La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE DE N. RAZAFILAHY: Pourquoi la justice fonctionne si mal ?

Publié le 23 mars 2018

Ce n’est plus un  secret pour personne. La  justice connaît actuellement  la pire période de la vie de la corporation des magistrats. Le mal qui ronge ce corps se  constate à deux niveaux. D’un côté, c’est  la bonne  gestion de l’administration judiciaire qui est  très mal perçue dans tous les  secteurs  et à tous les  niveaux (à noter qu’on  fait état ici de la  perception  de la situation vue de l’extérieur de ce  département). Il y a également cet ensemble d’interférences qui fait que le fonctionnement de l’appareil judiciaire en  général et celui de chaque juridiction en particulier, répond très mal aux espérances des justiciables. Facteurs logiques de l’existence d’un déficit de confiance de la population  envers les tribunaux, toutes ces tares semblent n’avoir que peu d’importance susceptible d’inquiéter les  responsables centraux. On dirait même qu’ils se  familiarisent avec, au point de ne rebondir que lorsqu’ils sont personnellement concernés.

On se souvient tous de ces attaques directes et violentes de quelques palais de justice, de cette regrettable réaction très violente des policiers de  Tuléar, de ces magistrats qui ont été obligés de fuir précipitamment leur poste pour  éviter la vindicte populaire, de ce refus d’accepter une décision judiciaire d’un Marc Ravalomanana qui se pavane au nez  et la  barbe de la puissance publique comme si  de rien n’était, de cette accusation farfelue d’un Houcine Arfa (un étranger condamné de droit commun évadé d’une prison, qui,lance à partir de la capitale française, toute une série d’accusations très médiatisée contre le régime tout entier rien que pour se venger, pour le plaisir inavoué de déstabiliser des anciens patrons manipulateurs. Il y aussi cet indésirable investisseur d’Olivier Mansotte, déjà condamné par le Tribunal,mais qui continue de polluer avec les effluves nauséabondes des excréments humains et autres détritus qu’il ramasse et  stocke dans un site résidentiel sans craindre la rigueur de la justice. Ailleurs, quelqu’un qui détruit des plantes centenaires dans un arboretum, étranger de surcroît, aurait été sévèrement puni par la loi. Mais ici chez nous, il nargue tout le monde, à commencer par les autorités centrales. Et puis récemment, cette bavure procédurière qui a visiblement mal tourné, pour finalement conduire le Conseil d’Etat à donner gain de cause à un Procureur Général de la Cour Suprême. L’Exécutif avait purement et  simplement limogé Ranary Robertson Rakotonavalona par voie de décret pris en conseil de ministres, sans tenir compte des textes des lois existantes et  encore en  vigueur. Puis,  voilà que cette fois-ci, du fin fonds des  forêts tropicales de Mananjary, des cris de détresse parviennent jusqu’à Antananarivo la capitale pour dénoncer les  actes et attitudes indignes de la profession de magistrat commis par un jeune Procureur de la République (pourtant fils de magistrat ancien membre du Conseil Supérieur de la Magistrature). C’est  à se demander si dès  fois, la télégonie ne joue pas des mauvais tours à la nature. Sinon, comment expliquer qu’une situation faisant l’objet de  doléances officiellement émises et remises à qui de  droit, restent et demeurent jusqu’à ce  jour sans suite pour perdurer pendant des années ? Sans aller jusqu’à croire bêtement à la valeur du constat trop catégorique de ce proverbe qui dit « tel père, tel fils… ».  N’importe quel profane en la matière est bien obligé de reconnaître qu’il y a une négligence coupable et surtout complice quelque part au niveau du  contrôle de l’intégrité, sinon plus haut…

C’est à  se demander avec une inquiétude certaine, pourquoi dans un Etat où celui qui a été élu et installé à la Magistrature Suprême et qui a fait de la  lutte contre l’insécurité et la corruption la priorité des priorités dès le premier jour de son mandat, se retrouve encore et  toujours avec une grande partie de ses courtisans en train d’instrumentaliser certains juges ? Déjà que certains magistrats, par la force des  choses personnelles et le désir de paraître, sont déjà suffisamment pourris par le pouvoir de l’argent généré par les utilisations abusives des pratiques financières malsaines et les trafics en tous genres dans les  activités des commerce prohibées (vols de bœufs, exportations illicites de l’or, des produits miniers et autres ressources naturelles). Les confidences de  quelques honorables vieux routiers de la magistrature ne nous cachent pas que la corporation compte en majorité des juges au-dessus de  tout soupçon et dont l’honnêteté fait honneur à tout le corps. « Cependant, à cause de l’indéniable existence de ces honteux très coûteux péages exigés en cachette avant chaque concours de recrutement, la nouvelle génération dès son noviciat, se retrouve piégée, par la  contrainte d’être obligée d’amortir des investissements supportés par la famille,  et ne peut que  tomber dans les pièges de la tentation des corrupteurs patentés aux aguets », précisent-ils. Pour avouer avec une pointe de dépit dans la voix  la honte « de supporter la vue et l’arrogance de ces jeunes débutants au volant de ces rutilantes et très coûteuses voitures de dernier cri très luxueuses dont les prix ne correspondent pas du tout aux salaires qu’ils perçoivent… »  Ce n’est pas pour le plaisir de jouer aux pyromanes dans les bureaux d’un bâtiment officiel que  récemment des officiels avaient fait sensation et mérité la Une des  journaux. Pourquoi  fallait-il absolument brûler certains documents ? C’est peut-être pour éviter que le scandale (une fois de plus) remonte trop haut ? Comment voulez-vous dans un contexte aussi perverti, même s’il faut commencer comme le souhaite le président de la République
« responsabiliser les fokontany », même si sincèrement, il est convaincu que : « le meilleur moyen de rétablir la sécurité de  façon pérenne (…) «est de mettre en place une stratégie au niveau des fokontany afin d’y parvenir» ? Son seul  tort a été de faire en sorte que « l’existence du comité de vigilance constitue une balise contre les  abus de toutes  sortes. » Rien qu’une balise sans aucun pouvoir institutionnel légitimé ? Le président ne doit pas ignorer que de tout temps, la bonne volonté sans faille des populations à la base était confrontée et en bute aux intérêts égoïstes qui soutiennent et provoquent « des affaires de  corruption, de vindictes populaires, des injustices au tribunal, des  évasions (?) ou des  récidives de  repris de justice. » Dans la parution du  RENDEZ-VOUS DU PRESIDENT du mercredi 21 mars dernier, il a été fait mention que « Beaucoup de  choses restent à faire pour rétablir la sécurité dans le pays. C’est un domaine qui demande de la volonté et de l’audace. » Quand il s’agit de « rétablir la sécurité » afin que les « habitants soient les premiers en bénéficier », il n’y a absolument pas lieu  de  se  cantonner seulement à une « vision » optimise des choses. L’essentiel est de montrer des preuves de «la volonté et de l’audace ». Pour ce  faire, il n’y a qu’une seule et unique façon : nettoyer les marches du système en commençant par le haut en allant vers le bas. Autrement une vision restera toujours une vision stérile sans concrétisation convaincante, à l’égal du mirage et d’une hallucination dans ce monde désertique de la pauvreté programmée.

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