La Gazette de la grande ile

Marchés publics: Le club des maffieux !

Publié le 12 février 2018

Trop facile! Oui, c’est trop facile pour le régime de préciser que les chiffres publiés par l’ARMP (autorité de régulation des marchés publics) comportent trois zéros en trop.

Ainsi dans les statistiques sur les marchés publics en 2026, les travaux de zinguerie et de toiture de l’hôpital de Fianarantsoa aurait coûté 157 millions ar et non 157 milliards. De même, les travaux de réhabilitation et de clôture d’un poste de Police d’Antsirabe n’aurait pas nécessité comme il est indiqué102 milliards ar, mais 1000 fois moins.

A priori l’explication paraît plausible d’autant que les chiffres concernés se terminent tous par des zéros. Qui plus est, les deux exemples cités précédemment ainsi que d’autres chiffres aussi aberrants figurent dans la même page. Les erreurs, si c’en est un effectivement, ne pourraient pourtant provenir de la saisie des données car sur chaque page, l’ARMP précise que « toutes ces informations sont issues des saisies directes des Autorités Contractantes ». En plus clair, si erreur il y a, elle ne pouvait provenir que des services responsables des marchés publics des différents ministères et organismes publics. En tout cas, il est impensable que les ministères des Finances, de la Sécurité publique et des Projets présidentiels commettent tous les trois l’erreur de mettre 3 zéros dans leurs chiffres. S’il y avait bien erreur sur la première page du document, on aurait lu pour la construction de la route de la francophonie vers Ivato 186 000 milliards ar et non 186 milliards.

A lire la suite du document, l’excuse des 3 zéros ne tient pas la route. Il est par exemple indiqué que les travaux de réhabilitation de la voie d`accès vers l`aérodrome d`Antsirabe Ré́gion Vakinankaratra ont coûté la bagatelle de 1 485 564 520,20  ar mais allez sur place si cette route pratiquement déserte a coûté aux contribuables près de 7,5milliards de nos francs. De même, faites un détour au gymnase couvert d’Ankorondrano pour évaluer si les travaux de réhabilitation réalisés valent bien 7 milliards de nos francs.

En fait, la surfacturation manifeste des prestations  ne date pas d’aujourd’hui. Dans le bilan 2015, on lit par exemple au titre du ministère des Finances la réhabilitation d’une villa administrative à usage d’habitation a, Ambojinao pour 2,4 milliards ar. Même une grosse villa neuve n’aurait pas coûté le même prix.

Au niveau de la passation des marchés, les observateurs auraient remarqué le nombre relativement important des conventions qui privilégient exclusivement les copains moyennant une commission. En fait, il semblerait que les dispositions sont contournées pour faciliter les attributions de marchés. Partout dans le monde, ce genre de pratiques est utilisé. Ce qui beaucoup plus grave chez nous est l’absence de contrôle. A preuve, l’ARMP est supposé faire un contrôle a priori puis a posteriori des marchés publics, mais son rapport lui-même indique des chiffres invraisemblables sans qu’il y ait un correctif ni entendu des sanctions. L’ARMP ne peut-il rien faire que cautionner une excuse qui ne fait qu’infantiliser le peuple ?

Toujours est-il que ce n’est peut-être un modèle de gouvernance financière. La stupeur ira au scandale quand le ministère des Finances figure en tête des marchés surfacturés. Doit-on être surpris si plus que jamais, la population croit qu’elle a en face d’elle un club maffieux qui puise dans les caisses de l’Etat de l’argent par centaines de milliards ?

Sa

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