La Gazette de la grande ile

Air Madagascar/Air Austral : l’accord violé par l’ACM

Publié le 28 mars 2018

C’est depuis hier qu’Ethiopian Airlines dessert Nosy-be en provenance d’Addis-Abeba (Ethiopie) avec escale à Moroni(Comores). A raison de trois vols hebdomadaires dont le retour se fait en direct, cette liaison se fait à bord d’un Boeing 737-800. Et la compagnie nationale éthiopienne ne compte pas en rester là.

La semaine dernière au salon Asia Enjoy à la zone Forello, elle a en effet annoncé son ambition de programmer une centaine de vols depuis Nosy-be dont vers Rome (Italie) et Harare (Zimbabwe). On ne peut que se réjouir de ces perspectives qui ont été certainement annoncées pour dire qu’Ethiopian Airlines ne détourne pas la clientèle d’Air Madagascar sur la nouvelle liaison sur Nosy-be (et les autres où la compagnie malgache n’est pas présente, encore que sur la liaison avec l’Italie, elle a un accord avec la compagnie Neos qui dessert Nosy-be). Ethiopian Airlines anticipe-t-elle donc la bataille qui l’attend face à Air Madagascar?

Toujours est-il que Nosy-be est la deuxiéme ville malgache desservie par Ethiopian Airlines qui depuis un an assure 4 vols hebdomadaires sur Antananarivo. Les professionnels savent cependant qu’en fait, ces vols Addis Abeba-Antananarivo ne sont que le prolongement de Paris-AddisAbeba-Antananarivo et vice-versa. Exactement comme Antananarivo-Nairobi -Paris sur  Kenya Airways ou Antananarivo-Plaisance-Paris sur Air Mauritius sans qu’Air Madagascar ait pu faire quoi que ce soit.

Au bout d’un an d’exploitation de la route sur Antananarivo, Ethiopian Airlines a certainement compris que la quasi-totalité des passagers embarqués en France vont en réalité à Nosy-be. D’où cette liaison directe sur l’île aux parfums qui témoigne de la réactivité de la compagnie qui n’est pas le leader en Afrique pour rien. C’est tout à fait compréhensible de la part d’une société commerciale. Seulement au regard de l’accord de partenariat stratégique signé entre l’Etat malgache et Air Austral, le 31 octobre 2017, l’autorisation accordée à Ethiopian Airlines est en violation totale des engagements pris.

Dans cet accord, il est en effet stipulé que « le Gouvernement de Madagascar, s’engage à ne pas accorder de droits de trafic à un tiers qui (b) pourrait affecter la mise en œuvre et/ou la réalisation du plan d’affaires sur une période de trois (3) ans à compter du closing. Pendant une période limitée de trois (3) ans à compter du closing, (il est convenu que) le Gouvernement de Madagascar doit consulter par écrit l’Investisseur avant l’octroi des droits de trafic aérien à un tiers. L’Investisseur aura le droit de s’opposer à l’octroi de droits de trafic aérien si cela peut raisonnablement affecter matériellement la mise en œuvre et/ou la réussite du plan d’affaires. Si le gouvernement ne tient pas compte de l’objection, il est alors tenu de (i) compenser les dommages directs qui en résultent pour la Société et de (ii) restaurer l’équilibre financier de la Société si cet équilibre est affecté. »

Rien de tout cela n’a été respecté. L’investisseur Air Austral n’a pas été du tout consulté par l’ACM (aviation civile de Madagascar), plus précisément le DG James Andrianalisoa qui a donné les droits à Ethiopian Airlines. Ancien DG de la compagnie nationale aérienne, M. Andrianalisoa devrait pourtant savoir que Nosy-be reste la destination phare d’Air Madagascar et sur laquelle repose certainement le plan d’affaires avec Air Austral. Pourquoi a-t-il donc décidé d’accorder ces droits?

Cette question a été déjà posée lors de l’autorisation accordée à Corsair sur La Réunion-Antananarivo sans qu’aucune enquête soit engagée pour déterminer s’il y a eu corruption ou non. En tout cas, la répétition des faits témoigne de l’existence de graves dysfonctionnements dans les transports aériens et même au niveau de l’Etat.

D’abord au niveau du secteur dont James Andrianalisoa est vraiment le maître après Dieu, il n’est pas normal qu’il continue d’exercer seul dans sa société parisienne AS&EC qui est spécialisée dans le transport aérien dont l’activité est, entre autres, apporteur d’affaires tout en étant DG de l’ACM. Pire, ce dernier n’a aucune qualification en la matière au contraire de ces nombreux spécialistes formés à l’Enac de Toulouse qui pullulent dans le pays.

Ensuite, l’acte de M. Andrianalisoa n’est autre qu’un désaveu complet et de l’accord et des deux ministres ( Finances et Transports) qui l’ont signé au nom du gouvernement de Madagascar. Qui est-il pour se permettre de renier un gouvernement nommé par un président de la République légalement élu?

C’est le conseiller spécial du président Rajaonarimampianina et membre fondateur du HVM  « ’est aussi le fossoyeur d’Air Madagascar », nous précisent excédés des agents de la compagnie nationale en recensant ce que leur ancien DG a fait depuis son retour au pays en 2012. A croire qu’il a eu l’autorisation de s’acharner à mort sur Air Madagascar pour se venger de son expulsion de la compagnie en 2002 où les dirigeants de l’époque l’avaient accusé de tous les maux avec dépôt de plainte internationale qui l’a conduit à prendre la fuite et s’exiler en France, ajoute-t-on. Est-ce la raison de l’absence d’une quelconque enquête du Bianco malgré les plaintes?

En tout cas, Air Madagascar et Air Austral ne vont certainement pas rester les bras croisés. Alors que celle avec Corsair n’est pas totalement réglée, une nouvelle bataille aérienne se prépare à cause d’une seule et même personne.

Sa

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