La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE DE N. RAZAFILAHY: Les coulisses de la manipulation d’une lutte populaire…

Publié le 12 février 2018

Après presque  dix ans, des zones  d’ombre restent  encore à mettre  en lumière sur la tuerie du 7 février 2009 qui avait coûté la vie à des martyrs  sacrifiés  sur l’autel  d’une prise de pouvoir dans  des  conditions très légitimes au départ. Appelé à  s’exprimer à  chaud à l’époque Marie-Claire Gérardin, la chargée d’affaires de la France à Madagascar lors d’une conférence de presse de l’UE avait déclaré : « Le mouvement de protestation, de mécontentement qui s’exprime dans les rues prouve qu’il y a un profond malaise dans la société malgache. Pour ajouter aussi : « C’est en ce sens que nous appelons au dialogue ». Il était  évident qu’après les années catastrophiques pour  le pays d’un pouvoir oligarchique très personnel de Marc Ravalomanana, sous la conduite d’Andry Rajoelina, 34 ans le maire  de la capitale, un mouvement de  contestation très suivi depuis les derniers jours de 2008 a  fini par avoir  raison de la résistance du dictateur. Jour après jour, l’insurrection a pris  de l’ampleur. Sur  fond  d’un profond malaise, la crise s’installe. Mais pour en finir avec un obsédé du  pouvoir qui refuse de lâcher prise, les meneurs de  ce  qui va devenir la Révolution  Orange,  au lieu  d’opter pour une voie acceptable pour l’opinion internationale avait préféré pousser l’ancien maire de la capitale à s’autoproclamer sur la place  historique de la  Place  du 13 Mai en plein cœur de la capitale…

Selon les  annales de l’époque, ce raidissement de la situation « a abouti à la mise en place d’une Autorité de transition visant à destituer le président en place. Andry Rajoelina a été nommé à la tête de cette « Haute Autorité de transition». Il a de suite nommé « son » Premier ministre, Roindefo Monja, un homme politique de Tulear (sud-ouest). Ce dernier sera chargé d’un « gouvernement d’unité nationale où toutes les régions seront représentées », a déclaré Andry « TGV », le surnom que lui ont donné ses supporters pour son caractère fonceur. Cette journée qui restera mémorable dans l’histoire du pays prendra une  tournure  sanglante et  dramatique lorsque la  foule de manifestants  rassemblés  ce matin-là Place  du 13 Mai fait mouvement pour se  diriger vers les  bureaux  du Palais  président d’Ambohitsorohitra, afin  d’y installer le Premier ministre du mouvement. Les  évènements déplorables  qui ont  suivi et en provoquant la mort de plusieurs manifestants tués par balles ont  été diffusés  en boucle par  tous les médias  du monde pour rester dans les  témoignages des historiens du Samedi Noir…C’est là le  volet  connu  du  grand public, sauf  que les préliminaires  des  manœuvres  et actions  commises   ce  jour-là  de part  et  d’autre des  antagonistes restent encore à étayer par  les  chercheurs. Pour sa part, Charles Andrianasoavina témoigne  et  déclare par voie de presse même(Voir Médiapart du 28 novembre 2012) qu’ « officier d’active dans l’armée Malagasy portant le grade de Lieutenant Colonel dans le corps du 1er Régiment de Transmissions et de Services et détaché à l’EMGAM (Etat Major Général de l’Armée Malagasy), ne souffrant d’aucune maladie psychiatrique pour ainsi dire sain d’esprit, sans aucune   contrainte ni corruption décide après mûre réflexion par la présente de dévoiler au Peuple Malagasy et à la Communauté Internationale les faits auxquels j’ai assisté sur le coup d’Etat de Mars 2009, (…) et le rapport d’expertise concernant la tuerie du 07/02/2009. Je précise qu’au cours de mes longs mois d’hospitalisation, je n’ai jamais été vu ni par un Neurologue ni par un neuropsychiatre encore moins par un Psychiatre. J’avoue que je faisais partie de ceux qui ont participé activement aux manœuvres de déstabilisation depuis Janvier jusqu’à la prise du pouvoir le 17 Mars 2009 en précisant d’emblée que le commanditaire de ce coup d’Etat est le Président de la Transition actuelle Andry Nirina Rajoelina. Je reconnais la gravité de telle déclaration mais ayant perpétré un acte répréhensible vis à vis de mon pays je suis prêt à en assumer les conséquences… »

Certaines personnes se  demanderont sûrement pourquoi remuer la  boue sur ces  évènements à un moment où tous les  acteurs politiques  concernés  et  impliqués  dans ces périodes obscures de l’histoire de  notre pays  s’accroche aux  vertus purificateurs  et  hautement souhaités d’on ne  sait  quelle  forme  de tolérance  injuste  d’une réconciliation inopportune à leur  endroit ? La réponse précise  se  trouve dans  cette  déclaration  circonstanciée du  Colonel Charles Andrianasoavina sur le fond  de son  engagement  dans les  évènements de 2009: «Il a été convenu entre Monsieur Rajoelina et moi-même avant de perpétrer notre acte que la transition ne dure pas plus de 24 mois. J’ai contraint Monsieur Rajoelina à signer l’accord de Maputo mais qu’il ne l’a pas du tout appliqué… Par ailleurs, j’ai appris que le massacre du 07 Février a été exécuté par des éléments du Commandant Lylyson René. J’ai manifesté mon indignation à Monsieur Rajoelina qui m’a simplement répondu que c’est le prix à payer. » Dans une de  ses multiples  confidences aux médias, le même colonel Charles va même jusqu’à préciser que : « Je n’ai pas encore adhéré au camp Rajoelina à cette époque. Je n’ai créé le Collectif des jeunes officiers que dans la nuit du 7 février. Deux semaines après, c’est-à-dire, le 21 février, un Officier de la Gendarmerie nous a fait savoir que c’est Lylison qui a tiré à Ambohitsorohitra. Je vous donnerai le nom de cet Officier supérieur quand le moment sera venu… » Le moment  est  venu de livrer  au  grand  jour dans  quelle disposition  d’esprit  se  trouve tous ces ambitieux  qui convoitent le pouvoir  et  qui une fois parvenus à la tête de la conduite  des  affaires  de l’Etat perdent le  sens  de « la parole donnée » et ne craignent  pas de  renier les  engagements civiques qu’ils ont pris pour  parvenir aux objectifs égoïstes qu’ils ont  visé. Obnubilés par l’ivresse  de la  gloire,  des honneurs  et des  vanités mondaines, ils  s’enfoncent  dans la  cupidité de l’amour  effréné de l’argent sale afin de vivre  dans le  confort  et le  luxe  de l’enrichissement illicite(des immeubles coûteux et  avoirs  à l’extérieur). C’est  ce  que nous  voyons et apprenons  autour de nous depuis qu’ils ont réussi à nous  faire  croire de manière abusive qu’ils ne  cherchent que le  bonheur du peuple de  Madagascar. Dans  d’autres  révélations médiatiques, le  repenti sincère qui s’est  senti berné avoue même avoir  eu accès à des éléments  de preuves tangibles  qui donnent envie de  vomir sur les préparatifs  de ces manipulations criminelles et les  comportements de ces personnalités qui pour les uns  et les  autres  avaient  pratiquement  envoyé à l’abattoir des  compatriotes. On aurait pu comprendre leurs choix cyniques  s’ils avaient réellement agi par la suite dans le sens des intérêts  supérieurs  de la nation. Libre à nous  tous  de faire  encore preuve  d’aveuglement pour confier le  destin de  toute une nation à des individus aussi  détestables.

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