La Gazette de la grande ile

REGARDS CROISES: A la recherche des valeurs perdues

Publié le 19 mars 2018

A travers mes pérégrinations, j’ai retrouvé, écrit sous le pseudonyme de Lala et paru dans Ny Basivava (no 24, 22 février 1907) ce poème engagé de Jean-Joseph Rabearivelo qui déplore non seulement la perte d’un coin de terre -tany-  mais celle du pays entier – Tanindrazana-. Si à cette époque, le patriotisme était de fédérer au VVS (Vy, Vato, Sakelika) pour délivrer le pays du joug du colonialisme, un combat à visage découvert, aujourd’hui l’ennemi porte plusieurs masques : un ennemi tentaculaire qui  maintient la population dans le dénuement total, englue le pays dans l’endettement pour plusieurs générations sans qu’aucune infrastructure pérenne ne soit mis en place, sans qu’un développement durable ne soit envisageable pour l’avenir immédiat, qui sombre parce qu’il perd sa culture.

Ce poème sera décliné en français comme en malgache afin de respecter « Le va-et-vient incessant entre ses deux langues d’écriture » je cite Claire Riffard.

La terre de mes ancêtres

Elle m’est douce comme le miel

Cette terre de mes ancêtres,

Pareille à la demeure des anges,

Je m’en souviendrai à jamais.

Pourtant on m’a dit qu’il existe

Des pays magnifiques

Le mien ne leur cède en rien

Lui aussi est merveilleux.

Le bon air qui souffle

Me vivifie

La lune jamais ne se cache

Je souhaite que ma terre lui ressemble.

Les oiseaux quand ils chantent,

Éveillent l’âme et le cœur

Leur forêt nous fait signe : « entrez »

Car ici on ne manque de rien.

Les os de mon Père aimé,

Retiennent là ma vie,

Mon esprit est comme fou

Il ne peut te quitter.

Elle me retient profondément enraciné

Ma Mère que je ne peux abandonner

Je préfère endurer la souffrance

Mais je ne peux l’abandonner.

Demeure des êtres chers,

demeure que l’on n’aimerait pas voir

[tomber en ruine,

Ce qui est aimé sans égal

Je ne peux le trouver qu’en toi.

Les étoiles scintillent

Claires et douces

C’est la lune qui éclaircit

L’obscurité menaçante.

Ô terre que j’aime tant,

Mon coeur a la nostalgie de toi

Même si je suis loin je franchirai les distances

Car mon seul refuge est en toi.

Mon cœur soupire

Lorsqu’il est loin de toi

Mes rires deviennent des pleurs,

Mon visage ne peut plus sourire.

Mitady ny very, un mouvement litteraire initié par les poètes Jean Joseph Rabearivelo, Ny Avana Ramanantoanina et Charles Rajoelisolo quand ils fondent le 5 août 1931 un journal malgachophone Ny Fandrosoam-baovao, « Le Nouveau Progrès », qui s’attache à promouvoir la poésie et qui voudrait donner une nouvelle impulsion aux productions en langue malgache. Deux ans plus tard, le 13 juin 1934 Jean Joseph Rabearivelo, Ny Avana Ramanantoanina et Charles Rajoelisolo publient un article intitulé « Hita ny very » (« Ce qui était perdu est retrouvé »), un bilan plus que positif.

Ny tanindrazako

Mba mamiko toy ny tantely

Izay tanindrazako izay,

Fa toa fonenan’anjely

Tsaroako mandrakizay

Mba reko fa misy ny tany

‘zay tsara dia tsara tokoa

ny ahy tsy latsak’izany

fa tany mba be zava-tsoa.

Ny rivotra izay mba mitsoka,

Mampody ny aiko tokoa

Ny volana tsy mba misoka,

Iriko ho endriny koa.

Ny vorona raha mihira,

Manaitra ny saina sy fo

Ny hazony miantso : “midira”

Fa eto no mahafa-po.

Ny taolan’Idada malala,

Mitana ny aiko ho ao,

Ny saiko dia toy ny adala,

Tsy miala fa ao aminao.

Mitana hiorina mafy

Ny tenan’Ineny tsy foy,

Aleoko ho olo-mihafy

Fa izy tsy azo nafoy

Fonenan’ny olo-malala,

Fonenan-tsy tiana ho lao,

Ny tiana tsy manan-tsahala

Tsy hita tsy ao aminao.

Ny kintana tena mazava

Mazava malefaka koa

Ny volana no mampisava

Ny aizina tsy mahasoa.

Ry tany malalako loatra,

Ny foko dia manina anao,

Na lavitra aza hihoatra,

Fa tsy tody raha tsy ao aminao.

Misento mahalana ihany

Ny foko raha lavitra anao

Ny hehiko zary tomany,

Ny tsiky tsy azo natao.

Mais hélas , tout est à reconstruire. En effet, monsieur Henri Rahaingoson déclare lors de la conférence en 2016 dans la grande salle du Palais de l’Académie Malgache de Tsimbazaza parce que la littérature malgache a perdu sa place, « Hitady ny very » est un devoir : « Actuellement, la langue, la littérature ou même l’identité malgache ne sont plus protégés de la mondialisation. Je crois qu’il faut recommencer à rechercher ces choses disparues, ces qualités qu’on a bêtement oubliées. On est dans l’ère de l’évolution, et on ne peut pas y échapper. Les chocs interculturels, le développement de la technologie et de la science, et surtout les échanges commerciaux avec les autres pays rendent, petit à petit, muet le Malgache. Mais emprunter des mots étrangers n’est pas un péché, si et seulement si on n’a pas son équivalent en malgache ».

« Raha noana ny vatana, mivezivezy ny fanahy » ; « Si le corps a faim, l’esprit est ailleurs ».

Nancy Razanatseheno

 

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