La Gazette de la grande ile

PMU Madagascar: Galop de fuite

Publié le 14 février 2018

Les victimes de PMU Madagascar sont de trois ordres : son partenaire, ses salariés et les parieurs.

En premier lieu, Yannis Montalban, directeur général de PMU Madagascar, n’a pas respecté le contrat le liant à l’Autorité Hippique pour les Courses et l’Elevage de Chevaux à Madagascar qui n’a ni obtenu les actions promises, ni perçu les royalties convenues. En violant des obligations contractuelles substantielles, PMU Madagascar a causé à son partenaire un grave préjudice financier qui devra être réparé par des dommages-intérêts conséquents. L’Autorité Hippique pour les Courses et l’Elevage de Chevaux à Madagascar est le délégué de l’Etat Malgache pour les courses hippiques. Par conséquent, l’Etat Malgache est une victime collatérale de Yannis Montalban.

En second lieu, PMU Madagascar a mené la vie dure aux vendeuses de ses points de vente en imposant des conditions de travail inhumaines. Elles se trouvent en première ligne lorsque les clients sont mécontents de la qualité de service. Les femmes enceintes ne bénéficient d’aucun traitement de faveur et les heures supplémentaires ne sont pas rétribuées, le tout en violation de la législation du travail. On ne compte plus les licenciements abusifs. Comme si cela ne suffisait pas, les primes sur le chiffre d’affaire sont dérisoires et les évolutions de carrières sont nulles. Des actions individuelles ou collectives des salariés contre PMU Madagascar sont à prévoir et à soutenir.

En troisième lieu, PMU Madagascar a bercé les parieurs avec de fausses illusions. Les courses sont réelles puisqu’elles ont lieu en France mais les gains annoncés sont tantôt gonflés, tantôt fictifs, surtout en province. Les parieurs sont motivés par les gains versés à des joueurs chanceux. Cependant, les parieurs ne peuvent pas vérifier si les gains annoncés sont effectivement distribués. Yannis Montalban a bien trompé son monde à travers une publicité continue intensive dans tous les médias. En vérité, il a purement et simplement détourné à son profit personnel, puis transféré à l’étranger, une partie des gains astronomiques prétendument versés aux parieurs.

Certains faits ci-dessus relèvent des tribunaux civils tandis que d’autres sont de la compétence de la juridiction répressive. Dans le second cas, on connaît les auteurs et les complices. Compte tenu de la fuite de capitaux vers l’étranger opérée à grands galops, le Ministère des Finances et du Budget, le Ministère de la Justice et le Samifin ont leur mot à dire, à moins que la corruption ne soit passée par là. Dans ce cas, le Bianco devra ouvrir un nouveau dossier.

Lola R. et PN

 

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