La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE DE N. RAZAFILAHY: La HCC va-elle baisser culotte encore une fois ?

Publié le 17 avril 2018

Toujours sous la loi de l’offre de la corruption et une forte demande des décideurs cupides pressés de ramasser des milliards d’Ariary rien qu’en  apposant sa signature de traîtrise envers la nation, quelques hauts responsables ont vendu leur âme au diable et à des étrangers. Serait-ce que de très hauts fonctionnaires racontent partout que les caisses de  l’Etat sont vides et risquent de ne plus pouvoir faire face aux obligations institutionnelles que le pays est en droit légitime d’attendre du pouvoir que des responsables étatiques réagissent de la sorte. Menteurs ! Bande de provocateurs et d’agitateurs au service de  ces envieux qui veulent déstabiliser les derniers jours d’un mandat qu’il faut rallonger par tous les moyens possibles et imaginables. Comment osez vous nous raconter de pareilles balivernes alors que d’un bout  à l’autre de l’île les barons du système suent sang et eau pour prouver le contraire. Ils dépensent sans compter ? Ils n’arrêtent pas de festoyer, de s’adonner à  des exhibitions spectaculaires à grands frais, d’organiser de coûteux  rassemblements de population et de jeunes politiquement vierges pour vendre comme on fait pour une nouvelle marque de savonnette un produit déjà (trop connu) portant le logo du HVM en prévision de la prochaine consultation électorale. Dans l’espoir d’amener les badauds et les « gasy bado » à gober n‘importe quoi au cours de discours enflammés et tartinés à la sauce « Emergence 2030 »…

Et vous les agitateurs professionnels vous prétendez nous faire croire que le pays a des problèmes budgétaires… Allons donc ! Pardonnez nos offenses parce que quand on voit ce qui se passe sous nos yeux, il est difficile de croire que  ce pays est en  proie à des difficultés économiques et financières et qu’il serait  question de cessassions de paiements quelque part au niveau du Trésor Public. Les grands de ce  monde, les partenaires et les complices favoris qu’ils enrichissent mènent un train de vie hors du commun que les pauvres hères de toute l’île sont loin d’imaginer. Ils roulent (presque tous) sur de l’or, dans des carrosses hors de prix et affichent un style de vie à la mesure de leurs caisses personnelles bien camouflées, de leurs avoirs bancaires hautement créditeurs et de ces centres commerciaux qu’ils fréquentent pour faire des emplettes et des provisions de nourritures pleins les chariots. Il y a de quoi rendre jaloux le commun des mortels. Les ragots des mauvaises langues qui, déjà puent des aisselles colportent même l’existence de quelques appartements, d’un ou de plusieurs conteneurs transformés Fort Knox personnel, dépôts de billets de banques appartenant à tel ou tel personnage que le respect de l’éthique exigé par une récente « lettre de mise en demeure » nous empêche de divulguer au nom de la vie privée monétaires de ces messieurs. Pourtant ils existent et sont bien gardés sauf bien sûr ceux qui auraient appartenu à quelques imprudents qui se seraient fait rouler par leurs hommes de confiance. Comme dans la légende la caverne d’Ali Baba a été soulagée de son contenu. C’est le genre de spectacles auxquels on assiste au quotidien et que les médisances véhicules à tort et à  travers…

Que Dieu nous pardonne si tellement scandalisé on  fait semblant de douter de ces critiques combien fondées qui trouvent que les pauvres deviennent de plus en plus pauvres. Voyez vous-même les apparences  sont tellement trompeuse qu’on ne sait plus qui et que croire. Il faut être d’une cécité morale et d’un cynisme idiot pour ne pas voir que dans tous les quartiers de  la capitale les essaims de pauvres gens vivent non plus dans des taudis,  mais dans des abris de fortune et ils sont en augmentation permanente. Ils dressent leurs campements un peu partout alors que dans le temps, ils ont élu domicile à l’entrée, sous les tunnels, pas très loin des bacs à ordures ou sous les porches de ce qu’avant on désignait sous la pompeuse appellation d’Avenue de la Libération. Et pour compliquer encore plus la situation, avec ces  remous des idées sur le sort institutionnel d’une loi  organique pas comme les  autres pour plusieurs raison comparé à un précédent fameux, sans aucun procès d’intention, force est d’épouser les  craintes de l’analyste reconnu Jeannot  Ramambazafy lorsqu’il  déplore l’ambiguïté de la relation entre la Présidence et les Hauts Conseillers d’Ambohidahy autour de la personnalité d’Eric Rakotoarisoa  en publiant dans nos  colonnes que « le summum des  considérations  anti  et inconstitutionnelles se  situe  au moment de la déchéance de  son patron qu’il  a réussi à sauver in  extremis à travers la décision n°24-HCC/D3  du 12 juin 2015, relative  à la mise  en  accusation du président de la république Hery Rajaonarimampianina. Après une  kyrielle de  considérants aussi  sidérants les uns que les  autres, ci-après le  verdict encore plus sidérant car contradictoire à chaque paragraphe.» A partir de «la demande des requérants  est recevable »  de l’article premier qui est clairement « rejetée  comme non  fondée » jusqu’à cette vérité  de la Palice qui confirme que les institutions « exercent pleinement leurs fonctions conformément à la Constitution » pour conclure finalement que « l’exécutif et le législatif respectent les principes de la  séparation  et de la collaboration  des  pouvoirs, fondements du  régime semi-présidentiel de la Quatrième République (…) » et qu’ils «œuvrent en  faveur d’un pacte de  responsabilité… », n’importe quel profane  du droit constitutionnel ne manquera pas de donner  sa langue  au chat. Et pour  cause, une complicité juridictionnelle déjà constatée avec la fameuse  lettre remise par Norbert Lala à Andry Rajoelina  en 2009  pour confirmer qu’il devient le dirigeant d’un régime insurrectionnel, prouve une fois de plus que l’une des plus hautes juridictions du pays tombe  dans les  filets de la complaisance partisane pour ne pas  dire  autre  chose. Sinon comment  expliquer la création  de ce pacte qui sent la combine à plein nez ? Pour favoriser quoi ? La longévité très limitée  d’un  régime incompétent et soumis à  des partenaires prédateurs. Si la mauvaise gouvernance  n’a fait  qu’accélérer la paupérisation des habitants, la prochaine décision  de la Haute Cour au lieu  de consolider la puissance politique  d’une oligarchie de profiteurs,  si elle n’est pas prise  dans le bon  sens, ne manquera  d’entraîner l’émergence cette fois-ci d’une  caste d’indignés dans le genre Mermoz ce  sous-officier qui  a  osé mettre pratiquement à la porte de son ministère un Vice-amiral  sous les yeux des téléspectateurs du reste  du monde. Le parti présidentiel  au pouvoir  a beau se flatter d’avoir plusieurs cordes à son arc ainsi que  de plusieurs institutions à sa botte, même en son  sein le ver de l’ambition de  devenir calife à la place du calife est dans le fruit. Et ce n’est pas un  Rivo  Rakotovao en tant que président du Sénat qui pourra  servir de bouclier humain le jour où les traîtrises apparaîtront en plein jour. Par ailleurs, dans  tout le pays,  cette forme  de balkanisation  de notre île  sous le couvert d’intention économique ne plaît à personne…

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