La Gazette de la grande ile

Application de la démarche scientifique: Une nécessité pour Madagascar ?

Publié le 06 avril 2018

Les « anomalies » sont une façon de désigner notre ignorance laquelle reste provisoire si l’on accepte le principe que la prise en compte de l’anomalie permettra d’améliorer ou de changer la théorie, de voir le monde différemment. Autrement dit, les anomalies sont des indices. Il en va de même dans les sciences humaines, et notamment en économie. Pourtant, certains économistes s’appuient sur une vision abstraite de la concurrence, reposant sur le modèle de concurrence pure et parfaite, pour constater ensuite que la réalité est truffée « d’imperfections » et « d’anomalies ». Ces anomalies ne les conduisent pas à se poser des questions sur la théorie mais les incitent au contraire à modifier la réalité pour qu’elle colle mieux au modèle de la concurrence que l’on ne saurait contester. Pourtant, il y a un monde entre la concurrence telle qu’elle est modélisée par les modèles et la compétition telle qu’elle est vécue au quotidien par les agents économiques. Mais il ne vient pas à l’esprit de ces économistes qu’il faudrait peut-être faire évoluer la théorie pour qu’elle corresponde mieux au monde réel que l’on cherche à expliquer. Non, ils prétendent que, compte-tenu de l’importance de ces imperfections, il faut modifier la réalité, notamment en faisant intervenir le gouvernement pour réguler la concurrence. C’est le processus similaire qui a conduit les astronomes à défendre pendant des siècles le modèle astronomique de Ptolémée qui mettait la terre au centre de l’univers. Puis, avec les progrès de l’optique et l’avènement des lunettes astronomiques, les observations ont révélé des orbites « aberrantes », des « anomalies » considérées par le prisme ptoléméen. Alors les défenseurs du modèle dominant ont multiplié les hypothèses ad hoc, en créant des points fictifs qui permettaient de sauver le modèle de Ptolémée. En effet, on pouvait toujours montrer que telle ou telle planète, tel ou tel astre, dont la trajectoire paraissait « douteuse » aux yeux de l’observateur, tournait en fait autour d’un point qui lui-même tournait autour de la terre. Et si cela ne suffisait pas, on pouvait montrer que ce point tournait lui-même autour d’un point qui tournait autour de la terre. Dans tous les cas, la construction permettait de toujours ramener l’ensemble de la mécanique céleste autour de la terre, sauvant l’esprit fondateur du modèle de Ptolémée. Dans le même temps, la multiplication des « anomalies » et le recours à une multitude de « points fictifs » fragilisaient la portée scientifique du modèle de Ptolémée qui finit par laisser la place au modèle de Copernic. Ce n’est pas parce que les résultats observés ne correspondent pas aux attentes du chercheur que les résultats sont mauvais. Seule l’interprétation des faits peut être mauvaise mais pas les faits eux-mêmes. La surprise fait partie intégrante du processus de découverte et la multiplication des surprises signale une évolution des connaissances qui est le souvent le prélude à une nouvelle révolution scientifique. La surprise est donc un résultat considérable, prouvant que le résultat n’était pas contenu dans les hypothèses donc que la théorie n’est pas une simple construction tautologique. Toute la théorie de la concurrence pure et parfaite et ses prolongements (concurrence imparfaite, théorie des jeux) constituent le Ptolémée de la science économique contemporaine. L’économie a besoin désormais de connaître sa propre révolution copernicienne : ce n’est plus la concurrence qu’il faut théoriser, c’est la compétition qu’il faut comprendre.

Recueillis par Malalanirina

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