La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE: L’art de noyer le poisson pour durer au pouvoir

Publié le 09 février 2018

De  tous  côtés depuis l’avènement du  régime actuellement  en place, en chœur avec les prélats des Eglises, tout le  monde  est  unanime pour  reconnaître sans pourtant  exagérer, que « l’amour des richesses illicites, la corruption et l’argent dicte la gouvernance au  détriment de la compétence et de la sagesse. » Et pour  bien  faire  comprendre leur constat apostolique, ils  dénoncent purement et simplement les  « maux qui  gangrènent le pays  dont la corruption, le mélange des  affaires du parti avec  celle de l’Etat, insécurité, la paupérisation de la population et les pillages  des richesses  du pays. »Et le FFKM de déplorer «le manque de  transparence sur les accords de  coopération relatifs à l’exploitation des  richesses  naturelles du  pays» sans oublier les informations du parti au pouvoir HVM qui « accaparent les médias  publics dont la TVM et  RNM… » Malgré toutes  ces critiques d’une  réalité flagrante, les  responsables  étatiques refusent d’admettre qu’ils sont dans le tort et qu’ils doivent se ressaisir pour faire amende  honorable. Pour ce  faire, de la base à l’échelon  supérieur du pouvoir, ils devront  désormais emprunter le droit chemin de la recherche du développement réel de  Madagascar au lieu de chercher « à noyer le poisson » en  essayant par tous les moyens « d’éluder les choses publiques préoccupantes, de créer une confusion pour se défaire des situations qui  embarrassent.  En  sachant  trop bien qu’il  est dans la  pratique, déjà qu’il est difficile de noyer un poisson qui vit en permanence dans l’eau.

Après les multiples  successions  de compromissions institutionnelles et  financières,  des grosses  bavures et des  scandales  retentissants déshonorables qui  avaient  émaillé ces années très perturbées d’un mandat qui va se terminer dans les  conditions les plus inquiétantes et  combien dangereuses pour toute la population, tout dépend de la menace  que  représentent les  conditions qui seront imposées pour la  réalisation de la prochaine élection présidentielle.  Sans  désemparer, le parti présidentiel HVM, cette machine politique du régime, ne  rate aucune occasion pour faire  avaler aux habitants des quatre coins de l’île, les  couleuvres  des  ratés  et  des  échecs qu’on essaye de banaliser par des diversions difficiles à digérer. L’inauguration de ces manipulations  de l’opinion  avait commencé officiellement avec l’usage périodique et sérieusement déformé de l’article 54 de la Constitution qui stipule pourtant en toute clarté que « Le Président de la République nomme le Premier ministre, présenté par le parti ou le groupe  de partis majoritaire à l’Assemblée nationale. » Sous le couvert de l’article 45 de cette même loi fondamentale en s’abritant derrière cette précision pourtant hermétique qui désigne le président pour être « le garant, par son arbitrage, du fonctionnement régulier et continu des pouvoirs publics, (…) » le Chef de l’Etat  croyait ainsi tout  se permettre. Le  commun  des  mortels  ne peut alors que  s’étonner  et  crier au scandale en se demandant sérieusement comment un président élu dans la foulée avec les députés  et qui n’a aligné aucun  candidat  sous sa bannière pouvait-il se prévaloir d’avoir rempli les conditions requises pour  désigner un Premier ministre ? Pour dissimuler toutes ces machinations  tactiques, le  système n’a pas  peur de recourir aux pratiques les plus inimaginables et en particulier l’argument des enveloppes bourrées de billets de banques… On ne s’arrête pas en si bon chemin sur la voie programmée par l’Exécutif «afin d’amener la population à soutenir des décisions, prises plusieurs jours, plusieurs mois plus tôt (dans la discrétion par les  gouvernants) » Cette pratique vicieuse de la conduite des affaires étatiques s’applique à tous moments pour passer sous silence les exportations illicites des produits prohibés des mines, des  forêts et même des  recettes fiscales (l’or, les pierres précieuses, les  bois  de  rose, les organes humains, les animaux et minerais  rares). A la grande  joie des  nouveaux riches favorisés par ces activités illégales juteuses qui rapportent des  centaines de millions de dollars avec l’aval tacite de très  hautes personnalités.

Comme il  fallait  s’y  attendre, avec la reconnaissance  du ventre, même dans les plus respectables institutions, pour faire taire une opinion publique  fortement  rétive, on invente tout un arsenal d’arguments  juridiques allant d’un « pacte  de  responsabilité »  vaseux à des propositions d’application de lois scélérates. Il est même arrivé que pour masquer le retard de l’installation de la Haute Cour de  Justice (une juridiction hautement  dangereuse pour une  équipe de dirigeants, de quelques hauts fonctionnaires qui, de par leurs  compromissions et leurs prises de  décisions, sont passibles de poursuites pénales)… L’article 167 de l’actuelle constitution énonce et dicte clairement un délai préfixé de 12 mois à compter de l’investiture du Président de la République pour  satisfaire l’exigence constitutionnelle non exécutée jusqu’à la date d’aujourd’hui. A noter également que derrière des procédées dilatoires d’une saisine au niveau  du Conseil  d’Etat, le pouvoir  a failli manifestement à  son  devoir de prendre le décret de  nomination des membres du HCDDED dans  le respect du temps impérativement prescrit par les  textes. Ce qui fait que l’argument soutenu par l’Avis de la  HCC lors de la procédure de requête en  déchéance du Président de la République fondé « sur le défaut de mise place de la Haute Cour de la Justice selon lequel il  s’agit d’une obligation de moyen car le HCDDED n’est pas  encore  installé, n’est plus  valable… » Sans craindre  les  risques  de  sanctions  constitutionnelles prévues par  des  textes  encore en vigueur au très haut niveau de l’Etat, l’obligation de veiller à « ‘intégrité territoriale » n’est plus  respectée. Alors  qu’il est clairement prévu dans les Principes Fondamentaux dans l’article 1, avant-dernier et dernier alinéas de cette loi fondamentale que le premier président de la 4ème  République se  propose de modifier « Nul ne peut porter atteinte à l’intégrité territoriale de la République » et que « Le territoire national est inaliénable ». De  deux  choses l’une, ou  bien les observateurs

sont sujets à des

« visions hallucinogènes » ou bien nos  décideurs  étatiques  sont  en train d’aller  tout droit  vers la  pente dangereuse en direction de ce gouffre honteux à partir de la voie tracée par un Marc Ravalomanana avec  «le projet de location, pour 99 ans, de quelque 1,3 million d’hectares de terres agricoles à l’entreprise sud-coréenne Daewoo Logistics ». Bref, pour jouir d’une longévité injuste sur  des  administrés sous  contrôle et  soumis à la loi d’on ne sait plus quelle majorité x démocratique de  fait,  nos  dirigeants  cherchent à  soumettre tout un  peuple  à « une régularité mécanique, tel un automate sans défense, dépourvu de volonté propre. » Avec les  conséquences  des  dégâts des  détériorations  climatiques, la panique créée par l’épidémie de la peste, les frasques rocambolesques d’Houcine Arfa étiqueté comme l’« Homme qui  fait  trembler le régime », les  ragots  sur  les  risques  de la mise  à l’écart du  Premier ministre  Olivier Mahafaly en voyage pour un  bilan de  santé, assaisonnés avec les prétendues visées institutionnelles d’un  Rivo Rakotovao, il faut  comprendre que quelque part on s’amuse à « créer une confusion pour se défaire des situations qui  embarrassent. »

BREVES  :

Les  investisseurs mauriciens qui ne  voient pas  venir les  conditions administratives  et les  bases  législatifs d’une  future installation  dans un  Z.E.S  du côté  de  Fort-Dauphin sont  en  train  de  voir  ailleurs. Des indiscrétions difficiles à  vérifier  font  état des installations  effectives  sorties  de terre, réalisées, fonctionnelles  dont  certaines  déjà opérationnelles  sur le continent  voisin. Les  partenaires prévus par les  autorités malgaches semblent avoir préféré se  tourner  ailleurs où toutes les conditions requises sont  favorables. A Madagascar, le  flou  artistique des travaux préliminaires illusoires d’une  bande de techniciens locaux incapables de déblayer le terrain juridique au niveau même de la Haute Cour Constitutionnelle et dans la  cour même de la puissante  Rio Tinto a fini par  décourager les  Mauriciens.

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