La Gazette de la grande ile

Air Madagascar – Corsair : lutte pour la survie !

Publié le 16 février 2018

Laquelle de ces deux compagnies protégeriez-vous de la disparition: Air Madagascar ou Corsair? A priori à l’extrême, la question ne résume pas moins les enjeux de la ligne aérienne Réunion/Antananarivo/Réunion qui suscite aujourd’hui de vifs commentaires après que le gouvernement malgache ait décidé de ne plus renouveler l’autorisation accordée à Corsair.

Les droits d’exploitation sur cette ligne sont attribués à Air Madagascar côté malgache et Air Austral côté français. Le principe régissant les conventions aériennes inter-Etats étant la réciprocité, d’aucuns étaient surpris en novembre 2016 quand une seconde compagnie française, en l’occurrence Corsair, se voyait octroyer une autorisation sur la ligne à raison d’un vol par semaine sans que le nombre de vols alloués à Air Madagascar soit augmenté d’autant ni celui d’Air Austral soit diminué. On se demandait alors pourquoi le DG de l’ACM (aviation civile de Madagascar), James Andrianalisoa, qui est en l’occurence ancien DG d’Air Madagascar et donc au fait des pratiques, avait accédé à la demande de Corsair.

Air Madagascar et Air Austral étant à ce moment-là en pourparlers sur un accord de partenariat stratégique, on interprétait, à tort ou à raison, la décision de James Andrianalisoa comme une tentative de sabordage des négociations. Devant la pression et avant que Corsair exploite la ligne, en mars 2017, on consent à expliquer que l’objectif était d’amener des touristes de La Réunion qui est pourtant un marché déjà arrivé à maturité. Ce n’est donc pas en augmentant le nombre de compagnies exploitant la ligne qu’il y aura beaucoup plus de passagers. Résultat: Air Madagascar a vu ses passagers fortement diminuer et Air Austral qui assurait 7 vols hebdomadaires en Boeing 737-800 a dû remplacer 2 vols Boeing par des ATR72.

Les passagers perdus par les deux compagnies sont évidemment transportés par Corsair grâce à des tarifs inférieurs. Préférés logiquement par les voyageurs, les bas tarifs appliqués par Corsair sont pourtant considérés comme une pratique anticoncurrentielle par Air Madagascar.

Des spécialistes des transports aériens rappellent qu’avant, Corsair faisait 3 à 4 vols hebdomadaires Paris/Dzaoudzi/Antananarivo/

Paris.  Mais depuis qu’Air Austral utilise des Boeing 787 sur la ligne Paris/Dzaoudzi/Paris, Corsair n’a plus de passagers pouvant emprunter la ligne Paris/Dzaoudzi ou Dzaoudzi/Antananarivo/Paris. De plus, il y avait la concurrence de Kenya Airways, Turkish Airlines et Air Seychelles sur la liaison Paris/Antananarivo qui a forcément affecté le nombre de passagers de Corsair sur cette ligne. La solution trouvée par Corsair pour essayer de contourner ces contraintes est de créer la ligne Paris/La Réunion/Antananarivo. Comme les charges sont déjà calculées jusqu’au terminus Antananarivo ou Paris, les passagers pris à La Réunion pour Antananarivo ou vice versa ne représentent plus aucune charge pour Corsair sauf les taxes d’aéroport. Dès lors, Corsair pouvait appliquer des prix inférieurs à ceux d’Air Austral et Air Madagascar sur la portion La Réunion/Antananarivo qui lui octroie autant de bénéfice qu’elle embarque de passagers. Ces enjeux financiers expliquent la réaction d’Air Madagascar qui tout comme Corsair lutte finalement chacun pour la survie.

En établissant un accord stratégique, Air Madagascar et Air Austral pensait jouir d’un double hub à Saint Denis et Antananarivo alors que la ligne reliant ces hubs est fragilisée par la licence accordée à Corsair. C’est tout le plan d’affaires des partenaires qui est remis en cause. Pire, le risque pour Air Madagascar est que l’accord entre les 2 compagnies tombe carrément à l’eau à cause du non-respect de ses engagements par le gouvernement malgache à travers l’octroi de droits sur Nosy-be  à Ethiopian Airlines qui met à mal le programme de redressement d’Air Madagascar. Est-ce que veulent vraiment James Andrianalisoa et ses copains à la présidence?

En tout cas,  si les responsables malgaches pensaient faire mal à l’alliance Air Madagascar/Air Austral en octroyant puis en refusant le renouvellement de l’autorisation « provisoire à titre expérimental » à Corsair, celle-ci s’accroche plus que jamais à cette autorisation. A preuve, on dit que malgré la notification de la fin de son autorisation le 31 mars prochain, Corsair continue de vendre des billets au-delà de cette date avec de surcroît  une seconde fréquence hebdomadaire sans la mention habituelle « sous réserve de l’obtention des autorisations gouvernementales ». Corsair ne se sent certainement pas en pays conquis pour agir ainsi. A-t-elle alors reçu des assurances, par qui et sous quelles conditions?.

Toujours est-il qu’on croit savoir qu’elle a décidé de recourir à la DGAC (direction générale de l’aviation civile française) qui aurait sollicité une réunion avec l’ACM. La réunion est capitale pour Corsair qui est tout aussi en difficulté qu’Air Madagascar. D’après la presse française, le groupe touristique allemand TUI qui est entré au sein de Corsair en 2000 veut de se désengager de la compagnie. Dès 2015, Air Caraïbes voulait racheter Corsair mais les négociations n’avaient pas abouti à cause des exigences du personnel de Corsair et surtout la décision du groupe Dubreuil, propriétaire d’Air Caraïbes, de créer une compagnie low-cost long courrier, French Blue devenue  par la suite French Bee qui fait Paris/La Réunion. Et en novembre 2017, le groupe TUI a mandaté la banque Rotschild de trouver un acheteur pour Corsair. La flotte de cette dernière qui est constituée de vieux Boeing 747-400 et les exigences du personnel étant, les seuls atouts que Corsair pourraient faire valoir sont ses droits aériens. C’est la raison pour laquelle qu’elle s’accroche plus que jamais au droit alloué sur La Réunion/Antananarivo.

Qui d’Air Madagascar et de Corsair doit-on alors protéger? La question ne se pose même pas pour la DGAC. Et ce devait être pareil pour le ministre des Transports, Beboarimisa Ralava, qui devrait même profiter de cette réunion pour rééquilibrer les relations aériennes entre Madagascar et la France qui sont aujourd’hui largement au détriment de la Grande Ile.

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