La Gazette de la grande ile

EDITORIAL: Nosy Be paradis inaccessible

Publié le 12 février 2018

Une émission de 50 minutes inside consacrée à Madagascar était focalisée sur Nosy Be et Anjajavy. Voir cela ne peut que faire rêver les Malagasy dont beaucoup n’ont jamais mis les pieds à Nosy Be et la plus grande majorité si ce n’est les 99%ne pourra jamais mettre les pieds sur l’île d’Anjajavy. En effet, si certains disent que Nosy Be se mérite, en fait la réalité est que Nosy Be est simplement inaccessible. Par avion le prix du billet est hors de prix pour un ménage malagasy moyen, par la route il faut beaucoup de courage vu l’état de la RN6 autrefois le plus bel axe routier malagasy, mais aujourd’hui dans un état de dégradation plus qu’avancé à partir d’Ambondromamy jusqu’à Antsiranana. Le petit tronçon entre Ambanja et Ankify pour prendre les bacs est un parcours périlleux également. Aussi pour que les Malagasy arrivent jusqu’à Nosy Be il faut des économies et une bonne santé, alors pour que les Malagasy arrivent à Anjajavy tant vanté dans le documentaire cela relève de la stratosphère. L’inertie du ministère du tourisme est aussi à déplorer, certes chaque ministre qui se sont succédé à la tête de ce département ministériel sort des chiffres cibles en terme de venue de touristes mais n’y a- t- il pas, comme à l’Ile Maurice par exemple, une politique pour permettre aussi aux nationaux de découvrir ces joyaux rares de l’hôtellerie de luxe en appliquant des tarifs à la portée des nationaux durant la basse saison ? À Nosy Be, bon nombre d’hôtels sont fermés durant la basse saison et de toutes les façons les tarifs sont hors de prix que peu de Malagasy vont pouvoir passer ne serait-ce qu’une nuitée dans ces endroits tant vantés par les publicités sans parler des villas de luxe en location avec un tarif en euros, c’est dire la clientèle visée par ces propriétaires de villas qui sont des étrangers.  En ce sens , l’île de Nosy Be est un paradis inaccessible pour les nationaux…Il n’est pas inutile non plus de préciser que ceux qui y habitent ou ceux qui ont la chance d’y aller découvrent avec horreur l’état des routes de Nosy Be pourtant joyau du tourisme, des routes coupées dès les premières pluies sans autre alternative car il n’y a qu’un seul axe qui relie le sud de l’île vers le nord de l’île ; ceux qui y habitent ou qui ont la chance d’y aller découvrent avec effroi le prix des légumes, des fruits et autres denrées alimentaires. Alors le magazine 50 minutes inside consacré à Madagascar et focalisé sur Nosy Be et Anjajavy aura finalement permis à bon nombre de Malagasy de découvrir via le petit écran son « chez lui » qu’il ne connaîtra certainement jamais.

Claude Rakelé

 

 

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