La Gazette de la grande ile

Autosuffisance en riz en 2020: Arrêtez de délirer !

Publié le 12 février 2018

Harison Randriamanana, Ministre auprès de la Présidence en charge de l’Agriculture et de l’Elevage a récemment promis que « Madagascar atteindra l’autosuffisance en riz en 2020 ». Cela fait des décennies qu’on entend ce leitmotiv. Cette musique de fond est lassante, surtout lorsqu’on constate que le prix du riz ne cesse de flamber, que les importations de riz de mauvaise qualité se poursuivent et que la famine continue à sévir. Tel un enfant qui veut se rendre intéressant, le Ministre Harison Randriamanana reprend à son compte le mythe de l’autosuffisance en riz. En se fixant 2020 comme objectif, il se trompe probablement d’année ou de décennie. Il voulait sans doute dire 2030, mais non pas 2020. En effet, selon le Chef de l’Etat, tout ira bien en 2030 et tous ses Ministres le suivent dans son délire messianique et dans ses « chemins qui ne mènent nulle part » (Heidegger). Le Ministre Harison Randriamanana  a beau vouloir résoudre l’énigme du mal, il est impossible que la Grande Ile parvienne à l’autosuffisance en riz en 2020, c’est-à-dire dans deux petites années. Pour atteindre l’autosuffisance en riz, il faudrait, au niveau de la production, doubler la productivité à l’hectare et améliorer les systèmes d’irrigation. Il faudrait, au niveau de la commercialisation, faciliter les conditions de stockage et favoriser la collecte du riz à partir des zones enclavées. Ce n’est pas parce que Dieu a créé le monde en 7 jours que le Ministre Harison Randriamanana pourra surmonter tous les problèmes de la filière rizicole en 24 mois. La prophétie du Ministre transpire la propagande électorale puisque le riz reste l’aliment de base des Malgaches. Elle empeste également le désespoir. Il n’y a rien de plus pathétique d’un Ministre qui dit n’importe quoi pour être reconduit à son poste. On ne répètera jamais assez que les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Madagascar atteindra peut-être l’autosuffisance en riz dans un demi-siècle.

Phil de Fer

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