La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE: Le voile des apparences et la démocratie de façade

Publié le 14 mars 2018

Par pudeur nous n’allons pas  insister sur les turbulences  de potaches qui  avaient  occupé les  députés toute la  journée  d’hier. Qu’un président  de séance ne  sache pas mener les  débats, à la place  d’un  Jean Max passe  encore, mais  que des élus  de  toutes les  tendances  se  donnent  en spectacle  devant  les  caméras toutes les  chaînes locales, force  est de  reconnaître qu’en matière  de  démocratie, les  acteurs politiques sont  tous à un niveau qui ne fait pas du tout  honneur à la toute la classe politique. Déjà  que  jusqu’à ce  jour, personne ne peut se vanter de jouer le  rôle digne d’une opposition (ne  serait-ce  que  de  celle de  sa  majesté). Vociférations, petites  phrases  assassines et coups  de gueules insultantes, la matinée  d’hier était l’occasion  rêvée pour tous les frustrés de l’Assemblée Nationale de  casser  du  sucre  sur le dos  du  régime. C’était le  « bordel » hier dans les  travées. Le mot  a été lâché par  dame Solange, une personnalité élue de l’Androy. A l’origine, les incidents déplorables de  toute la matinée d’hier  relève purement  et  simplement d’un manque  savoir-faire de  celui  à qui  était  confié la conduite des  débats prévus par un ordre  du jour précis (décidé officiellement samedi dernier), mais pourtant « remise  en  question »  pour les besoins  de la cause en faveur du parti présidentiel.

Que le Premier ministre,  Chef du gouvernement ait éprouvé le besoin  de  se faire entourer de  quelques ministres, il n’y a pas  de  quoi se mettre  martel  en tête ou  de s’alarmer  outre mesure. Mais quand les  députés  à la  botte  du pouvoir avaient manifesté le désir de continuer les  débats de la commission plénière sans la présence des médias, une telle exclusion avait permis  aux  élus  de la tendance proche d’Andry Rajoelina pour mettre le  feu aux poudres  jusqu’à  réussir à lever la séance. Alors  qu’il  suffisait de proposer un  changement  de l’ordre  du jour  voté samedi  dernier, aux voix  et  le  tour était  joué…En principe, la  présence de  tierce  personne  en  commission plénière n’était pas prévu par le  règlement intérieur. Là où les meneurs des  débats  avaient pêché,  c‘est lorsqu’ils ont permis de court-circuiter les  travaux de  Commission Juridique et qu’ils n’ont pas   su exploiter les  textes régissant le fonctionnement du  Bureau Permanent de l’Assemblée Nationale. Quoi qu’il  en  soit, le mal  « est feu » avait  dit un jour un  certain  Kaleta…  Au fait,  qu’est  ce  qui peut  bien amener les  gens à sauter  au plafond à la moindre occasion ? Dans les  travées  du Parlement,  à Tsimbazaza  comme  à  Anosikely, il  suffit  d’un mot de trop pour que ton  s’échauffe et l’insulte à la bouche, pour  que des élus censés représentés le peuple s’engueulent  comme  des  chiffonniers. Dans le contexte actuel, aux  approches  de l’élection présidentielle, des  faits significatifs  d’un  futur pas  très  serein nous  livrent des signes précurseurs des jours préoccupants des lendemains incontournables.

Insignifiants  peut-être aux yeux  de certains, l’affaire Arfagate est une  grosse  épine  dans la plante  du pied  du pouvoir. Lorsque  Houcine  Arfa distille à compte-goutte le  venin de  sa présence  passée  d’intrus  dans les arcanes même de  la République,  tout le  système  judiciaire de  notre pays en reçoit les contrecoups des  ondes  sismiques de ses  révélations  ( à prendre  avec  des pincettes pour le moment, jusqu’à nouvel ordre, passe encore)…Mais quand la protection des  biens  et  des  personnes fait  défaut  et devient les  hantises des  grands  de   ce monde jusqu’aux petits éleveurs  de  nos  campagnes  et les  pauvres  paysans  sans  défense, on  est  bien obligé  de reconnaître que l’équipe  actuelle  de la  ripoublique ne  fait plus le poids  et  que ses membres  doivent aller  se  rhabiller. Un membre  de la  famille  d’Andriatsitohaina, n’est pas  bon signe pour la  sécurité publique  en  général et pour le  prestige de Hery  Rajaonari-mampianina  en particulier. Il ne  faut pas plus pour  que la haute  bourgeoisie des  affaires  de la capitale tourne le  dos à quelqu’un que la  grande  famille merina  avait mis  en place. Mais  voilà que, pour jouer le matamore un ministre  des  Affaires  Etrangères qui  traîne  des  casseroles pourries  et puantes  se permet de  donner  des leçons de relations  internationales à  des  diplomates de  pays  souverains puissants. Non  seulement, il n’arrête pas  de mettre les pieds  dans les plats du patron régalien  de la  diplomatie de Madagascar, mais par  pur excès de  zèle servile et intéressé, il se permet ainsi de fourrer  son  nez  dans  des  domaines  qu’il maîtrise mal. Sauf  erreur  de notre part  et mauvaise  foi délibérée de la  part de  notre  source, quelque part on  cherche à  retirer « le passeport diplomatique » à l’ancien  Premier ministre Ravelonarivo, juste  au moment où  un  quotidien local annonce à la  Une que l’intéressé pourrait se présenter  contre  Hery  Rajaonaonarimampianina…Pourquoi  s’en prendre  de la sorte à  quelqu’un  qui  aurait le  courage de devenir le successeur  de l’actuel  président de la ripoublique ? Qui  a peur  de  quoi et de  qui  au  fait ? A cette allure, le fondateur  du parti  HVM risque  de  se méfier, même  de  son ombre. Selon Bernard Dernburg, secrétaire d’Etat  allemand aux Colonies, après la Conférence  de  Berlin(1884-1885) : «la colonisation  doit  consister à  exploiter le  sol,  ses  richesses, la  flore  et la faune et surtout les  hommes

(…) .» A l’ère du  second millénaire, notre pays sous le joug d’une  bourgeoisie financière rapace et des magnats de l’industrie au service de l’étranger, les dirigeants  au pouvoir n’arrivent pas à modifier un  système politique. Ils ne sont pas capables de faire  bénéficier au peuple toujours opprimé  les avantages légitimes  des  devoirs de l’Etat. Drapés  du voile  des  apparences  d’une  démocratie  factice, l’oligarchie en place se  fourvoie dans les  voies  de l’enrichissement  rapide illicite et durable. Parmi les  trois prétendants à la magistrature suprême : R8 garde bien au chaud ses billes  dans  ses investissements en Afrique,  Andry peut s’en orgueillir des édifices  pharaoniques à DUBHAI et  le président sortant de pouvoir déclarer « Nous sommes maintenant à la cinquième année de gouvernance, et c’est une année exceptionnelle étant donné que nous sommes en pleine préparation de la période électorale pour aller vers le futur. Vision à long terme, Fisandratana 2030 donne l’opportunité au peuple de prendre son destin en main, et de refonder la nation autour d’un nouveau pacte social capable de le mobiliser à la réalisation de ses aspirations et de sa nouvelle ambition. » Voilà des beaux parleurs à  qui nous  risquons de confier la destinée de  ce pays si on  ne  fait pas très  attention !

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