La Gazette de la grande ile

Egalité de genre: Des disparités subsistent

Publié le 07 mars 2018

La Journée internationale des femmes est célébrée dans de nombreux pays à travers le monde. C’est un jour où les femmes sont reconnues pour leurs réalisations, sans égard aux divisions, qu’elles soient nationales, ethniques, linguistiques, culturelles, économiques ou politiques. C’est une occasion de faire le point sur les luttes et les réalisations passées, et surtout, de préparer l’avenir et les opportunités qui attendent les futures générations de femmes.

Le thème de la Journée internationale des femmes du 8 mars est « L’heure est venue : les activistes rurales et urbaines transforment la vie des femmes ».

Dans ce cadre, et concernant l’égalité de genre, la Banque africaine de développement souligne que Madagascar s’efforce de promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes, même si des disparités subsistent en matière d’autonomisation. Le pays a fait des progrès en matière de promotion de l’égalité d’accès des hommes et des femmes aux opportunités de développement du capital humain. Selon l’indice Mo Ibrahim, le pays était classé en matière de genre à la 4e place sur les 54 pays du continent, avec un score de 75,7 points sur 100 dans le rapport 2016. Les inégalités demeurent surtout au niveau de l’accès à l’enseignement universitaire et au niveau de la formation technique et professionnelle. Ainsi, les femmes ne représentent respectivement que 45% et 25% des inscrits, contre 55% et 75% pour les hommes.

À propos de l’autonomisation de la femme, la même source indique qu’alors que 22% des ménages sont dirigés par les femmes, elles n’ont pas un égal accès aux opportunités d’emplois, d’accès à la terre et au crédit.

L’offre de travail féminin est surtout importante dans le secteur informel hors agriculture avec notamment 21% des emplois féminins contre 14% des emplois masculins. C’est la ZFI financée essentiellement par les IDE qui emploie en priorité la main d’œuvre féminine, 62,4%. Pour promouvoir le genre, le pays s’était doté depuis 2000, d’une Politique nationale de promotion de la femme (PNPF), arrivée à terme en 2015.

À cet effet, le guichet du secteur privé de la Banque africaine annonce fournir un appui direct et ciblé aux entreprises privées (y compris celles dirigées par les femmes) à fort potentiel entreprenant dans des activités de production à haute valeur ajoutée. Les résultats attendus du soutien de la Banque sont la création d’au moins 40.000 nouveaux emplois formels entre 2015 et 2021, dans l’industrie du textile dont au moins 75% de femmes et la création d’au moins 3.000 emplois salariés formels à l’horizon 2021, dont au moins 30% pour les femmes par le biais de la valorisation de parcs naturels.

Et la Banque africaine de rappeler que Madagascar figure parmi les pays les plus pauvres et à faible revenu. La pauvreté y affecte davantage les femmes que les hommes. Le dernier recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) date de 1993. Il est estimé que la population croît à un taux de 2,8% par an et est à 24,9 millions d’habitants en 2016, comportant une quasi-parité de femmes (50,1%) et d’hommes (49,9%) qui se répartissent différemment selon le milieu de résidence ou les régions.

Surcharge de travail des femmes

Cette population est marquée par sa jeunesse : la moitié de la population féminine a moins de 18,9 ans et celle de la population masculine a moins de 18,5 ans . Elle est aussi plutôt rurale (65% de la population totale, en 2015)5, mais le taux de croissance de la population rurale est presque trois fois moins que celui de la population urbaine (1,8% contre 4,7% par an respectivement), laissant en perspective une urbanisation accélérée. Avec 36% environ des femmes qui vivent actuellement en milieu urbain, contre 34% des hommes, cette urbanisation tendrait à être légèrement plus féminine que masculine. Un peu plus du cinquième (22%) de l’ensemble des chefs de ménage sont de sexe féminin. Les ménages dirigés par une femme se répartiraient à 23% dans les zones urbaines et à 77% dans les zones rurales ; mais plus du quart (27%) des ménages du milieu urbain sont dirigés par une femme contre 21% de ceux du milieu rural.

Ces différents éléments, analyse encore la Banque africaine, s’interfèrent pour le maintien de la division traditionnelle des rôles et attributions entre les femmes et les hommes avec les représentations et stéréotypes de genre qui y sont associées, tendance dominante retrouvée dans la quasi-totalité des régions de l’ile. Les hommes ont le statut de chef de famille, le père, à qui sont voués autorité, contrôle et pouvoir de décision, y compris sur l’héritage familial et qui « jouit d’un traitement spécial avec une plus grande permissivité» . Les femmes sont les premières responsables de la reproduction de la force productive de la maisonnée, la mère, en charge des travaux domestiques et de l’entretien de la famille « où elle y consacre plus du trois quart de son budget temps» 9 et qu’elle mène en parallèle avec ses tâches productives. Ceci conforte les résultats de l’unique enquête nationale « emploi du temps » (2001) soutenant la surcharge de travail des femmes et qui n’a guère évolué. De façon visible ou plus subtile, elles demeurent dans une situation de subordination dans les sphères familiale et communautaire.

De plus, le Plan National de Développement (PND) de 2014 énonce l’engagement du Gouvernement à tenir compte des inégalités structurelles qui entravent la participation des femmes au processus de développement. Il reconnait les inégalités entre les sexes dans la participation politique. Renvoyant les sources de ces « déficits » à des facteurs culturels, le PND admet «l’insuffisance des politiques orientées vers la promotion de l’égalité des sexes». Mais le document pèche par l’absence d’analyse de ces «déficits» dans les domaines abordés et reste trop global pour répondre à des besoins précis sur l’égalité de genre.

Recueillis par C.A

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