bureaux d’études), les entreprises de travaux, les mains d’œuvre locale en technique d’aménagement de piste par l’approche HIMO, et les maîtres d’ouvrage (communes) en gestion et entretien des routes aménagées selon cette même approche.

L’intervention de DEFIS sera toujours menée en synergie et en complémentarité avec les autres acteurs : l’Etat, les projets financés par les PTF, les activités des ONG. A ce propos, le Ministère des Travaux Publics envisage d’appuyer les communes rurales situées particulièrement dans des zones d’intérêt économique, entre autres les pôles de développement agricole. L’appui consiste à la fois à aménager les pistes de désenclavement et à renforcer les capacités des responsables des communes en matière d’entretien des pistes aménagées.

Les activités consisteront à réhabiliter/aménager des pistes en terre par des travaux de reprofilage, une mise en œuvre d’une couche de roulement avec des matériaux sélectionnés. La chaussée sera équipée d’un système d’assainissement adéquat et des dispositifs de protection contre l’érosion. Selon les cas identifiés à l’issu d’un diagnostic, les activités pourraient comprendre, outre les travaux sur les tracés des pistes, la réhabilitation /construction d’ouvrages de franchissement, le traitement de points critiques sur certains axes. La possibilité d’autres options de circulation fera l’objet d’étude détaillée et sera réalisée lorsque le Programme entre en vigueur.

 

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