La Gazette de la grande ile

Air Madagascar / Corsair : bataille à … mort !

Publié le 07 mars 2018

La guerre des communiqués reprend de plus belle entre Corsair et Air Madagascar.

Hier, Corsair a publié dans la presse mais aussi en ligne un appel à pétition pour le « soutenir dans le maintien d’une concurrence saine et loyale, en faveur du développement du tourisme et du transports aérien dans l’Océan Indien ». Cette communication intervient quelques jours à peine après la réunion de Paris qui n’a abouti à rien à cause de deux raisons principales. D’une part, la partie malgache a demandé à ce que les discussions portent sur le rééquilibrage des fréquences entre les compagnies françaises et Air Madagascar qui exploite seul pour le moment les droits aériens au nom de Madagascar. On croit d’ailleurs savoir que l’Aviation Civile de Madagascar (ACM) a demandé depuis 2 ans à la Direction Générale de l’Aviation Civile française (DGAC) la tenue d’une réunion sur ce sujet sans que cette dernière daigne répondre. Avec 7 vols hebdomadaires pour Air France et 3 autres pour Corsair sur la ligne Paris/Antananarivo contre 4 seulement pour Air Madagascar et 7 vols par semaine pour Air Austral et 1 vol pour Corsair contre 4 au total pour Air Madagascar, il est normal que la partie française opte pour le statu quo même si la réciprocité est la règle en la matière. Mercredi dernier, la DGAC a donc exigé qu’on ne discute que du cvas de Corsair. Et c’est là la raison de l’absence d’un accord car les vues diamétralement opposées entre les deux parties.

Pour Corsair qui concentre sa communication sur le sujet, le principal argument est ce qui est des plus sensibles au passager malgache, réunionnais, indien ou autre: des bas prix. D’après la compagnie française, cette offre généreuse disparaîtrait au détriment des passagers si la concurrence actuelle est abolie avec le retrait de ses droits. L’autre pierre d’achoppement est le débat sur la nature des passagers transportés par Corsair que cette dernière dit être une nouvelle clientèle séduite par ses offres.

Pour Air Madagascar, « quand Corsair écrit, dans sa communication, qu’elle a fait bénéficier à 19.000 personnes de son offre, elle omet de dire qu’une grosse partie provient de la clientèle existante d’Air Madagascar. Quand Corsair dit qu’elle fait baisser les prix entre la Réunion et Madagascar, elle oublie de dire qu’elle ne dessert plus Antananarivo directement depuis Paris, qu’elle vend avant tout la Réunion où ses avions se vident et qu’elle pourrait même vendre le billet Réunion-Antananarivo à 1 euro sans que cela ne lui coûte rien de plus.

Plus que de concurrence, il s’agit de dumping ». Elle ajoute : « la position défendue par l’Aviation Civile de Madagascar dans ses discussions avec l’aviation civile française a toujours été claire : la concurrence dans le ciel malgache est indispensable et doit être soutenue, mais elle doit être saine et ne pas nuire aux entreprises de notre pays, donc à son économie. Précisément, la priorité du Gouvernement est et reste le redressement de la compagnie nationale Air Madagascar ».

Bref, le ton monte d’un cran et la lutte pour la survie que chacune des deux compagnies livre est en train de virer à une véritable bataille à mort. Nul n’ignore que Corsair est à vendre depuis quelques années sans que des repreneurs se soient décidés. La ligne La Réunion / Antananarivo représente au bas mot environ 5 millions d’euros annuels avec ses 19 000 passagers qui devaient augmenter sensiblement si la deuxième fréquence demandée par Corsair était accordée avec le renouvellement des droits sur un vol hebdomadaire. Avec la structure actuelle de ses coûts sur la ligne, ces 5 millions d’euros sont tous presque du bénéf, ce qui constitue de la valeur non négligeable pour la vente de Corsair.

Mais que Corsair soit exclue ou non de cette ligne, Air Madagascar ne risque pas moins de laisser des plumes dans cette bataille devenue frontale. La campagne orchestrée par Corsair risque, en effet, de porter préjudice à l’image commerciale d’Air Madagascar non seulement sur la ligne La Réunion / Antananarivo mais aussi sur toutes les lignes qu’elle exploite et même au-delà pour des développements futurs. Ne dit-on d’ailleurs pas que la ligne Paris / Antananarivo est la plus chère au monde ? Et qui décide de ces tarifs sinon la grande sœur Air France qui tire l’essentiel de ses profits sur ses vols long courrier ?

En tout cas, que cette bataille aérienne ne vienne pas altérer les bonnes relations franco-malgaches. Provoquée par le bon vouloir d’un certain James Andrianalisoa (DG de l’ACM), cette mésentente aurait pu être réglée par la partie française elle-même, car Corsair elle-même reconnaît qu’Air Austral lui avait porté les mêmes griefs de dumping bien avant le partenariat stratégique avec Air Madagascar. La DGAC veut manifestement sauvegarder le maximum de parts du gâteau pour les compagnies françaises.

Toujours est-il que dans les milieux nationalistes et intellectuels, on a fortement réagi au communiqué de Corsair. Un million d’internautes ne valent pas nos intérêts économiques, dit-on. Aucun Malgache n’aurait accepté le paiement de 88 millions de dollars de dettes et mêmes plus laissés par les fossoyeurs d’Air Madagascar, Henry Rabary-Njaka, James Andrianalisoa, Ulrich Andriantiana et les autres, si on n’était pas décidé à soutenir la compagnie nationale. Jusqu’à la mort !

Sa

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