La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE : Autosatisfaction d’un vrai visionnaire face aux mirages des émergences.

Publié le 26 mars 2018

Samedi  dernier,  à la Place du Kanto (un de ces vocables de ce pays que la langue de  Claude Augé arrive à peine à traduire),   les premiers mots d’un message de paix et de tolérance ont donné le ton à un rassemblement qui se voulait pourtant très politique. Sans du tout décevoir en  aucun moment ceux qui s’attendait plutôt à un discours fracassant, l’Amiral Didier Ratsiraka avait dicté avec l’autorité du fondateur du parti Arema que « c’était la fête au village ». C’était la raison principale de  sa présence, disait-il, et qu’il réserve  l’intervention tant attendue du chef de parti pour une autre occasion. Pas d’accord du  tout avec l’illustre Général de Gaulle qui prenait « la vieillesse comme un véritable naufrage », il a osé une  fois déjà vouloir permettre à ses détracteurs de cracher un jour sur sa tombe, mais pas sur ses réalisations au profit des habitants de Madagascar ce pays qui, après ses mandats écourtés par des conjurations scélérates ne sont plus seulement à  genoux, mais en  train de ramper par terre à cause de la pauvreté. Celui qui « ne regrette rien » avait fait part avec une fierté à une assistance en  admiration de ses multiples  mais prouvables raisons d’autosatisfaction.

Apôtre convaincu d’une réconciliation qui n’a rien à voir avec les hypocrisies de politicards plutôt soucieux et obsédés par la conquête du pouvoir pour se servir dans les  caisses de l’Etat au lieu servir cette île en patriote pas du tout tenté par l’enrichissement « rapide et condamnable et combien méprisable… », droit dans ses bottes, le Ratsiraka de notre ère actuelle du règne de la voyoucratie, égrène aux oreilles de  tous les avantages d’avoir  réussi à ouvrir une voie royale à toute une jeunesse ayant acquis une existence citoyenne enviable et même des carrières professionnelles très honorables. Le tout dit sur le ton de l’humour. Prenant à témoin les hautes personnalités, honorables invitées présentes à l’occasion, l’homme d’une Révolution Socialiste qui, avec le temps a su donner ses fruits qui profitent d’une manière paradoxale à tous ces ingrats bornés qui, dans leur cécité intellectuelle se complaisent à  dénigrer un homme d’Etat pragmatique, en avance  sur son temps, mais qui avait permis à tous les habitants de cette île de  vivre une souveraineté nationale décente et les retombées du Savoir dispensée à partir des crèches d’une Première Dame au service des handicapés et des nécessiteux  jusqu’aux plus hautes distinctions universitaires académiques. A noter que grâce à la vision éclairée à l’échelle de la nation d’un Radidy, accusés à l’époque de tous les maux et de tous les mots, ses compatriotes oubliés de tous les  régimes (les Antandroy) peuvent aujourd’hui s’en orgueuillir compter parmi leurs fils d’un nombre très respectables d’universitaires experts de classe internationale dans le nucléaire, les sciences, autres filières de prestige et aussi des généraux ! Qui dit mieux ? Devant un public qui  s’attendait à  des  invectives, des sorties dures à entendre et des reproches pourtant justifiées à l’heure où tous les prétentieux à sa succession pour occuper le somptueux Palais d’Etat qui fait la fierté de ceux qui y ont vécu des jours de gloire aux yeux des étrangers après lui, l’ancien président de la République, s’est abstenu sciemment avant-hier de jouer l’imprécateur de service. Les prétextes ne manquaient pas…Au fait, avec cette proximité de la course à la présidence prévue pour cette année 2018 et qui serait sûrement une occasion rêvée pour les électeurs, au lieu  et place d’un Père Noël, de mettre dans leurs petits souliers quelques candidats fameux mais pas désirables. A l’heure actuelle, d’un bout à l’autre de l’île, les maires sont unanimes. Devant le président Hery Rajaonarimampianina «ils ont soulevé les problèmes liés à l’insécurité, les infrastructures routières, et l’inflation surtout la hausse des prix du riz. »  Les communiqués officiels eux-mêmes en parlent…

Pendant des  années et des  années, ces bandes de démagogues au service d’un duo de roublards de classe internationale comme Marc Ravalomanana et ce jeune débutant d’Andry Nirina Rajoelina, comme la cigale de la fable de La Fontaine pas uniquement  « toute l’été », elles nous ont chanté ce refrain menteur sur       « l’Amour » ou on ne sait plus trop les relations contre nature et les retombées illusoires de conduire l’un ou l’autre à la tête de la République. Foutaise que tout cela ! Pour Ravalo le compte est bon : fossoyeurs du Budget de l’Etat durant tout le temps où il avait dominé le pays avec la mentalité d’un véritable truand, il ne pourra jamais prouver le contraire aux yeux de tous les Malgaches. Ce n’est pas en  se  drapant dans la peau de l’agneau qu’il peut cette fois-ci  encore espérer échapper à la justice et à la désapprobation populaire. Appauvris comme nous sommes tous (saufs les nouveaux riches ces Tiko-boys, ces nouveaux riches des trafics des bois de rose et de l’or durant la Transition, ces courtisans du parti présidentiel HVM scandaleusement et injustement favorisés), personne, plus personne même la population la plus affamée et assoiffée de l’Androy ne voudra  jamais se résoudre à « embrasser un porc-épic ou un hérisson ». « TSY LANY VORONA NY TANY KA GOAIKA NO HATONO », dit un proverbe bien  de chez nous qui interdit de consommer de la chair de corbeau même si cet oiseau a un beau plumage très lisse « malama volo ». A propos, toutes proportions gardées, comment se fait-il que ces  plaintes en bonne et due forme déposées par feu le Pr Albert Zafy auprès du Procureur de la République d’Antananarivo accusant Andry Rajoelina, des  proches parents et de collaborateurs restent lettre morte jusqu’à ce jour. Aucune d’elles n’eut une suite logique. Il est question de faits délictueux précis  estimés à montants de l’ordre de plusieurs milliards sur des  affaires de bois de rose. Pourquoi il n’y a pas d’enquêtes sur ces immeubles achetés à Dubaï et à l’île Maurice ? Serait-ce parce qu’en tant qu’ancien président de la Transition, Andry Rajoelina ne mérite pas de connaître un sort analogue à celui de Claudine Razaimamonjy ? Pourquoi mettre l’une en prison et pourquoi on ne touche pas aux Andry, aux Ravalo et à tant d’autres qui regardent  avec mépris la pauvreté de nos  compatriotes ? Si ce n’est pas là une nouvelle forme de ségrégation sociale, c’est que cela ressemble un peu  trop à quelque chose de ce genre que le Droit refuse d’avaliser. Il ne s’agit pas  ici de faire d’Andry Rajoelina un Sarkozy de l’Océan Indien, mais seulement de chercher à  ce  que justice soit faite. Quoi qu’ils décident nos députés, on ose  espérer que malgré les offres  alléchantes auxquelles ils sont sollicités, ils garderont toujours en  têtes que, si élection présidentielle il y a ou pas, les sales temps que connaissent les  personnalités comme la présidente de l’île Maurice, celle de la Corée du Sud et d’ailleurs peuvent très bien  aussi avoir lieu à Madagascar. Si les juges à  tous les niveaux se comportent comme des vrais magistrats dignes de ce  titre sans craindre de bien agir au nom de la loi…

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