La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE: Laxisme et impunité au pays de la criminalité sélective

Publié le 14 février 2018

Le président de la République, comme  hier  encore  à Mantasoa a  beau haranguer les membres  du gouvernement concernant « les préoccupations majeures sur lesquelles ils devront concentrer plus d’attention : la sécurité, la défense des richesses nationales, la lutte contre la corruption et l’inflation, dont les impacts touchent quotidiennement la population. » Nos responsables  étatiques  veulent-ils vraiment  combattre l’insécurité  en  général et le kidnapping en particulier ? La question aux yeux de  certaines personnalités de très haut niveau pourrait paraître  bête et  même saugrenue…Ils  n’ont  pas tout à fait tort de réagir  de la  sorte, mais en  réalité, ils agissent  ainsi à la manière  de  l’autruche  confronté à un  danger.  Si on ne  considère  que la  période qui  va  de l’avènement  de cette 4ème République, en tenant  compte de la fréquence des séries d’actes  de violence (attaques à main  armée, cars-brousse dévalisés  en rase  campagne, vols de  bœufs  avec assassinats  et  viols,  enlèvements  avec  demande  de rançon), force  est  de reconnaître que la puissance  publique n’est pas à la  hauteur des attentes  de la population  en  général et de la protection des  biens en particulier. Et pour  cause…

Les  successions  récentes  des évasions spectaculaires confirment  et justifient bel  et  bien la méfiance  et le pessimisme des administrés. Il y  a  à peine  une  semaine, un magistrat  chevronné  est sorti  de  ses gonds  et  de la réserve  qu’exige sa  profession pour nous  faire  une  confidence. Cet expert  du  droit  est sérieusement  scandalisé du  cas  d’un justiciable  placé sous mandat  de dépôt pour  avoir  détourné des  deniers publics  de  l’ordre  de plusieurs milliards et  qui a réussi à mettre les voiles pour  se  retrouver quelque part  en  Europe à l’heure  qu’il est. Il  n’a pas  voulu préciser en quel pays  exactement, mais sa révélation fait  état d’une infraction qui  touche le budget  de  financement de l’organisation d’un évènement  d’ordre international  qui  s’est  déroulé à Madagascar…Il est  d’autant plus  étonné et  sérieusement  furieux de  constater le fait  que le  dit  fuyard ait pu  obtenir un visa…Cette fuite  hors  du pays  aurait  eu lieu moins d’un an après  celle du  célèbre Houcine  Arfa. C’est pour  vous  dire  que le  laxisme au  niveau de  certaines  juridictions  et  aussi de  quelques  services publics est  patent. Et d’un ! Prenons aussi le cas  très  déplorable  de cet adjudant-chef de  l’armée tué en  service  commandé  au cours  de la  poursuite de voleurs  de bœufs. Recherché, puis retrouvé  et  arrêté par des policiers, l’auteur du  crime le mois  de  janvier  dernier  avait avoué  et  dénoncé  aussi  ses  complices. Conduit devant le  Parquet à  Fianarantsoa, il  a  bénéficié  d’une  liberté provisoire. Les parents  du criminel  se  vantent à  qui veut l’entendre  qu’il a suffi de payer 50 millions de  francs pour obtenir  cette  combien  injuste libération d’un malfaiteur,  qui ne manquera sûrement pas  de récidiver…

Le plus  grave est  que, favorisés par cette  impunité souvent payant, les candidats  aux pires  activités  criminelles n’hésitent pas  à défier les  forces  de  l’ordre. Parce qu’ils  se  sentent  protégés par des personnalités influentes  capables  de les  tirer des rigueurs de la loi. Les  kidnappings préoccupent  actuellement les  responsables  de  ce  pays,  comme  s’il s’agissait  de  faits  nouveaux. On en  envisage  enfin  en conseil  de  gouvernement  avant même d’entamer l’ordre du jour, à mettre  un  « cran  d’arrêt »     à une  source  de  profit qui ne  visent que des personnes  suffisamment  riches pour payer  des  rançons de très  fortes sommes  souvent payables en  devises étrangères. Des opérations de ce  genre supposent le maximum d’informations sur les personnes  visées, l’état  de leur fortune  sur place  et  bien  entendu  aussi à l’étranger. Il s’agit là  déjà  de  détails  qui ne  seront  jamais  à la portée du premier  venu ou  du minable  malfrat  qui  veut  s’enrichir vite.  Rien  que pour  récupérer  le  butin, les  démarches  à  faire  relèvent des  pratiques  bancaires hors  du  commun.  Pour le  scénario  à mettre  en exécution lors de l’attaque proprement  dit, il  faut le  savoir-faire  de professionnels  qui ne se trouvent que  dans des milieux très  spécialisés…Tout le monde  souvient  encore  de ce  dramatique  enlèvement  de deux  enfants mineurs à  Toamasina  Malgré le  procès  qui  s’est  déroulé, il  faut  l’admettre  dans  des  conditions déplorables  à la grande  déception des plaignants  et  des avocats de  la défense, toute la  lumière  n’a pas été  faite  sur  cette  affaire. Il y a des  zones  d’ombre et  des  acteurs de  ce drame qui semblent avoir bénéficié de mesures propres à donner  au procès un aspect  de la « vérité mais  rien de la  vérité »… On est alors  amené à donner raison aux  propos  révélateurs du Premier  ministre Olivier  Mahafaly qui sans tout  dévoiler  pour le moment laissent  entendre que quelques personnages,  quelque part dans l’entourage  du  système  en  général pourraient  tremper  dans les réseaux de l’argent  tiré des  recettes faramineuses des  parents des  victimes  et  des rapts. Les  règlements de  compte entre partenaires  dans les  combines  louches  et  autres  trafics  illicites  aussi  ne  sont pas  à  écarter…Toujours  est-il que  jusqu’à présent, les ravisseurs  n’ont  jamais enlevé le  fils  ou la  fille  d’une  haute  personnalité politique. Pourquoi une  telle faveur sélective alors  que l’objectif d’un  enlèvement est la recherche des profits maximum  exceptionnels ? Il ne faut pas  oublier que  c’est parmi les  grands  de  la politique  qu’on  trouve les personnalités les plus  riches. Serait-ce parce  que ce réflexe politico-mafieux  en  usage  au  Mexique  et  en  Amérique Latine n’est pas  encore à la mode chez nous ? Ou bien tout simplement parce que le ver  est dans le fruit ? Au fait, pourquoi les révélations de l’ambassadeur de France Goldblatt n’ont jamais été rendues publiques jusqu’à  ce  jour,  du moins à notre connaissance. Inexploitables ?  Çà ne va pas la tête ? …*

 

 

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