La Gazette de la grande ile

EDITO: Assassinat collectif !

Publié le 19 février 2018

La dialyse ? Un traitement de riches, selon la croyance populaire eu égard au coût qui est hors de portée de toutes les bourses. C’est l’anti-chambre de la mort, ajoute-t-on par manque d’information. Mais l’insuffisance rénale qui nécessite le recours à la dialyse, est avant tout un problème grave d’insuffisance d’information.

Si aujourd’hui, le pays est en train de vivre un véritable drame, c’est à cause de l’irresponsabilité issue du manque d’information. Une centaine de malades atteints d’insuffisance rénale chronique sont, en effet, menacés de mort aujourd’hui. La raison est simple : il y a pénurie d’acide pour la dialyse. Il s’agit d’un liquide sans lequel la mahine ne peut fonctionner.

La pénurie date de 3 semaines. En fait, les difficultés d’approvisionnement remontent au mois de décembre. Des centres ont pu prendre les mesures nécessaires. D’autres dont ceux relevant du secteur public, n’ont pu constituer un stock à cause des contraintes budgétaires. Depuis, on demande aux patients d’apporter leur propre bidon d’acide. Le fournisseur habituel, Chemteck, en a importé au milieu de janvier, mais le prix a fortement augmenté, assant de 250 000 Fmg à 375 000 fmg le bidon de 10 litres. Le taux de change, mais aussi le coût du fret aérien avec lequel la compagnie a importé d’urgence les 100 bidons sont avancés auprès des malades comme raison principale de cette hausse. On omet de dire que la TVA sur ce produit et tous les consommables pour la dilayse n’existent plus depuis le début de l’année. Résultat : des patients n’arrivent pas à se procurer le précieux liquide, certains sont décédés. De nombreux autres risquent de suivre irrémédiablement le même chemin si les stocks annoncés depuis fort longtemps par Chemteck et la centrale d’achat Salama, ne sont pas disponibles ce matin.

Ces deux sociétés sont responsables de la situation actuelle et devraient être poursuivies pour non assistance à  personne en danger et même pour homicide. Ce qu’elles fournissent ne sont pas, en effet, des cacahuètes, ni des pâtes alimentaires. Quoique imbuvable, l’acide dialysant est un produit vital. Ayant exercé le monopole sur les consommables pour dialyse, Chemteck a visiblement réduit ses approvisionnements devant l’annonce de Salama d’importer aussi les mêmes produits. Salama pour sa part fait-elle  preuve d’amateurisme en la matière sinon est-elle victime d’amateurisme ?

En tout cas, les pouvoirs publics, en l’occurrence le ministère de la Santé, sont aussi responsables de la situation actuelle pour avoir donné le champ libre à des entités animées plus par le volet commercial que par la santé publique. Il est vrai que les patients suivant un traitement par dialyse à leurs propres frais ne sont qu’environ 200. Ils vendent leur patrimoine, puisent dans l’économie de leurs frères et sœurs, et bradent l’héritage familial pour leur survie. Tout ça n’est pas le problème des néphrologues, ni des fournisseurs et encore moins des dirigeants de ce pays. Ces derniers se sentent déjà quittes en prenant en charge la centaine de fonctionnaires atteints d’insuffisance rénale chronique. L’Etat dépense environ 15 petits milliards de nos francs pour les 100 fonctionnaires malades, soit   près de 1 % du budget du ministère de la Santé. C’est pire que de l’injustice sociale pour les autres dialysés qui paient leurs impôts pour leurs camarades d’infortune du secteur public, mais aussi et surtout les millions de pauvres Malgaches qui sont interdits d’accès dans les hôpitaux publics sans payer.

Le comportement de nos dirigeants successifs et autres décideurs est d’autant plus condamnable qu’ils ne sont même pas fichus de monter sur place une unité de fabrication de sérum physiologique ou d’acide dialysant qui ne nécessitent pourtant que de l’eau et des électrolytes. Ni le « minoa fotsiny ihany » ni le « fisandratana » et encore moins « l’initiative pour l’émergence de Madagascar » ne voient pas de choses aussi simples, mais aussi vitales. C’est une insuffisance grave de vision. Que leurs auteurs aillent tous se faire voir ailleurs !

Salomon Ravelontsalama

 

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