La Gazette de la grande ile

La fragilité politique, institutionnelle

Publié le 03 mars 2018

Les problèmes rencontrés dans ce domaine sont essentiellement techniques car la volonté et l’engagement politique sont manifestes malgré les bombes jetées ici et là ainsi que les affrontements fréquents entre les dahalo et les forces de défense et de sécurité (FDS). Les risques de fragilité commencent d’abord par la faiblesse technique du processus démocratique, électoral dans un pays aussi vaste que la France et la Belgique réunies et dans l’animation de la vie politique (participation, représentation et nomadisme politiques), ensuite dans l’absence de dialogue sociopolitique inclusif et constructif et le non recours aux mécanismes légaux, réglementaires et constitutionnels établis pour discuter des questions brûlantes de la Nation et aboutir à des consensus. La culture politique est élevée à Madagascar mais dans un désert de culture de compromis. Alors les pouvoirs s’échangent dans la rue. Face à cette situation le recours au dialogue inclusif et aux processus politiques établis par la Constitution a été la principale recommandation de l’étude. Depuis 2014, les pouvoirs s’efforcent de la mettre en œuvre : une première fois pour empêcher la motion de censure des députés contre le Président, une deuxième fois contre les assauts des journalistes, des forces de l’opposition et de la société civile. La pratique s’est si bien enracinée que les plus hautes autorités ont conduit elles-mêmes le processus de réconciliation alors qu’elles n’ont jamais été partie prenante à un quelconque conflit entre coalitions dominantes. S’agissant du respect de l’état de droit, une des faiblesses du système politique, l’accès équitable à la justice et l’accélération des décisions de justice ainsi que l’impunité des élites sont trois domaines de prédilection pour les pouvoirs publics qui bénéficient de l’assistance des PTF dont le PNUD et l’USAID. Des efforts sont encore nécessaires pour obtenir la séparation des pouvoirs et surtout revendiquer l’indépendance de la justice qui reste instrumentalisée, une justice aux ordres du pouvoir et de l’argent, une justice corrompue qui n’est pas que l’apanage de Madagascar. La sécurité continue d’être un important défi malgré le déploiement des forces de défense et de sécurité (FDS) dont des unités entières de gendarmerie, une des recommandations de l’étude de 2014.

Et comme mentionné ci-dessus  à  Madagascar, la pauvreté est devenue structurelle voire endémique tout comme les espèces de la flore et de la faune : 92 % de la population au seuil de 2$ ou 3$ par jour selon les repères et plus de 70 % sont dans l’extrême pauvreté. Un tel écart de pauvreté impose des contraintes aux programmes de consommation et d’investissement réduisant les opportunités de croissance par la demande. L’offre est également contrainte par l’incidence de la pauvreté sur la productivité et la compétitivité. L’élargissement de la pauvreté limite l’efficacité des mesures de subventions à la base des politiques sociales et de vérité de prix. Le niveau de pauvreté est tel que les inégalités sont visibles et criardes. Madagascar est placé parmi les cinq pays les plus affectés au monde par le fléau du retard de croissance ou malnutrition chronique. En effet, au niveau national, 1 enfant malgache sur deux est malnutris chronique, soit environ 2 millions d’enfants. La réduction de la malnutrition reste un défi majeur pour le pays. Tous les programmes de développement mis en œuvre par les gouvernements qui se sont succédés se rejoignaient tous par la seule préoccupation de d’abord « nourrir » la population donc, une approche « sécurité alimentaire » pure, plus quantitative que qualitative. Dans cette optique, il est normal que le pays n’arrive toujours pas à sortir du cycle infernal de la malnutrition et que le taux de la malnutrition chronique soit des plus élevé au monde. En outre, réaliser un plein emploi décent constitue un sérieux défi pour le pays où plus des quatre cinquième de la population travaillent soit dans le secteur agricole, soit dans le secteur de subsistance non agricole, caractérisés par la faible productivité et l’absence de protection des salariés. Dans le pays, 7 actifs occupés sur 10 ne disposent pas de travail décent pouvant leur permettre d’extraire leur ménage de la pauvreté.

Recueillis par C.A

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