La Gazette de la grande ile

Hery Rajaonarimampianina préfère être démis violemment plutôt que démissionner pacifiquement

Publié le 24 mars 2018

Oui, les gars: à Madagascar, l’Histoire politique est un éternel recommencement et le filoha Hery vaovao n’échappera pas à cette règle qui, pourtant, ne devrait plus avoir sa raison d’être. Et pourtant…

En fait, le vrai et premier responsable de la révolte qui risque fort de se produire dans quelques mois, se nomme Jean Eric Rakotoarisoa. En effet, en 2015, c’est lui, en tant que président de la Haute cour constitutionnelle (HCC), qui a permis à Hery Rajaonarimampianina de rester à sa place. Ce qui a permis surtout au peuple malgache tout entier d’être les victimes au premier plan d’un plongeon vers l’enfer du sous-développement de la Grande île toute entière. Car c’est bien en son âme damnée et en sa conscience embrumée d’ariary par milliards qu’il aura réussi à rééditer ce qui s’est déjà produit le 13 mai 1972, le 10 août 1991, les (premiers mois de l’année 2002 et le 7 février 2009. Des morts inutiles en perspectives que l’on peut éviter, dès à présent si… Si, hélas, car la soif du pouvoir rend terriblement aveugle et sourd mais pas muet. Oser dire que l’on va être, après quatre ans de violations répétées, « gardien de la Constitution » est une insulte au monde libre tout entier… Gardien de la corruption de haut vol serait plus proche des réalités vécues jusqu’ici.

Rappel des faits Rajaonarimampiens: le vendredi 22 mai 2015, 115 des 151 députés (tiens, où était alors passée la « majorité présidentielle »?) siégeant à l’Assemblée nationale de Tsimbazaza, avaient rédigé une motion de déchéance conformément à l’article 131 de la Constitution qui stipule :

Article 131. Le Président de la République n’est responsable des actes accomplis liés à l’exercice de ses fonctions qu’en cas de haute trahison, de violation grave, ou de violations répétées de la Constitution, de manquement à ses devoirs manifestement incompatibles avec l’exercice de son mandat. Il ne peut être mis en accusation que par l’Assemblée nationale au scrutin public et à la majorité des deux tiers de ses membres.

Il est justiciable devant la Haute Cour de justice (HCJ). La mise en accusation peut aboutir à la déchéance de son mandat. Ce qui est déjà un motif de déchéance selon l’article 167 de la même Constitution:

Article 167. Afin de respecter le prescrit constitutionnel, le Président de la République, dans un délai de 12 mois à compter de son investiture, invite les Instances compétentes à désigner les membres qui composeront la Haute Cour de justice afin de procéder dès l’expiration de ce délai à l’installation de la Haute Cour de justice. Toute partie justifiant d’un intérêt peut saisir les institutions compétentes de demande de sanction en cas de carence.

En ce qui concerne le Président de la République, exceptionnellement, l’instance compétente est la Haute Cour constitutionnelle qui serait autorisée à prendre les sanctions qu’aurait pu prendre la Haute Cour de justice si elle était installée.

Puis, il y a eu une requête de mise en accusation à fin de déchéance du Président de la république de Madagascar, Hery Rajaonarimampianina, reçue par le Bureau permanent de l’Assemblée nationale. Cette requête porte la référence 113AN/CAB en date du vendredi 22 mai 2015, reçue le même jour à 15h50 par Jean Max Rakotomamonjy, Président de l’Assemblée. Cette requête porte la signature de 115 Députés de Madagascar, donc, toutes tendances confondues. Ainsi, le mardi 26 mai 2015, tout ordre du jour a été suspendu à Tsimbazaza où les députés sont en assemblée ordinaire depuis quelques jours déjà. Il ne restait plus qu’à attendre la décision du Bureau permanent qui s’était alors réuni en conférence des présidents à ce moment-là. Ce même 26 mai 2015, voici ce que j’avais rédigé pour madagate.org:

En tout cas, quelle que soit l’issue de ce véritable jeu du chat et de la souris, il est clair que Madagascar se trouve en plein dans une crise institutionnelle véridique. La confiance ne règne plus entre le législatif et l’exécutif. Qu’est-ce qui arrivera en premier?

La navette des mallettes à milliards d’ariary (comme précédemment à Tsimbazaza) ou le dépôt officiel de cette requête auprès de la Haute cour constitutionnelle à Ambohidahy? Si la motion de déchéance aboutit (ce qui relèverait du miracle authentique et non du respect des textes en vigueur, avec un Jean Eric Rakotoarisoa qui a pactisé avec le diable), retour à la case départ et organisation d’élections anticipées. Si elle ne réussit pas, le président illégitime devra dissoudre cette assemblée et jusqu’à son second gouvernement depuis son investiture. Mais que de temps perdu pour le pays tout entier.

Tout çà, parce que ce candidat de substitution, président de la république par procuration, n’a jamais respecté les lois en vigueur, à commencer par la Constitution, depuis le début de son mandat.

Ainsi, comme cette HCJ n’a jamais été installée depuis, la balle était donc dans le camp, plus exactement entre les mains du petit Monsieur nommé par et puis élu au nom de qui vous savez. Le 12 juin 2015, la Décision n°24-HCC/D3 du 12 juin 2015, relative à la résolution de mise en accusation du Président de la République Hery Rajaonarimampianina, est publiée. Après des tas de considérants tous aussi sidérants les uns que les autres, voici ce qui a été décidé alors :

Article premier. – La demande des requérants est recevable.

Article 2. – La demande est rejetée comme non fondée.

Article 3. – Les institutions gouvernantes de la République (Président de la République, Gouvernement, Assemblée Nationale) exercent pleinement leurs fonctions conformément à la Constitution.

Article 4. – L’exécutif et le législatif respectent les principes de la séparation et de la collaboration des pouvoirs, fondements du régime semi-présidentiel de la Quatrième République.

Article 5. – Les institutions de la République œuvrent en faveur d’un pacte de responsabilité, garant du bon fonctionnement de l’Etat, dans le cadre de la Constitution en vigueur.

En ce samedi 24 mars 2018, aucun pacte de responsabilité n’a été mis en oeuvre, l’Assemblée nationale n’a pas été dissoute, le Premier ministre Jean Ravelonarivo a, certes, été remplacé par le Premier ministre Olivier « Vraiment » Mahafaly, cependant, le président désormais illégitime, mais maintenu à coups de malettes magiques, a poursuivi et poursuit encore son oeuvre de paupérisation en règle de son pays natal et après lui le déluge.

Et si cette manoeuvre de déchéance présidentielle a réussi une fois, pourquoi pas une seconde fois n’est-ce pas? Cela dans le cadre de ces textes infâmes sur les élections à venir dont l’adoption prévue passer comme lettre à la poste a essuyé un échec cinglant malgré des millions d’ariary distribués à 70 députés. Faut-il donner des preuves? Elles seront publiées au moment où il faut. Pour l’heure, malgré que le président de l’Assemblée nationale, Jean Max Rakotomamonjy, avait déclaré qu’une 3è session extraordinaire aura lieu après Pâques, celle-ci s’est ouverte hier vendredi 23 mars. Un forcing dicté par le « battre le fer tant qu’il est chaud » surtout qu’à Madagascar, désormais, c’est le pouvoir exécutif qui donne des ordres au pouvoir législatif.  Le va-et-vient des 4X4 des députés vers la Primature de Mahazoarivo n’est pas passé inaperçu avant-hier et hier encore. Ce n’est certainement pas l’argent qui manque au Hvm, n’est-ce pas? Vu l’enjeu, c’est-à-dire un hold-up légalisé sur le vrai verdict futur des urnes, distribuer de main à la main, sans reçu, des centaines de millions d’ariary à des députés ultra-corrompus et en fin de mandat aussi, n’aura jamais été un obstacle pour se maintenir au pouvoir. Le plus ridicule mais qui ne tue plus est qu’il n’y a jamais eu de députés Hvm élus en 2013, étant donné que cette formation politique n’existait pas au moment des élections de l’époque.

Ainsi, dans cette optique, le voeu des 22 millions de Malgaches s’amenuise comme peau de chagrin pour que Hery Rajaonarimampianina suive les traces de François Hollande (Président français qui ne s’est plus présenté candidat), de Robert Mugabe (Président du Zimbabwe forcé par des militaires à démissionner); de Jacob Zuma (Président de l’Afrique du Sud forcé de démissionner par les membres du parti ANC); d’Ameenah Gurib-Fakim (Présidente de l’île Maurice démissionnaire, impliquée dans un scandale financier) et de  Pablo Kuczynski (Président du Pérou démissionnaire, accusé d’être impliqué dans un scandale de corruption).

Oui, les gars: à Madagascar, l’Histoire politique est un éternel recommencement et le filoha Hery vaovao n’échappera pas à cette règle qui, pourtant, ne devrait plus avoir sa raison d’être. Et pourtant… Seulement concernant la fin du pouvoir du couple Rajaonarimampianina et de ses valets très intéressés du Hvm, une variante à la Ceaucescu risque fort de survenir. A force de tirer le diable par la queue…

Le plus pénible, amies lectrices, amis lecteurs, pour nous journalistes professionnels, c’est de ressasser les mêmes maux depuis des dizaines de mois sous ce régime Hvm/Rajaonarimampianina et de savoir qu’il finira pire que ses prédécesseurs s’étant targués d’être élus par le peuple (« Voafidim-bahoaka »). Plus que quelques mois à tenir, retenez donc votre souffle car, pour l’heure, il est encore interdit de mourir idiot.

Jeannot Ramambazafy

 

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