La Gazette de la grande ile

Stratégie « faim zéro »: Résultat zéro

Publié le 15 mars 2018

Avec les expressions telles que «Madagascar : Grenier de l’Océan Indien » et « autosuffisance alimentaire », on s’était habitué à la même litanie vide et à la même terminologie inefficace destinées à conjurer la malnutrition et la famine. Face à l’inefficience des mesures, le régime a inventé un nouveau mot d’ordre « faim zéro ». Ce slogan est beau comme le premier matin du monde. L’association des deux noms communs « faim » et « zéro » est plutôt étrange et peu usitée. Le régime veut ramener la faim au niveau zéro alors qu’il participe à la faire grimper au niveau cent. Ce n’est pas avec une formule politique facile qui transpire la publicité de supermarché que l’on viendra à bout du règne sans fin de la faim. Cette « faim zéro » est une nouvelle feinte pour séduire les électeurs qui ne sont pas dupes. Aujourd’hui, la devise « faim zéro » s’adresse aux seuls détenteurs du pouvoir. Enfermés dans leur forteresse, ils ignorent la faim et la peur de la faim. Ceux d’entre eux qui ont connu la faim s’empressent de lui tourner le dos. Ils ne connaissent désormais que la faim inépuisable de pouvoir, d’argent et d’honneurs. La véritable faim liée au ventre vide et à l’avenir sans espoir, c’est pour les pauvres. Zéro, c’est la note à attribuer au régime qui ne se préoccupe pas des pauvres gens qui sont tenaillés par la faim. Hery Rajaonarimampianina a échoué dans sa promesse de reproduire le miracle christique de la multiplication des pains. Pire encore, il a mis en doute l’existence de la pauvreté. La « faim zéro » ne se décrète pas comme le « zéro stock » ou le « zéro défaut » dans une entreprise. C’est un travail de longue haleine qui ne commence pas à la fin d’un mandat présidentiel. La lutte contre la faim est un combat trop sérieux pour être confié au seul Ministère de l’Economie et du Plan qui assure le leadership de la stratégie « faim zéro ». Cette lutte est indissociable du combat contre la pauvreté et donc de la bataille en faveur de l’insertion sociale. Le nombre des laissés-pour-compte s’accroît dangereusement. Pour réduire la faim, il faut contenir l’insécurité, l’inflation, l’exode rural et la poussée démographique. Il faut également favoriser la croissance économique, privilégier la création d’emplois, soutenir les projets sociaux, encourager l’agriculture et l’industrie. Pour le moment, on est plutôt dans le « résultat zéro », pour ne pas parler du degré zéro de l’incompétence. C’est pourquoi la grogne sociale est à son comble, même si la population n’ose pas encore descendre dans la rue. Le régime a tort de sous-estimer les conséquences de cette faim absolue qui donne de l’audace. Cette même faim qui rend fou et voyou. Cette même faim redoutable qui fait transcender la peur. Le jour des émeutes de la faim, nos dirigeants arroseront les manifestants avec des tirs de mitrailleuses avant de prendre la fuite. Ce sera le début de la fin.

Phil de Fer

 

 

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