La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE: L’exécutif a atteint le point de rupture

Publié le 07 mars 2018

Dans l’esprit de  bon nombre  de nos compatriotes, la prochaine  élection présidentielle ne  compte plus dans la liste  de leurs préoccupations  citoyennes. Pour certains  d’entre nous, l’urgence serait plutôt l’avènement d’une  révolution dans la mentalité des habitants de  cette île. On se  calme ! Il n’a jamais  été  dans  nos intentions de souhaiter une réédition de  ces  émeutes stériles qui ont  coûté très, très  cher à la couche la plus  défavorisée de la population. Même au  gouvernement on n’écarte pas le risque d’une  crise avant, pendant et après les élections, lorsque  qu’un ministre des  Affaires  étrangères en parle sans  cacher qu’  «effectivement, le risque est là parce qu’il y a des gens qui ne sont pas convaincus qu’il faut passer par des élections. Vous savez, on avait une pratique à Madagascar où les gens réussissaient à s’emparer du pouvoir par des coups d’Etat. Je pense que nous sommes maintenant dans une autre ère où la démocratie a pris sa place et nous, nous demandons à ce que cette démocratie qui a été difficile à mettre en place, à ce que cette stabilité qui est là maintenant, soient préservées et gardées ». Des  agitateurs  rusés  et opportunistes avaient à tous les  coups d’état incité la populace à  devenir  de la chair à  canon  en 72, en 91,  en 2002 et 2009. Il s’agit  donc ici,  de conscientiser nos  compatriotes (administrés et dirigeants encore  capables de faire la différence entre le bien de  tous et le mal que  font ensemble et  de  concert les nouveaux privilégiés et pilleurs des  ressources publiques au détriment de  tout un peuple. L’avenir  de tous les Malgaches a réellement  besoin d’un changement  radical de la manière de  vivre la pratique politique actuelle et de préparer le futur dans le long terme.

Point n’est  besoin  de crier  « Aux armes  citoyens ! », il faut  seulement  normaliser la moralisation des pratiques civiques pour  motiver les  électeurs à envahir les  bureaux  de vote dès l’appel « Aux urnes  citoyens !»   Et réserver un  choix massif pour un président  digne de  ce  titre avec les  qualités  d’un  homme  d’Etat. Telle sera donc la priorité majeure de  cette  révolution  qui se prépare en douce, mais  sûrement…Pour les  nantis et les nouveaux  riches  de  ce  système pratiquement sous «la domination d’une oligarchie incapable, de par l’oppression même qu’elle faisait peser sur la société, de promouvoir un développement normal du pays, » cette  espérance généralisée de tout un  chacun pour l’avènement d’un renouveau  ne  serait  que  de l’utopie. Erreur  grave  qu’ils  finiront par  regretter  amèrement  s’ils  continue à  nager à  contre-courant alors  que mécanisme de l’alternance  a  été depuis longtemps  enclenché. A l’origine de cette prise  de  conscience  rampante ayant envahi l’opinion sous  forme d’une  tâche  d’huile, il y  avait cette fréquence de bourdes, de bavures  graves  et  de  scandales financiers commis dans le  premier cercle  du pouvoir et jusque dans toutes les institutions. La dernière  en  date  a été la mésaventure inutile et pourtant évitable  d’un  haut magistrat, Procureur Général  de la Cour  Suprême, largué comme un malpropre parce qu’il aurait  osé  tenir  tête à la ministre de la Justice au  cours  d’un débat dans le cadre légal du Conseil Supérieur de la Magistrature(le conditionnel est  de rigueur).

Dans le contexte pourri d’une  série d’accusations médiatisées à volonté par la presse parisienne, a priori douteuses de la part d’un  aventurier en  cavale après une  condamnation à une peine  de  prison  à  Madagascar, le système s’agite et  s’énerve beaucoup. Il se livre depuis à  des mesures  que l’opinion  considère comme une tendance « à la  recherche de  boucs  émissaires » et qui ressemble beaucoup plus à  un reflexe d’auto-défense.  Serait-ce pour gommer dans la mémoire collective les  dégâts  collatéraux d’une affaire purement judiciaire  qui  a  dérapé  au point de faire l’évadé Houcine Arfa « l’homme qui fait trembler la République ». Ou serait pour couper court aux impacts de ces  dépêches d’agences qui rapportent  que

« Dans la Grande Ile, l’affaire passionne les Malgaches. D’un côté, pour une grande partie de l’opinion publique, ces accusations sont plausibles. De l’autre, le mystère autour de son passé conduit ses détracteurs à le qualifier de barbouze. Houcine Arfa reste volontairement évasif sur certains éléments de son parcours. » Depuis, les indiscrétions calculées de celui  qui a  réussi à infiltrer le cercle  très  fermé  de la  Présidence, plusieurs hauts  fonctionnaires  tombent  comme des mouches  dans les  toiles  d’araignée d’une  vaste affaire  de  corruption éclaboussant ( à tort ou à  raison pour le moment la ministre de la Justice  en personne. Les historiens et les observateurs  constatent que dans le  climat politique pré-électoral actuel «de branches mortes de l’ancienne culture politique, dont la jeune génération des villes, plus préoccupée de « bizness » que de fidélité aux ancêtres, semble bien ne plus être l’héritière. À cet égard, l’accession au pouvoir d’un homme jeune (35 ans en 2009) comme Andry Rajoelina semble signer l’effacement social et politique des Raiamandreny, les anciens et notables traditionnels jadis détenteurs du monopole de la parole, mais aujourd’hui balayés par l’onde de l’explosion démographique et de l’urbanisation ». D’une manière paradoxale, il  se  trouve que  depuis  quelques années, après la conduite des  affaires  de  l’Etat par trois personnalités merina, une mobilisation de personnalités merina en faveur de l’émergence  d’un candidat  côtier commence à prendre  corps insidieusement  d’abord. Depuis que le trio natif pourtant de l’Imerina semble  confirmer sa détermination à vouloir reconquérir la présidence  de la République, même au  sein du parti présidentiel  HVM, une  telle coloration  régionaliste s’insinue sans pour le moment se montrer à visage découvert. Pourquoi ? Un problème majeur lié à un penchant pour une  gestion  du  favoritisme trop clanique  et  affairiste depuis l’ère  Ravalomana le truand, la Transition corrompue des parrains  du bois de  rose   et les  nouveaux  riches de la  braderie des  ressources minières et pétrolières de l’entourage de  Hery  Rajaonarimampianina, a fini par provoquer un point  rupture. Résultat inattendu mais logique : même dans les milieux, les  salons merina et aussi bien  que parmi les émigrés en provenance des 12 collines  sacrées,    la victoire  souhaitée d’un originaire du littoral est la solution hautement  souhaitée. Incroyable peut-être ? Aberration  diront certainement certains…Mettons nous  bien  en tête  qu’il  est  bien  révolu  cette époque où d’après les  annales de l’Histoire de  ce pays « Les grandes familles qui s’imposent sont celles qui ont su se montrer opportunistes. D’où leur stratégie : ces grandes familles doivent toujours avoir un représentant dans la sphère du pouvoir. Lors de l’arrivée au pouvoir de Ravalomanana en 2002, on parlera d’une « troisième indépendance » (Raison, 2002), qui sera marquée surtout par l’irruption, permise par une urbanisation rapide et la déliquescence de la société, d’un nouveau type de politicien, le nouveau riche, qui inverse les données traditionnelles. Tel Berlusconi en Italie, il a commencé par faire une fortune dans des conditions obscures et très probablement délictueuses, (…), tout en étant bien décidé à toucher les dividendes sonnants et trébuchants de son investissement politique en mettant la main sur de nouvelles rentes de monopole… La possibilité de la  construction d’un État-nation moderne doit passer obligatoirement  d’abord, au préalable par cette  révolution vers la Refondation d’un  Etat fiable  et  viable, pour le pays dans une bonne gouvernance. Une élection présidentielle  crédible et  transparente  est  à  ce prix…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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