La Gazette de la grande ile

Henry Rabary-Njaka: Une vitrine du «pas du tout» sous l’ère Rajaonarimampianina

Publié le 17 mars 2018

Sincèrement, qu’est-ce qui a poussé le président Hery vaovao à avoir repêché un porte-serviette qui a déjà démontré ses limites en tant que directeur du Cabinet civil de la présidence et Président du Conseil d’administration d’Air Madagascar? Rappels avant sa gaffe sur TV5 Monde.

C’est en juillet 2015 que Me Rabary-Njaka est démis des fonctions que j’ai citées plus haut. Il a du se passer des trucs assez graves pour que le président de la république, son ami, soit passé à cet acte, cet aveu d’incompétence. A ce moment-là, il n’était plus que Secrétaire général inerte du parti Hvm dirigé par Rivo Rakotovao qui a pris du galon en étant devenu le second personnage le plus important de la IVème république de Madagascar sous Hery Rajaonarimampianina. Mais ne nous éloignons pas de notre sujet. Comment expliquer cette double éjection?

Il faut savoir qu’à l’époque, la compagnie Air Madagascar traversait une grande zone de turbulences. Ci-après des extraits d’un article écrit en 2015 par notre «confrère» Jean-Luc Rahaga qui, depuis, a viré de bord pour travailler au côté du ministre de la Communication, Harry Rahajason alias Rolly Mercia, l’autre comico-tragique de la presse écrite malgache. Je transcris:

« Henry Rabary-Njaka est à l’origine de diverses turbulences que le régime actuel a connues et cela a commencé par l’emprisonnement de deux journalistes de ce quotidien dont l’auteur de ces lignes, pour… délit de presse! C’était au mois de juillet de l’année dernière (Ndlr : 2014) et depuis, la presse indépendante a réclamé la tête du directeur de cabinet de Hery Rajaonarimampianina, ainsi que celles de quelques membres du gouvernement. Par la suite, de nombreux syndicats et personnalités -pour ne pas dire le peuple entier-  ont réclamé son départ et une chose est sûre, Henry Rabary-Njaka, en même temps Secrétaire général (Sg) du parti au pouvoir et son compagnon Rivo Rakotovao, ont complètement noirci l’image du régime actuel auprès de la population. Par conséquent, ces deux personnes ont ruiné le peu d’estime des  électeurs envers les tenants du pouvoir actuel, mais aussi et surtout l’économie nationale avec la mise à mort d’Air Madagascar ». Plus encore, cette victime du tandem Rabary-Njaka/Rakotovao donc, a aussi révélé à l’époque : «Il y a peu de temps, les hauts cadres de cette compagnie ont révélé une perte pouvant s’élever à 500.000 dollars US par jour de grève, alors que les mesures prises par le Conseil d’administration présidé par Henry Rabary-Njaka et appliquées par les hauts cadres en question afin de faire sortir Air Madagascar de la liste B, ont produit l’effet contraire ! Bref, le directeur de cabinet du président de la République n’a été qu’un sac à… problèmes pour ce dernier. Mais pour les observateurs de la vie politique à Madagascar, ce fusible aurait dû sauter depuis belle lurette (…) ». Eh oui, si les paroles s’envolent, frivoles, les écrits demeurent.

Or, soudainement, en août 2017, le président Hery vaovao nomme Me Henry Rabary-Njaka en remplacement de la jusque-là fidèle Béatrice Atallah aux Affaires étrangères. Et, depuis la sortie médiatique et médiatisée sur TV5 Monde de ce triste sire qui a déserté son pays natal dans les années 1980, le MAE est devenu réellement le MEA (ministère des étranges affaires). En effet, sur deux points cruciaux concernant l’avenir immédiat de Madagascar, cet avocat franco-malgache inscrit au barreau de Paris, France et non Tsienimparihy Madagascar, a démontré une légèreté de son être (et paraître sans devenir) qui explique pourquoi aucune avancée ne se fera au niveau de la politique extérieure de la Grande Ile, tant que ces clowns tristement dangereux seront au pouvoir. A part les deux dates fantaisistes de la présidentielle 2018 (24 novembre et 24 décembre) qu’il a vraiment lancées à l’emporte-pièce, histoire de démontrer qu’il ne maîtrise rien du tout en fait, ci-après la transcription des questions posées par Xavier Lambrechts (X.L.) et les réponses de ce maître «es-gafferies» (H.R.N.), invité de «la Une francophone du 64’» (2 mars 2018) donc, à propos de l’accaparement de terres par des Chinois. Ce, presque au même moment où le président français Emmanuel Macron annonce des «verrous réglementaires» contre l’accaparement des terres agricoles :

X.L.: «(…) La Chine n’achète pas de terres à Madagascar?».

H.R-N.: «Pas du tout».

X.L.: «Elle loue des terres alors?».

H.R-N.  : « Il y a des investissements qui se font à travers, heu, mais il n’y a pas d’achat de terres. Je ne sais pas d’où vous tenez cette information… ».

X.L.: «Ben par Internet, des milliers d’hectares ont été achetés par des investisseurs chinois». Il y a eu certains mécontentements…».

H.R-N. : «Pas du tout. Il y a eu des difficultés, notamment en 2008 où il y a eu des terres arables qui ont été cédées à Daewoo, qui, d’ailleurs, a provoqué la chute du président de l’époque, M. Marc Ravalomanana».

X.L.: «Donc, à Madagascar, il n’y a pas ce que l’on appelle accaparement de terres».

H.R-N.: «Pas du tout».

Un vrai dialogue de sourds… Mais la réalité est toute autre, Mister Henry dont le surnom finira par être aussi Monsieur Pas du Tout! Soamahamanina, Anjanamasina, Betsiaka… pour lui sont des noms qu’il ignore certainement. Et ils n’ont jamais été prononcés en 2008. Pour la première localité, c’est même un reportage de TV5 Monde qui a enclenché le départ précipité des Chinois. Plutôt que de vous écrire un long texte sur ce sujet, j’invite cet étrange ministre des affaires étrangères, à aller du côté d’Ambatolampy, plus précisément au lieu-dit Antananarivo kely. Une fois sur place, il aura certainement une explication (ou pas du tout) sur la présence de gros engins de terrassement constituant une grave et réelle menace sur le quotidien même des villageois locaux.

Pour en revenir à décision du président Macron cité plus haut, sachez ce qui se passe en France actuellement.

Récemment, des Chinois d’un puissant consortium viennent d’acquérir discrètement près d’un millier d’hectares de terres agricoles dans l’Allier. Cette acquisition qui fait suite à un précédent investissement réalisé entre 2014 et 2016 dans l’Indre porte le patrimoine foncier du groupe en France à près de 2000 hectares, et s’inscrit dans le cadre du projet « Des champs français à l’assiette chinoise ». La Safer, cet organisme d’État en charge de la dynamisation et de l’aménagement de l’espace rural, ainsi que de l’aide à l’installation pour les jeunes agriculteurs, a été ostensiblement tenue à l’écart de cette transaction qui pose inévitablement la question de la souveraineté alimentaire de la France à moyen et long termes. L’opération foncière réalisée légalement par le consortium, met en lumière les failles juridiques de la législation française que d’autres investisseurs peuvent naturellement exploiter eux aussi, à grands renforts de capitaux. Dans l’Allier, la transaction s’établirait entre 10 et 12 millions d’euros, soit deux à trois fois le prix du marché à l’hectare. Comment résister au « jackpot » dans un secteur agricole soumis à une violente destruction de valeurs ? Le risque est tel de voir le patrimoine foncier national passer lentement mais sûrement sous pavillon étranger qu’une proposition de texte contre l’accaparement des terres agricoles pourrait figurer dans la prochaine loi sur l’agriculture. (Source: ladépêche.fr)

En France donc, l’Etat ne rechigne pas sur l’argent. Mais pas à n’importe quel prix tout de même. D’où la réaction d’Emmanuel Macron qui en connaît donc un bout sur le protectionnisme, la souveraineté et la raison d’Etat. Mais Madagascar est bel et bien à 10.000 km de tout cela…

Laissons à ce cher Jean-Luc Rahaga le soin de clore cet article sur Mister Pas du Tout Rabary-Njaka, cet incroyable personnage qu’on ne croyait exister que dans les films tragi-comiques: «Ceci étant, l’homme est, en réalité, à l’origine de tous les malaises et autres désordres qui ont secoué le régime dont le copié-collé du discours d’investiture du président de la République, la mise à dos de la presse indépendante -et selon certaines mauvaises langues: non-envoutées!- et de nombreux syndicats de travailleurs, etc.». La question que je me pose (déjà) est: Henry Rabary-Njaka arrivera-t-il à quitter Madagascar à temps, lorsque le moment du règlement populaire adviendra? Qui survivra -ou pas du tout- à l’élection présidentielle verra.

Jeannot Ramambazafy

 

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