La Gazette de la grande ile

REGARDS CROISES: Le bilan chiffré des 3 premiers trimestres 2017 du «gouvernement de combat» (4) « Pour que le citoyen sache où va son argent »

Publié le 19 février 2018

Le dernier article sur une série de quatre sur le bilan chiffré du gouvernement en 2017, « Pour que le citoyen sache où va son argent.». Par ailleurs, nous informons le lecteur que toute  analyse ne peut aller au-delà des données disponibles, celles-ci sont sur le site du Ministère des Finances et du Budget ainsi que du Ministère de l’Economie et de la Planification, pour ne pas tomber dans l’approximation intuitive.

Rappelons en préambule deux actualités, deux enseignements pour les Etats du monde entier, deux expériences dont on doit tirer leçon : la crise des dettes souveraines de 2008, il est apparu que les Etats pouvaient faire défaut et ;la faillite de l’Argentine du début des années 2000 qui a fait apparaitre que la capacité de l’Etat à lever l’impôt ne garantissait pas en soi sa solvabilité. Ainsi la solvabilité d’un pays pose question dès que la dette est trop élevée, puisque le défaut de paiement est à craindre ;les investisseurs potentiels jouent sur la hausse des primes de risque ce qui enclenche par mécanisme une augmentation des taux d’intérêt pour la dette publique comme privée et les bailleurs de fonds retirent rapidement et à tout moment les fonds engagés.

Ceci n’est pas un procès de la dette publique puisqu’elle n’est pas illégitime en soi, dans la mesure où l’endettement fournit des ressources à une économie. Cependant il ne faut avoir conscience que le service de la dette qui en découle la prive d’une partie de ses ressources. Deux situations pour lesquelles le recours à la dette est cohérent et porteur de développement. Premièrement, il y a des investissements qui bénéficient à plus d’une génération, dans ce cas de figure il est normal  que leur paiement soit étalé sur différentes années. Deuxièmement, il y a des secteurs financés par les dépenses publiques qui contribuent à la croissance, comme l’éducation et l’infrastructure…Par ailleurs, l’endettement pour contribuer à la croissance doit respecter « la règle d’or ».

Rappel du principe de la règle d’or : elle correspond à un type de règle budgétaire qui permet les déficits dans la limite du montant des investissements. Ainsi les dépenses de fonctionnement doivent être financées par des impôts et, les dépenses d’investissement, qui préparent l’avenir, doivent pouvoir être financées par le recours à l’emprunt. C’est ainsi que dans les pays développés, l’endettement a contribué pour une part importante à la croissance.

Déterminer la légitimité et la soutenabilité de l’emprunt est fondamental, être en capacité de distinguer la dette en elle-même et le niveau de la dette relève de la bonne gouvernance. Par ailleurs pour que les dépenses d’investissement préparent l’avenir, dans le contexte de l’alternance nécessaire des gouvernements d’un État démocratique, elles doivent être faites dans la maîtrise des marchés publics, elles doivent être engagées dans le contexte global de pérenniser les investissements publics liés au développement économique et social au-delà des programmes, de pérenniser les acquis et de bâtir pour durer au-delà d’un mandat pour inverser la courbe de déficit en matière d’infrastructure (rang en 2016 (FMI) : 138eme, bon dernier pour la qualité des routes, 135eme pour le taux de pénétration de téléphonie mobile et 130eme pour la qualité d’approvisionnement en électricité…).Aujourd’hui, la réalité politique d’investissement à Madagascar est tout autre, nous sommes dans une logique infernale du cycle de l’éternel recommencement, de l’urgence… une vision à très court terme. Or, le recours à l’endettement ne se justifie que par un fait, les immobilisations produisent des bénéfices sur plusieurs années.

 

Les chiffres,

Des Dépenses

Le budget au troisième trimestre 2017,en milliards d’ariary LFI LFR Modifié Engagé Mandaté
00 Budget général 7.353 7.353 7.370 5.830 5.339
01 Budget annexe 27,24 27,24 27,24 11,33 10,73
02 Compte particulier 1.228 1.228 1.242 1.085 1.084
06 Dettes publiques 3.214 3.214 3.214 597,74 389,23
01 Opérations courantes : dettes publiques 397,92 397,92 397,92 90,86 20,01
02 Opérations courantes soldes 2.088 2.088 2.088 306,58 305.49
03 Opérations courantes hors soldes 1 834,55 1 834,55 1 834,55 316,48 299,28
04 Opérations courantes structurelles 0,01 0,01 0,01 0,00 0,00
Totale Opérations courantes 4 320,47 4 320,47 4 320,47 713,92 624,78
05 Opérations d’investissements 3 248,21 3 248,21 3 272,50 15,57 14,39

Des Recettes

En milliards d’ariary LFR 2016 LFI 2017 2018 2019
Impôts 1 762,0 2 004,1 2391,8 2 909,5
Douanes 1 668,7 1 926,9 2171,9 2 383,6
Recettes fiscales nettes 3 430,7 3 931,0 4563,7 5 293,1
Recettes non fiscales 68,4 76.5 85,4 95,0
Total Recettes 3 499,1 4 007,5 4 645,1 4 388,1
Dons, dont : 636,4 1 233,0 594,3
Dons courants 0,3 224,8
Dons aides budgétaires 223,5
Dons en capital 636,1 1 008,2 594,3
Total Prévision 4 135,5 5 240,6 5 982,4

Cours des devises

EURO USD
Plus bas Plus haut Plus bas Plus haut
2014 3 082,72 2 267,95
2015 2 977,73 2 608,41
2016 3 510 3580 3 135 3200
2017 3 311 3 345 3 115 3 155
2018 3 890 3 950 3 110 3155

Par ailleurs le Trésor Public estime à 12 598,7 milliards d’ariary la dette de Madagascar à fin décembre 2016, c’est l’équivalent de 39,7% du PIB. Sachant que le taux d’endettement moyen de Madagascar en 2016 est de 39,2%  (33eme rang sur 45 pays d’Afrique subsaharienne) ; sachant que les dettes publiques sont estimées dans le  Budget 2017 à 3 214 milliards d’ariary ;sachant que le remboursement de la dette est tributaire des taux de change,  il est essentiel de rappeler que les charges augmentent parallèlement à l’augmentation de la dette publique et qu’une plus grande charge du service de la dette implique inexorablement plus d’impôts et moins de dépenses publiques productives. Par ailleurs si une proportion considérable de la dette se trouve dans les mains étrangères -et c’est le cas- il y a moins de ressources disponibles pour l’investissement et la consommation internes. Enfin, les taux d’imposition plus élevées nécessaires pour faire face à un service de la dette plus élevée sont causes de distorsions qui impactent négativement l’activité économique réelle et la croissance.

Le  citoyen est en attente de la mise à disposition du Compte Rendu de la Revue de l’exécution budgétaire  du 4T 2017, la mise à jour  du site du Ministère des Finances et du Budget ainsi que du Ministère de l’Economie et de la Planification.

Nancy Razanatseheno 

 

 

 

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