La Gazette de la grande ile

SENTINELLE: DES EVACUATIONS SANITAIRES… AU CHOIX DU CANDIDAT A LA PRESIDENCE 2018…

Publié le 13 février 2018

Je me suis toujours offusqué sur les évacuations sanitaires à l’extérieur du pays de nos hommes et femmes au pouvoir, mais comme tout le monde, je ne pouvais rien faire du fait que je n’avais pas de tribune médiatique comme aujourd’hui pour dénoncer ces faits. En effet, je trouve indécent et surtout incongru que ces personnalités qui sont les premiers responsables de la santé de leurs concitoyens, trouvent une échappatoire pour aller se soigner à l’étranger. Cet irrépressible instinct de conservation met en exergue l’insuffisance des moyens matériels de nos hôpitaux qu’ils sont censés pourvoir en matériels de soin médical modernes et performants. En même temps, ce  réflexe de survie est un rejet de la compétence de nos médecins malgaches dont une politique bien établie doit assurer l’efficience. Des aides étatiques dans la formation en immersion de nos praticiens dans des stages à l’étranger, doivent leur donner l’opportunité de peaufiner leur savoir dans la manipulation des matériels modernes utilisés dans les grands hôpitaux de grande renommée sis à l’extérieur. Les visées étant que nos médecins soient opérationnels sur nos terres, et au service de tous les Malgaches. Cette politique moins onéreuse et plus pragmatique, qui est d’envoyer en stage international nos personnels soignants, au lieu de faire des évacuations sanitaires à coup de millions d’ariary, est un moyen d’éradiquer la diarrhée budgétaire étatique. Ces sommes souvent faramineuses qui seront économisées,  pourraient être utilisées pour l’achat de matériels de diagnostic de pointe, pour pouvoir ainsi appliquer les soins appropriés qui conviennent à la maladie identifiée. Il est  horripilant de constater l’énormité de cette attitude imprégnée de dénigrement adoptée par nos dirigeants dans leur affolement pour la survie. Comme cela ne date pas d’aujourd’hui, il est encore plus étrange que la population malgache ait considéré et accepté comme acquis ces faits démontrant une désolidarisation du pouvoir avec le peuple qu’il administre. Il est temps que la normalité arrive  dans les comportements de nos dirigeants qui jusqu’ici, laissent à désirer.  Souvent, ils rejettent eux-mêmes la politique qu’ils mettent en application, ou ils considèrent que cette dernière n’est pas pour leurs augustes personnes, et qu’elle n’est que pour les pauvres hères que nous sommes.

Avec l’élection présidentielle qui se profile à Madagascar en cette année 2018, il est de bon ton de prévenir tous les postulants sur ce qui les attendra une fois qu’ils seront à la magistrature suprême. Il y a une résurgence effective de Sentinelles parmi les utilisateurs des réseaux sociaux et les médias de tous bords. Ce beau monde est en quête de rectitude, donc, à l’affût des moindres exactions et anomalies perçues chez chaque membre du gouvernement. Des échos prendront leur envol pour s’éparpiller dans le monde. En effet, pour guérir le pays de notre enracinement dans les délits de tous genres, il nous faut d’abord assainir le milieu de l’exécutif gouvernemental. L’interpellation systématique des incongruités comportementales de nos dirigeants dans les médias et réseaux sociaux, pourra annihiler chez ces derniers toutes velléités délictuelles. Il est vrai qu’il nous faut désormais tenir nos gouvernants sur la voie de la rectitude, afin qu’ils soient des modèles véritables pour la population. Le président de la république française Emmanuel Macron a osé avancer en s’exposant lui-même au retour de manivelle, qu’il serait pour le fait que les [C1] dirigeants soient considérés comme des Français comme tant d’autres, et qu’ils ne puissent plus bénéficier d’immunité les mettant au rang de super personnages échappant à la justice citoyenne. Voilà un exemple de courage dans l’amorce d’un changement de mentalité que nous attendons dans nos contrées. La volonté politique pour aller dans ce sens doit être un facteur déterminant sur le choix de notre futur président. Effectivement, une approche sociétale de telle sorte, peut générer un déclic signifiant une volonté de revenir dans le giron de la normalité qui nous fait défaut depuis belle lurette. Oser entreprendre des changements drastiques, nécessite une confiance acquise ne serait-ce que partielle au niveau de la population. C’est au prix de cette confiance retrouvée que l’on peut réinstaurer un Etat de droit relégué dans les oubliettes de la république malgache. La majorité de nos compatriotes a perdu le sens du concept « interdit par la loi », et se vautre allègrement dans l’impunité. Par contre, elle a bel et bien peur de l’emprisonnement. La perte de la liberté physique décrétée par une entité plus forte leur est flippante, et leur soumission aux lois et règlements est assujettie à cette crainte ancestrale à l’instar de la vie animale qui obéit à la loi du plus fort. A partir de ce constat, un futur gouvernement fort serait préconisé pour éradiquer la désobéissance civile qui a pris sa source sur le mauvais exemple des gouvernements qui se sont succédé. Il est aussi temps d’en finir avec l’impunité source de nos maux. Pour cela, seul un ou une candidate qui n’a jamais eu  affaire ni de près, ni de loin avec les gouvernements antérieurs, peut mener à bien les mises en examen sur les enrichissements illicites des gouvernants sortants. Cet acte politique correspond bien aux attentes du peuple. Alors, qui parmi nos candidats à la magistrature suprême, osera mettre en vigueur une telle politique de relance effective de l’Etat de droit, et intégrer dans son programme quinquennal la chasse aux sorcières pour en finir avec l’impunité ?

Max Randriantefy 

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